20492 - Sarcophage - Basilique Saint-Sernin à Toulouse - Haute-Garonne (31)

 Sculpture: id 20492

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Objet
Sarcophage
Historique
Selon Le Blant, cette cuve proviendrait de Saint-Sernin. Passée dans la collection particulière d’Alexandre Du Mège, elle fut acquise après la mort de ce dernier par le musée des Augustins.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
Ra 506
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
Fragmentaire : en deux morceaux.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre blanc à grains fins.
Dimensions en cm
Cuve : panneau principal : H. 60 (gauche) - 57 (droite, restit.) ; L. 203 (haut) - 195 (bas, restit.) ; Ep. 12.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Outil
Ciseau
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Détermination
Assurée
Décor
FiguratifSymbolique
Iconographie
Nouveau Testament - Miracles de Jésus.Multiplication des pains et des poissonsNouveau Testament - OranteNouveau Testament - Vocation des apôtres.Enseignement de saint Pierre ou la chaire de saint PierreAncien Testament - Histoire de MoïseNouveau Testament - Guérison.Guérison de l'aveugle-né
Description du décor

Cuve de sarcophage à frise et scènes juxtaposées.

Face antérieure d’une cuve de sarcophage avec scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ce sarcophage appartient, comme l'ID-20491, au groupe à frise continue et à scènes juxtaposées. Au centre est représentée la Multiplication des pains, avec quelques variantes : le Christ, plus hiératique, bénit cette fois deux corbeilles présentées par les apôtres. À gauche figure l’Orante entre deux bienheureux. Les autres scènes sont différentes de l'ID-20491. À l’extrémité de gauche, un personnage est assis sur une haute cathèdre en osier tressé. II est entouré de deux personnages dont l’un tient un rouleau, cependant que l’autre présente un objet indéterminé dans une de ses mains levées. On a parfois reconnu le motif de la chaire de saint Pierre (Leclercq 1952). Le personnage assis a posé sa main gauche sur le livre, lui-même placé sur ses genoux. Il tenait dans sa main droite étendue quelque chose de relativement important, qui a été brisé. S’agissait-il des clefs ? Symétriquement, à l’extrémité de droite, Moïse frappant le rocher, lors de la traversée du désert, pour abreuver les Israélites torturés par la soif (Exode, 17; Nombres, 20) est sculpté.

Ce miracle revêt une large portée symbolique. Saint Paul (I Cor., 10, 4) reconnaissait dans le rocher le Christ. L’eau vive de ce rocher spirituel est l’eau du baptême et le rafraîchissement céleste du refrigerium. Le parallélisme entre saint Pierre et Moïse ne serait pas fortuit. Saint Pierre est le nouveau Moïse désigné par le Christ pour répandre la Bonne Nouvelle. Dans la scène intermédiaire entre la Multiplication des pains et le Miracle de l’eau dans le désert, Jésus, assisté d’un disciple, ouvre les yeux de l’aveugle-né (Jean, 9, 1-7). Il « apparaît comme une source de lumière, de même que dans la Multiplication des pains... il est principe de vie » (Réau 1957).

Inscription
Non
Datation
350 .. 400
Discussion

Les principales scènes se retrouvent sur une grande face de sarcophage du musée de Narbonne (ID- 17144) (Le Blant 1886, p. 133, pl. XLV, fig. 1). Le personnage assis sur une cathèdre en osier, qui fait le pendant du miracle de l’eau dans le désert, tient un volumen ouvert entre ses mains. Christian Landes a bien caractérisé le style de cette sculpture « qui perd en perfection plastique ce qu’elle gagne en sincérité. Malgré les traits sommaires, une expression touchante anime ces visages rustiques. Les drapés aux plis linéaires et secs sont suffisamment creusés pour donner vie au relief. L’artisan a voulu créer une impression de profondeur. Il juxtapose parfois certains personnages en deux plans parallèles. La taille en réserve permet d’obtenir un volume assez fort pour cela. Mais le modelé reste rigoureusement identique pour chaque figure et il ne dépasse jamais le niveau de l’encadrement». Les petits côtés ont disparu, à l’exception de très faibles éléments. Ceux-ci suffisent cependant pour affirmer que leur composition était différente de celle de la grande face. Alors que celle-ci ne comporte qu'un seul encadrement rectangulaire non mouluré, les petits côtés étaient limités par des pilastres à double cannelure rudentée. Celui de gauche a conservé son chapiteau et sa base. L’angle supérieur droit de la composition est délimité par un rideau écarté et noué comme les rideaux encadrant un Daniel nu entre deux lions, qui décore la face latérale droite du sarcophage du Mas-Saint-Antonin dans l’Ariège (faubourg de Pamiers) dépôt du Musée du Louvre (ID-18426). Le petit côté droit du sarcophage toulousain a également conservé son pilastre d’angle - amputé de sa base, mais avec son chapiteau. On ignore tout du reste du décor. Les deux chapiteaux n’avaient qu’une seule rangée de feuilles stylisées, d’ailleurs traitées différemment dans chaque cas.

