Fragment d’une plaque de chancel provenant, comme ID-20485 et ID-20486, de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. En 1255, il servit à graver l'épitaphe du chanoine Raimond Carrugier. Le remploi, à l’usage funéraire, entre 1251 et 1282, de ces trois fragments sculptés ayant appartenu à l’ancien chœur carolingien des chanoines de Saint-Étienne, laisse entendre que celui-ci aurait été détruit vers le milieu du XIIIe siècle, précisément au moment où l’on devait aménager le chœur liturgique de la nouvelle cathédrale, un chœur correspondant à la nef dite « raimondine », terminée entre 1240 et 1250 (sur la date de la nef « raimondine » : Cazes et alii 1979-1980). Le fragment dont il est ici question entra, ainsi que les deux précédents, au musée des Augustins en qualité de monument funéraire peu après 1799, date d’une mise en adjudication du cloître de Saint-Étienne. Deux procès-verbaux du printemps de 1799 mentionnent 31 inscriptions funéraires qui furent probablement retirées du cloître et transportées au musée (Procès-verbal de l’expert géomètre Gasc du 24 germinal an VII, A.M. Toulouse, liasse, SN 1). Le catalogue de 1806 n’en mentionne cependant que 14, les autres n’étant sans doute pas exposées en ce moment-là. En 1883, les fragments à décor carolingien, comme les autres textes épigraphiques, furent encastrés dans le mur nord du cloître du musée des Augustins, en sorte que seules les épitaphes étaient visibles. Les décors sculptés furent oubliés jusqu’en 1977, époque où l’on conçut la nouvelle présentation de la collection épigraphique, qui permet de voir les deux faces des œuvres à la fois.
Le motif de la marguerite dans une torsade est classique dans la sculpture carolingienne. On a parfois pensé que l'exécution épaisse de cette pièce, identique à celle de la sculpture ID-20486, devait être interprétée comme l'indice d’une époque tardive. Nous ne partageons pas cette idée, le relâchement du style pouvant aussi bien provenir de l’éloignement par rapport aux grands centres créateurs qui se situaient en Italie du Nord. Christian Landes a suggéré un rapprochement avec des sculptures carolingiennes de la cathédrale de Vence (Alpes-Maritimes) (sur ces œuvres, voir Buis 1974-1975 et Buis 1975-1976).