18463 - Sarcophage - Nîmes - Gard (30)

 Sculpture: id 18463

MEDIA

LINKED MEDIA
Objet
Sarcophage
Historique
La provenance exacte de cette cuve de sarcophage est inconnue. Au début du XVIIe siècle, elle fut découverte en remploi sous le vestibule du monastère des Augustins à la Maison Carrée ; dessinée par Rulman, puis décrit par Louis Ménard, elle disparut sous la Révolution et fut retrouvée en 1869 dans une maison du chemin de Sauve où elle servait d’auge. Elle fut alors achetée par l’abbé de Cabrière qui la donna à l’oratoire des Trois Fontaines. L. Ménard pensait qu’elle était d’origine romaine en raison de l’ornementation des petits côtés (griffon et imbrications d’écailles) et qu’elle avait été réutilisée pour un chrétien au Moyen Âge, car : « le mauvais travail et le goût bizarre du dessin, la grossièreté de la sculpture, tout cela indique le temps où les beaux-arts se ressentaient encore de la barbarie des Visigoths, c’est à dire le XIIe ou le XIIIe siècles ; on y reconnaît à chaque trait l’ignorance des ouvriers de ce temps-là ».
Ce sarcophage est aujourd'hui conservé dans la chapelle du Vieux Saint-Baudile, dit oratoire des Trois Fontaines.
Lieu de découverte
Etat de conservation
La partie centrale est endommagée ainsi que les visages des personnages. Les tenons fixant la croix sont conservés ainsi que l’empreinte de la couronne tenue par l’aigle. La perforation rebouchée dans la partie inférieure du côté gauche résulte de la transformation de la cuve en auge. La fissure horizontale visible sur la face antérieure correspond à la limite du fond intérieur de la cuve.
Remploi
Oui
Conditions de remploi
Remployé sous le vestibule du monastère des Augustins à la Maison Carrée de Nîmes.
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre de Luni.
Dimensions en cm
Cuve : H. 60 ; L. 216 ; l. 67 ; Ep. 10 ; Ep. sculptée 4 ; L. int. 199 ; l. int. 52-53 ; P. cuve 49,8.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-reliefType.Haut-relief
Outil
ForetCiseau
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Morphologie
Cuve rectangulaire.
Détermination
Assurée
Décor
FiguratifGéométriqueSymbolique
Iconographie
Nouveau Testament - Cycle de la PassionNouveau Testament - Cycle de la RésurrectionNouveau Testament - Cycle de la Passion.Simon de Cyrène portant la croixNouveau Testament - Cycle de la Passion.Jésus mené devant PilateNouveau Testament - Cycle de la Passion.Jugement de PilateNouveau Testament - Cycle de la Passion.Procès de Jésus ou lavement des mains de PilateNouveau Testament - Cycle de la Passion.Arrestation de Jésus
Description du décor
Cuve de sarcophage architecturé à arcatures cintrées
La face antérieure de la cuve rectangulaire est divisée en cinq panneaux de largeur égale (L. 36,5 cm) par des colonnes torses à chapiteaux composites à décor végétal, soutenant des arcades travaillées. Les écoinçons supérieurs des arcatures sont ornés de motifs hérités du vocabulaire décoratif antique : génies ailés, coquille entre deux dauphins, oiseau becquetant les raisins d’une corbeille renversée. Chaque niche, surmontée d’une coquille, abrite une scène relative à la Passion. Au centre ne subsistent que les silhouettes des deux soldats endormis et le bec de l’aigle qui tenait la couronne dans laquelle était inscrit le monogramme du Christ. La croix a disparu. Cette iconographie fréquemment représentée symbolise la Résurrection. De gauche à droite, la première scène à gauche illustre le Christ lavant les pieds de Pierre, la seconde Simon de Cyrène portant la croix ; à droite, le Christ conduit devant Pilate, la Comparution du Christ devant Pilate. Chaque scène composée de trois personnages est disposée sur deux plans créant un effet de profondeur. Entre les scènes, s’établit une symétrie : le Lavement de pieds faisant pendant à la Comparution devant Pilate, l’Arrestation du Christ et le Christ conduit devant Pilate. Les personnages aux silhouettes épaisses sont vêtus de tuniques et de manteaux aux plis plus ou moins creusés et variés.
Les petits côtés sont ornés en faible relief : à gauche d’un griffon, gardien du tombeau, à droite d’imbrications d’écailles.
Inscription
Non
Datation
375 .. 399
Discussion
Atelier : Rome
Publications