Zone de production : Sud-Ouest.  

Zone de production : Toulouse.

Atelier Saint-Bertrand-de-Comminges (cf Peter Jongste).

Sources manuscrites
GUILHERMY Ferdinand de, Description des localités de la France, Manuscrits, Paris, BnF, s.d. BnF, Département des manuscrits, Nouvelles acquisitions françaises, 6110, f° 265 v.
Publications
MEGE Alexandre du, Catalogue d’un riche cabinet d’antiquités, de tableaux anciens et de curiosités, Toulouse : Imprimerie de Lamarque et Rives, 1862, p. 15, n° 216.ROSCHACH Ernest, Catalogue des antiquités et objets d’art, Toulouse : Impr. de L. Viguier, 1865, p. 251, n° 706.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, p. 126, n° 154, pl. XL, 2.ROSCHACH Ernest, Histoire générale de Languedoc. 16. Histoire graphique de l’ancienne province de Languedoc, Toulouse : Privat, 1872-1904 (1905), p. 245, 247, 250-251 et fig. 140, p. 250.RACHOU Henri, Catalogue des collections de sculpture et d’épigraphie du Musée de Toulouse, Toulouse : E. Privat, 1912, p. 208, n° 506.WILPERT Joseph, I Sarcofagi Cristiani antichi, Cité du Vatican : Pontificio Istituto di archeologia cristiana, 1929-1936 (Monumenti di antichità cristiana, 1 3), t. II, 1936. p. 24 et pl. CXXXI, 1.WARD-PERKINS John Bryan, « The sculpture of Visigothic France », Archaeologia, vol. 87, 1938, p. 95.LECLERCQ Henri, « Toulouse », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 15, n° 2, 1952, col. 2474, n° 6.SASSIER Aymeric, La sculpture paléochrétienne et préromane en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-IXe siècles). Évolution du sarcophage. Influences orientales, Thèse de 3e cycle, Université de Toulouse, Toulouse, 1956, p. 559.REAU Louis, Iconographie de l’art chrétien. Tome II, Iconographie de la Bible. II, Nouveau Testament, Paris : Presses universitaires de France, 1957, p. 372.GERKE Friedrich, Der Tischaltar des Bernard Gilduin in Saint Sernin in Toulouse ; über das Verhältnis der südfranzösischen Frühromantik zur altchristlichen Plastik, Mayence : Akademie der Wissenschaften und der Literatur, 1958 (Abhandlungen der Geistes-und Sozialwissenschaftlichen Klasse, 8), p. 495, 498 et fig. 63, 70, 82 et 83.BRIESENICK Brigitte, « Typologie und Chronologie der sudwestgallischen Sarkophage », Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseum Mainz, vol. 9, 1962, pl. 18, 3.MESPLE Paul, « Recherches sur les origines des sarcophages paléo-chrétiens du Musée des Augustins de Toulouse [1/3] », L’Auta, 3e série, vol. 319, 1963, p. 111, 113 et fig. p. 110.LABROUSSE Michel, Toulouse antique des origines à l’établissement des Wisigoths, Paris : De Boccard, 1968, p. 474.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, vol. 2, 2), p. 45, pl. 5.BOUBE Jean, « Contribution à l’étude des sarcophages paléochrétiens du Sud-Ouest de la Gaule », Aquitania, vol. 2, 1985, p. 194-203, n° 1, pl. 10, 1-8; 11, 1-7.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 152, p. 107-108, pl. LXXVI, 152.CAILLET Jean-Pierre, « Les sarcophages chrétiens en Provence (IIIe-Ve siècles) », Antiquité tardive, vol. 1, 1993, p. 133.IMMERZEEL Matt et JONGSTE Peter, « Les ateliers de sarcophages paléochrétiens en Gaule : la Provence et les Pyrénées », Antiquité tardive, vol. 2, 1994, p. 233 249.CAZES Daniel, avec une contribution de Evelyne UGAGLIA, Le Musée Saint-Raymond : musée des Antiques de Toulouse, Toulouse : Musée Saint-Raymond, 1999, p. 163.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p. 247, n° 515, tafel 125, 4.
Littérature grise
MATSAKIS P., L’art des sarcophages paléochrétiens de Toulouse (Ve-VIIe siècles), Mémoire de D.E.S. : Faculté des Lettres et Sciences humaines de Toulouse, 1956, p. 42-45, pl. IV, a, b.LANDES Christian, Inventaire de la collection paléochrétienne du musée des Augustins, Mémoire manuscrit : Toulouse, 1977, p. 19-20, n° 20.DEROO Christophe, La sculpture funéraire chrétienne du département de la Haute-Garonne antérieure à l’an mil, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 176-180, n° 68, pl. XXXIX, b.
Dernière MAJ
29 Sep 2025
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20492 - Sarcophage - Basilique Saint-Sernin à Toulouse - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20492
 
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