20436 - Autel - Saint-Bertrand-de-Comminges - Haute-Garonne (31)

 Sculpture: id 20436

MEDIA

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Objet
Autel
Historique
Table d’autel trouvée en 1976 lors de travaux d’agrandissement effectués à l’hôtel de Comminges sis en face de la cathédrale. Elle avait été réutilisée dans une grande cheminée, construite vraisemblablement au XIXe siècle, où elle servait de support d’encadrement vertical. Actuellement, elle est présentée sur un des murs du couloir conduisant au restaurant.
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
En deux fragments représentant environ la moitié de la table d'autel.
Celle-ci avait à l’origine 1,40 m de longueur.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre blanc de Saint-Béat.
Dimensions en cm
L. cons. 79 ; l. 86 ; Ep. 13,5 (max.)
Type et technique de sculpture
Technique.TailleTechnique.GravureType.Semi-méplat
Outil
CiseauPointe
Typologie
Mobilier liturgique.Table d'autel
Morphologie
Table d'autel creusée en évier.
Détermination
Assurée
Décor
VégétalSymbolique
Description du décor
Le rebord est orné de pampres. Des tiges sinueuses, issues du milieu des côtés, viennent s’épanouir aux angles après avoir abrité dans leurs courbes des feuilles et des grappes dessinées en masses compactes. Sur les petits côtés, ces rinceaux partent de vases rudimentaires. Sur les grands cotés, c’est une croix grecque pattée, dont la base est orientée vers le centre de la table, qui sert de tronc aux rameaux. De part et d'autre de celle-ci, l'alpha et oméga sont suspendus aux tiges. Les tranches ne sont pas ornées. Celle de l'un des grands cotés porte gravée en son centre une croix monogrammatique pattée, aux extrémités légèrement bifides. Elle se trouvait au centre d’une inscription.
Inscription
Oui
Texte de l'inscription
Croix monogrammatique pattée, aux extrémités légèrement bifides. Elle se trouvait au centre d’une inscription, également gravée, dont il subsiste la moitié de gauche : MAGISTER PAVLVS et le début de la partie de droite : D...
Datation
400 .. 500
Discussion

Cette inscription est datée des IXe-Xe siècles par le Corpus des inscriptions de la France médiévale et de la fin du VIe siècle par les auteurs du Recueil des Monuments Sculptés (vol. 4). Dans son étude, Robert Gavelle semble avoir établi qu’on ne saurait séparer cette table d’autel, trouvée à proximité immédiate de la cathédrale, c’est-à-dire dans la ville haute, de deux œuvres découvertes, celles-là dans la ville basse, dans les ruines de la basilique paléochrétienne. Il s’agit d’abord du sarcophage d'Aemiliana (ID-20727). Les parentés concernent ici la forme des caractères de l’inscription de la table et de l’épitaphe du sarcophage, le dessin de la croix chrismée tel qu’il apparaît sur la tranche de la table d’autel et aussi sur la crête arasée du sarcophage à la fin de l’épitaphe, et enfin la présentation fort originale de l’oméga employé dans les deux cas. Il se trouve accroché exactement de la même manière, à l’aide de trois cordons, à une tige de vigne sur le rebord de la table d’autel, et à une des branches du khi du monogramme gravé sur un des petits versants du sarcophage. Ce dessin très rare de la lettre symbolique se retrouve sur la seconde des pièces engagées par Robert Gavelle dans le réseau des comparaisons. Il s’agit d'un petit morceau de marbre trouvé dans l’abside de la basilique de la ville basse en 1913 (ID-20657). La lettre grecque s’inscrivait dans une composition, identique par le dessin à celle du rebord de la table d’autel, et qui possédait de surcroît à peu près les mêmes dimensions. "Les dix fragments d’antéfixes mis au jour à Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne), ornés d’un visage humain entouré d’une inscription d’inspiration chrétienne précédée d’une croix : « + IN HOC EST EDVLI PVLCHRITVDO ET PVLCHRA IMAGO » (« Vous avez en cette (représentation) la beauté de l’idée et l’image de la beauté » ) 8 et surmonté du motif, lui aussi chrétien, de la coupe dans laquelle s’abreuvent deux colombes, ne peuvent vraisemblablement pas être classés parmi les exemplaires antiques (fig. 4). Dans La Civilisation mérovingienne, Édouard Salin, sans les dater formellement, leur attribuait un terminus ante quem en avançant qu’elles étaient vraisemblablement antérieures au saccage de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges), en 585, par les troupes du roi Gontran, lors de l’assassinat du prétendant Gondrovald.

Publications
GAVELLE Robert, « Sur une table d’autel inédite trouvée à Saint-Bertrand-de-Comminges et sur les relations de son décor avec la basilique chrétienne du même site », Revue de Comminges, vol. 95, 1982, p. 489-516.FAVREAU Robert, MICHAUD Jean, MORA Bernadette et LABANDE Edmond-René, Corpus des inscriptions de la France médiévale 8. Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne, Paris : Ed. du CNRS, 1982, p. 15-16, n° 15.DURLIAT Marcel, « Compte-rendu », Bulletin monumental, vol. 141, 1983, p. 82-83.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel, SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 101, p. 72-73, pl. XLIII-XLV, 101 a à e.GUYON Jean et SCHENK Jean-Louis, avec une contribution de Christian Delaplace, Christian Landes, Raymond Monturet et Jean-Louis Paillet, Pulchra Imago. Fragments d’archéologie chrétienne [Catalogue d’exposition, Saint-Bertrand-de-Comminges, Musée archéologique départemental Les Olivetains, 30 mars - 11 novembre 1991], Toulouse : Impr. du Sud, 1991, p. 90-98, notices 1-10
Dernière MAJ
23 Sep 2025
Indiquer
G.-R. Delahaye, M. Scellès, B. Mérel-Brandengurg, "20436 - Table d'autel - Saint-Bertrand-de-Comminges - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20436
 
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