9303 - Sarcophage - Cimetière mérovingien à Antigny - Vienne (86)

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Objet
Sarcophage
Historique
Découvert lors de fouilles par le père Camille de La Croix sur la place publique d'Antigny en 1884. Don de la mairie d'Antigny à la Société des antiquaires de l'Ouest le 6 septembre 1889.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
5
Etat de conservation
L'angle gauche inférieur du couvercle a été tronqué. Un trou a été pratiqué à gauche dans la moitié basse.
Remploi
Non
Matériau
Calcaire
Précision sur le matériau
Calcaire oolithique du Bathonien (Jurassique) ; environs de Chauvigny (Vienne) d'après D. Morleghem.
Dimensions en cm
L. 214 ; l. tête 78 ; l. pieds 39 ; Ep. 16-17.
Type et technique de sculpture
Type.Bas-reliefTechnique.Gravure
Outil
CiseauBroche
Typologie
Mobilier funéraire.Couvercle de sarcophage
Morphologie
Le couvercle est monolithe et trapézoïdal. Type à 3 bandes transversales en relief.
Détermination
Assurée
Décor
Géométrique
Description du décor
Il est délimité par une bordure de 3 cm de large. Au centre de la traverse de tête une croix évidée comporte une petite hampe qui pénètre dans le cartouche rectangulaire inférieur où l'on peut lire une inscription. Sur la traverse centrale se trouve quatre triangles dont deux sont évidés. Des grands motifs en chevrons très altérés se déploient sur la traverse de pieds. (Flammin 2022).
Inscription
Oui
Texte de l'inscription
Dans un cartouche dans la partie supérieure, disposé sur trois lignes : Teodovaldola / bede non revol / vatur La pierre de Teovaldo ne sera pas retournée. L’inscription a été gravée dans un cartouche en creux, au niveau de la traverse de tête, en partie médiane. Elle est précédée par une croix à branche égale et se développe sur trois lignes. La dernière ligne, reportée sur la gauche, montre un rétrécissement de la taille des lettres et témoignant de l’adaptation de l’exécutant face à un espace qui in fine lui manquait. L’inscription est dominée par une croix à branche égale qui vient entamer le cartouche. Elle a très vraisemblablement été gravée au moment de la réalisation de l’épitaphe, juste après. On retrouve le motif de la croix gravée en creux sur le couvercle n°86 du baptistère. La graphie se présente comme caractéristique de ce que l’on reconnaît comme d’époque mérovingienne : lettres anguleuses, L à base plongeante, A à traverse brisé. Certaines lettres sont liées entre elles. La lecture qui en est donnée avait déjà été l’une de celle proposée par C. de La Croix. Cette formule funéraire témoigne du souci d’intégrité de la sépulture tout en résonnant avec l’expression de la propriété du tombeau (la pierre, lapis) que l’on rencontre dans les inscriptions de Rumula et Taurus (n°7 et n°3 du baptistère) . (La Croix 1884 ; Le Blant 1892 ; Treffort, Uberti 2010).
Datation
500 .. 699
Discussion
L’inscription a été étudiée par Morgane Uberti dans le catalogue des sarcophages de la SAO paru en 2022 et nous en donnons la copie : "L'inscription a été gravée dans un cartouche en creux, au niveau de la traverse de tête, en partie médiane. Elle est précédée par une croix à branche égale et se développe sur trois lignes. La dernière ligne, reportée sur la gauche, montre un rétrécissement de la taille des lettres et témoignant de l’adaptation de l’exécutant face à un espace qui in fine lui manquait. L’inscription est dominée par une croix à branche égale qui vient entamer le cartouche. Elle a très vraisemblablement été gravée au moment de la réalisation de l’épitaphe, juste après. On retrouve le motif de la croix gravée en creux sur le couvercle n°86. La graphie se présente comme caractéristique de ce que l’on reconnaît comme d’époque mérovingienne : lettres anguleuses, L à base plongeante, A à traverse brisé. Certaines lettres sont liées entre elles". Morgane Uberti précise que la lecture donnée avait déjà été l’une de celle proposée par C. de La Croix. Cette formule funéraire témoigne du souci d’intégrité de la sépulture tout en résonnant avec l’expression de la propriété du tombeau (la pierre, lapis) que l’on rencontre dans les inscriptions de Rumula et Taurus (sarcophages n°7 et n°3 également conservés dans le baptistère de Poitiers) . Quant à la datation, Morgane Uberti rappelle qu'Émile Espérandieu, premier éditeur de l’inscription s’est appuyé sur la forme des lettres