Cuve de sarcophage à frise et scènes juxtaposées.
Face antérieure d’une cuve de sarcophage avec scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ce sarcophage appartient, comme l'ID-20491, au groupe à frise continue et à scènes juxtaposées. Au centre est représentée la Multiplication des pains, avec quelques variantes : le Christ, plus hiératique, bénit cette fois deux corbeilles présentées par les apôtres. À gauche figure l’Orante entre deux bienheureux. Les autres scènes sont différentes de l'ID-20491. À l’extrémité de gauche, un personnage est assis sur une haute cathèdre en osier tressé. II est entouré de deux personnages dont l’un tient un rouleau, cependant que l’autre présente un objet indéterminé dans une de ses mains levées. On a parfois reconnu le motif de la chaire de saint Pierre (Leclercq 1952). Le personnage assis a posé sa main gauche sur le livre, lui-même placé sur ses genoux. Il tenait dans sa main droite étendue quelque chose de relativement important, qui a été brisé. S’agissait-il des clefs ? Symétriquement, à l’extrémité de droite, Moïse frappant le rocher, lors de la traversée du désert, pour abreuver les Israélites torturés par la soif (Exode, 17; Nombres, 20) est sculpté.
Ce miracle revêt une large portée symbolique. Saint Paul (I Cor., 10, 4) reconnaissait dans le rocher le Christ. L’eau vive de ce rocher spirituel est l’eau du baptême et le rafraîchissement céleste du refrigerium. Le parallélisme entre saint Pierre et Moïse ne serait pas fortuit. Saint Pierre est le nouveau Moïse désigné par le Christ pour répandre la Bonne Nouvelle. Dans la scène intermédiaire entre la Multiplication des pains et le Miracle de l’eau dans le désert, Jésus, assisté d’un disciple, ouvre les yeux de l’aveugle-né (Jean, 9, 1-7). Il « apparaît comme une source de lumière, de même que dans la Multiplication des pains... il est principe de vie » (Réau 1957).
Les principales scènes se retrouvent sur une grande face de sarcophage du musée de Narbonne (ID- 17144) (Le Blant 1886, p. 133, pl. XLV, fig. 1). Le personnage assis sur une cathèdre en osier, qui fait le pendant du miracle de l’eau dans le désert, tient un volumen ouvert entre ses mains. Christian Landes a bien caractérisé le style de cette sculpture « qui perd en perfection plastique ce qu’elle gagne en sincérité. Malgré les traits sommaires, une expression touchante anime ces visages rustiques. Les drapés aux plis linéaires et secs sont suffisamment creusés pour donner vie au relief. L’artisan a voulu créer une impression de profondeur. Il juxtapose parfois certains personnages en deux plans parallèles. La taille en réserve permet d’obtenir un volume assez fort pour cela. Mais le modelé reste rigoureusement identique pour chaque figure et il ne dépasse jamais le niveau de l’encadrement». Les petits côtés ont disparu, à l’exception de très faibles éléments. Ceux-ci suffisent cependant pour affirmer que leur composition était différente de celle de la grande face. Alors que celle-ci ne comporte qu'un seul encadrement rectangulaire non mouluré, les petits côtés étaient limités par des pilastres à double cannelure rudentée. Celui de gauche a conservé son chapiteau et sa base. L’angle supérieur droit de la composition est délimité par un rideau écarté et noué comme les rideaux encadrant un Daniel nu entre deux lions, qui décore la face latérale droite du sarcophage du Mas-Saint-Antonin dans l’Ariège (faubourg de Pamiers) dépôt du Musée du Louvre (ID-18426). Le petit côté droit du sarcophage toulousain a également conservé son pilastre d’angle - amputé de sa base, mais avec son chapiteau. On ignore tout du reste du décor. Les deux chapiteaux n’avaient qu’une seule rangée de feuilles stylisées, d’ailleurs traitées différemment dans chaque cas.
Zone de production : Sud-Ouest.
Zone de production : Toulouse.
Atelier Saint-Bertrand-de-Comminges (cf Peter Jongste).