Sous ce titre, Jean Maugin reprend à partir de 1546 une œuvre italienne anonyme, initialement parue à Rome, chez Antonio Salamanca c. 1531-1532 sous la forme d'une série d'estampes, racontant, d'après Apulée, l'histoire de Cupidon et Psyché en trente-deux octaves (troisième état de la série, associant en cartouche ces poèmes italiens anonymes aux gravures du Maître aux dés et d'Agostino Veneziano d'après Michiel Coxcie, - voir Grivel en bibliographie). Au début des années 1540, cette publication italienne avait déjà fait l'objet d'une adaptation en français, dans le cadre d'un projet de tapisserie (artefact perdu, peut-être détruit pendant la Révolution) puis de vitraux (d'abord placés à Écouen et désormais visibles à Chantilly). L'adaptation textuelle, en 30 huitains français seulement, avait été confiée à trois importants poètes de la cour : Claude Chappuys, Antoine Héroët et Mellin de Saint-Gelais. Outre leur présence sur les vitraux, ces vers sont également diffusés par des manuscrits (sur cet ensemble textuel, voir Jonas, œuvre 30120).
Maugin remanie ce matériau dans une première section de son œuvre, bilingue et illustrée, qui est composée des trente-deux huitains italiens, d'autant de gravures elles aussi inspirées du premier modèle italien, ainsi que de trente-deux huitains français : la plupart de ces derniers textes sont exactement ceux de l'adaptation proposée quelques années plus tôt par les trois poètes de cour, mais certains huitains présentent d'importantes variantes, voire constituent des versions absentes du premier projet. Ces remaniements sont peut-être l'œuvre de Maugin lui-même. À ce premier massif, est ajoutée une section d'œuvres poétiques assurément composées par le seul Maugin.
Aux éditions de l'œuvre recensées ici (voir les deux éditions liées), doivent être ajoutée celle, hors corpus pour notre base, de L'Amour de Cupido et de Psiché, mère de Volupté, prise des cinq & sixiesme livres de la Metamorphose de Lucius Apuleius philosophe. Nouvellement historiée et exposée en vers françois, Paris, [1586]. Sur le plan textuel, l'ouvrage propose les seuls trente-deux huitains français dans la version auparavant publiée par Maugin, désormais illustrés par les gravures de Léonard Gaultier.
Trung Tran (voir bibliographie) signale également la reprise des huitains français, toujours dans leur version remaniée par Maugin, au sein de l'une des translations en prose de L'Âne d'or d'Apulée à Lyon en 1553 (il s'agit en réalité de celle de Jean Louveau d'Orléans, et non de celle de George de la Bouthière, comme indiqué par erreur) : ce matériau textuel est donc à son tour repris (au huitain 23 près, le premier que traduit Saint-Gelais et qui s'y trouve omis) et intégré à un troisième projet d'œuvre, cette fois en large partie en prose, qui connait au demeurant de multiples réédtions.