SOTOMAYOR Manuel, San Pedro en la iconografia paleocristiana, Grenade : Facultad de Teología, 1962 (Biblioteca teologica Granadina, 5), p. 109-111, 178, n° 97 (Théodosien).MAGANZI SAGGIORATO Anna Rosa, I sarcofagi paleocristiani con scene di passione, Bologne : Patron, 1968 (Studi di antichità cristiana, 1), p. 70-72, n° 26, fig. 27 (pas avant 380).STUTZINGER Dagmar, Die frühchristlichen Sarkophagreliefs aus Rom. Untersuchungen zur Formveränderung im 4 Jahrhundert n. Chr., Bonn : Habelt, 1982, p. 167, 169.SCHRENK Sabine, Typos und Antitypos in der frühchristlichen Kunst, Münster : Aschendorff, 1995 (Jahrbuch für Antike und Christentum. Ergänzungsband, 21), p. 35, pl. 10 a.FICHES Jean-Luc et GARMY Pierre, « Nîmes gallo-romaine », in Histoire de Nîmes, Aix-en-Provence : Édisud, 1982, p. 102.FICHES Jean-Luc et VEYRAC Alain, Carte archéologique de la Gaule 30/1 : Nîmes, Paris : Académie des inscriptions et belles lettres, 1996, n° 541, p. 459-460, fig. 354.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p. 194-195, n° 412, pl. 99, 2 ; pl. 101, 4 (dessin de Rulman) (Atelier romain, 2e moitié IVe siècle).RULMAN Anne, Récit des anciens monuments qui paraissent encore dans les départements (sic) de la Première et de la Seconde Gaule Narbonnaise et la représentation des plans et perspectives des édifices publics, saints, sacrés, religieux et profanes, 1625-1628, Paris, 1625-1628. BnF, ms. fr. 8648-8651, fol. 47.MENARD Léon, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes, avec les preuves. 7. Histoire des antiquités de la ville de Nismes et de ses environs, Paris : Hugues Daniel Chaubert, 1758, 3e partie, ch. 19, p. 491.EYSSETTE Philippe, « Notice archéologique sur la basilique de Sainte Marie, église cathédrale de Nîmes », in Notice historique sur les origines municipales de la ville de Nîmes, Nîmes : Soustelle-Gaude, 1853, p. 152-155 (description d’après le dessin de Ménard).AZAÏS Pierre, Saint Baudile et son culte, Nîmes : Imprimerie Lafare et Vve Attenoux, 1872, 213 p.LAMOTHE Alexandre de, Promenades d’un curieux dans Nîmes. L’Oratoire de la fontaine de Saint-Baudile et les Garrigues, Nîmes : A. Catélan, 1874, p. 25.GERMER-DURAND François, « Notes sur plusieurs fragments de sarcophages chrétiens de Nîmes », Mémoires de l’académie du Gard, vol. 41, 1877-1878, p. 5-8.MICHEL Albin, « Nîmes et ses tombeaux chrétiens », Mémoires de l’académie de Nîmes, 7e série, vol. 3, 1881, p. 6-8.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, n° 128, p. 108-109, pl. 28, fig. 2.LATZARUS Bernard, « Les origines chrétiennes de Nîmes », Bulletin de l’école antique de Nîmes, 6e session, 1925, p. 77-97.CAMPENHAUSEN Hans Freiherr von, « Die Passionssarkophage : zur Geschichte eines altchristlichen Bildkreises », Marburger Jahrbuch für Kunstwissenschaft, vol. 5, 1929, p. 17-19.WILPERT Joseph, I Sarcofagi Cristiani antichi, Cité du Vatican : Pontificio Istituto di archeologia cristiana, 1929-1936 (Monumenti di antichità cristiana, 1-3), I, p. 161, 168, pl. 16, 2 ; II, p. 317, 327.LAWRENCE Marion, « Columnar Sarcophagi in the Latin West. Ateliers, Chronology, Style », Art bulletin, vol. 14, 1932, p. 106, 109, 123, 131, 166, cat. n° 3, fig. 5 (Atelier Gaule, vers 350).LECLERCQ Henri, « Nîmes », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 12, n° 1, 1935, col. 1337-1338, n° 1, ill. 8881.GERKE Friedrich, « Die Zeitbestimmung der Passionssarkophage », Archaeologiai ertesitö, vol. 52, 1940, p. 93, pl. 4, 12 (vers 380).BLANCHET Jules-Adrien, Carte archéologique de la Gaule romaine. Gard, Paris : Leroux, 1941 (Forma orbis romani, vol. 8), p. 124, n° 85 D.BENOIT Fernand, « Sarcophages paléochrétiens d’Arles et de Marseille », Gallia Supplément, vol. 5, 1954, p. 36, note 1 (Atelier arlésien).GIESS Hildegard, Die Darstellung der Fuβwaschung Christi in den Kunstwerken des 4-12 Jahrhunderts, Rome : Herder, 1962, p. 22, 43-45, 95, n° 1, fig. 4.
Littérature grise
MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l'Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université Paris IV-Sorbonne, Paris, 4 vol., 2007, cat. 138, pl. 187, fig. 1-2 et pl. 188, fig. 1-4.
Dernière MAJ
19 Dec 2025
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "18463 - Sarcophage - Nîmes - Gard (30)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/18463
 
more...