Description du décor
La cuve de sarcophage rectangulaire se rattache au groupe à frise continue et scènes juxtaposées, par la forme, la composition des scènes, ainsi que par les divers motifs iconographiques.
Sur la face principale, on reconnaît à gauche la résurrection de Lazare. Marie s est jetée aux pieds de Jésus. Son corps minuscule se tasse devant le tombeau à colonne et fronton qui contient le corps de son frère enveloppé dans un suaire, vu en buste et légèrement de profil. Le Christ, encadré par deux apôtres, tient d'une main la baguette thaumaturgique et de l’autre un volumen. Vient ensuite une Orante entre deux saints représentés au second plan. Elle évoque l’âme fidèle dans le Paradis des bienheureux. Le centre de la composition est occupé par un autre miracle, celui de la multiplication des pains, qui préfigure le sacrement de l’eucharistie. Cette intention est clairement affirmée par le fait que Jésus bénit non seulement une corbeille mais aussi une coupe. À ses pieds sont posées trois autres corbeilles remplies de pains. La dernière scène, avec le sacrifice d’Isaac, évoque le salut promis à l’innombrable postérité du patriarche, c’est-à-dire au nouveau peuple élu. Deux traits méritent de retenir l’attention, parce qu’ils sont exceptionnels. À l’ange qui, habituellement, retient la main du patriarche, on a substitué trois personnages masculins. Raffaele Garrucci et Guiseppe Wilpert ont reconnu les trois « hommes » de la théophanie de Mambré. Leur présence justifie celle de Sara, visible derrière Isaac. L’explication d’ensemble a été fournie par Serafin Moralejo (Moralejo Alvarez 1977), qui a vu dans cette composition complexe la synthèse de deux épisodes successifs de la Genèse, couramment associés jusque-là, mais pour la première fois combinés : l’annonce de la naissance miraculeuse d’Isaac, préfigure de l’Annonciation, et son sacrifice, annonciateur de celui de la croix. Une idée commune, reprise dans les mêmes termes par la Genèse pour les deux épisodes, les unit étroitement et explique la hardiesse du sculpteur qui ne fait que se mettre à l’écoute du texte sacré : « Abraham deviendra un grand peuple et par lui se béniront toutes les nations de la terre » (Genèse, 18, 18), et « par La postérité se béniront toutes les nations de la terre » (Genèse, 22, 18).
L’idée messianique, identifiée par les chrétiens avec le salut par le Christ, a également déterminé le choix des sujets pour les deux petits côtés du sarcophage. Entre deux colonnettes galbées, reposant sur de hauts bahuts, apparaissent, sous la forme ordinaire, la Tentation d’Adam et Ève à gauche et Daniel entre les lions à droite. Un lien symbolique unit l’acte par lequel le mal et la mort sont entrés dans le monde, et l’espérance du salut. Mais ces deux scènes sont également unies à toutes celles qui se développent sur la face principale, par l’intermédiaire des deux motifs placés aux extrémités de cette dernière. Près d’Adam et Ève, Lazare, apparemment prisonnier de son tombeau, est rappelé à la vie par le Christ, cependant qu’à proximité de Daniel, on a dressé un autel sur lequel l’Agneau s’offre lui-même en sacrifice au Père. Une seule flamme pour le même holocauste.
Publications
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