pour dater cette inscription et les signes qui l’accompagnent : la croix d’invocation, la forme du O posée comme particulière, celle du E dépassant les barres transversales conduisent à en situer la réalisation au cours du VIe siècle et avant l’année 660. La parenté entre la graphie de l’inscription de Teodovaldo et les textes gravés de l’hypogée des Dunes de Poitiers, soulignés par Camille de La Croix tend alors à en repousser la réalisation après le VIe s. (Voir l'article sur une note de l'inscription franque de : La Croix 1884). Cette chronologie plus tardive apparaît plus en adéquation avec la forme du latin ici témoignant des évolutions du système casuel entre le VIe et le VIIe siècle qui tend à une simplification dans l’usage des cas impliquant parfois une certaine souplesse au regard du latin classique : ici Teodovaldo fait état du recours au datif d’attribution plutôt qu’au génitif, quand labede (pour lapidem, avec chute de la consonne finale) montre la confusion entre accusatif et nominatif que l’on rencontre également dans l’inscriptions de Taurus (couvercle n°3 du musée de la SAO au baptistère de Poitiers) (Le Blant 1892). La langue dans l’inscription de Teodovaldo, en tant qu’expression d’un « latin parlé » , ancre sa réalisation dans les VIe et VIIe siècle et plus certainement à partir de la seconde moitié du VIe siècle (Banniard 1997, Treffort, Uberti 2010). La datation de l’inscription coïncide avec la chronologie proposée par M. Coppola et A. Flammin pour la production du sarcophage ; les auteurs classant la pièce dans le groupe III dit « des couvercles à bandes transversales plates et décorées » qu'elles datent du VIe ou du VIIe siècle.
Publications
LA CROIX Camille de, « Note sur une inscription franque trouvée à Antigny (Vienne) », Bulletin de la société des antiquaires de l’Ouest, 2e série, vol. 3, 3e tr., 1884, p. 358-359.ESPERANDIEU Émile, Notice du baptistère Saint-Jean de Poitiers, Poitiers : Druinaud, 1890, p. 22.LE BLANT Edmond, Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au VIIIe siècle, Paris : Imprimerie nationale, 1892, p. 280.GINOT Émile, Le Baptistère Saint-Jean de Poitiers et son musée lapidaire, Poitiers : Société des antiquaires de l'Ouest, 1934, p. 45.BRAEKMAN Madeleine, « Croyances et cultes funéraires dans les épitaphes du Poitou et des pays charentais », Bulletin de la société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 16, 4e tr., 1982, p. 622, note 5.COPPOLA Margherita et FLAMMIN Anne, « Les sarcophages au musée lapidaire du baptistère Saint-Jean de Poitiers. Classement typologique et étude iconographique », Bulletin de la société des antiquaires de l’Ouest, 5e série, vol. 8, 3e-4e tr., 1994, p. 193-194, 219.BANNIARD Michel, Du latin aux langues romanes, Paris : Nathan, 1997 (Collection 128 / Linguistique, 160), p. 20-21.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, Poitiers, 1999, p. 434-435, fig. 6.TREFFORT Cécile et UBERTI Morgane, « Identité des défunts et statut du groupe dans les inscriptions funéraires des anciens diocèses de Poitiers, Saintes et Angoulême entre le IVe et le IXe siècle », in Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre Ouest de la France. Actes des XXVIIIe journées d’archéologie mérovingienne, Saint-Germain-en-Laye : Luc Bourgeois, 2010, p. 200.ROUGE Guillaume, Les sarcophages entre Loire et Pyrénées : observations et études par des critères techniques et morphologiques, Thèse de doctorat, Université de Bordeaux, [s.l.], 2014, n° ANT-NEC-0005.UBERTI Morgane, Regards sur les inscriptions funéraires : pratiques, mémoires, identités entre Loire et Pyrénées, IVe- VIIIe siècles : contribution à l’étude du phénomène épigraphique en Aquitaine Seconde et Novempopulanie, Thèse de doctorat, Université de Paris IV - Sorbonne, Paris, 2014, vol. 2, p. 108-110, n° IX.40.FLAMMIN Anne, « La collection de sarcophages du Haut Moyen Âge réunie par la société des antiquaires de l'Ouest (baptistère Saint-Jean, Poitiers). Tome 1 : catalogue », Poitiers : Société des antiquaires de l’Ouest, 2022 (Revue historique du Centre-Ouest, 20 (1er semestre 2021)), p. 36-38, n° 5..
Auteur(s) de la notice
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A. Flammin, "9303 - Sarcophage - Cimetière mérovingien à Antigny - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/9303
 
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