23303 - Ambon - Abbaye Saint-Martin à Ligugé - Vienne (86)

 Sculpture: id 23303

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Objet
Ambon
Historique
Découvert par Dom Jean Coquet le 24 janvier 1959 dans les fouilles, en réemploi au sommet d’une fondation arasée dans une salle prolongeant celle au sud du grand chevet de l’église. Aujourd'hui l'objet est dans la crypte, scellé dans un mur.
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
Cette pièce de forme triangulaire est incomplète. Elle a été amputée de l’angle inférieur droit, à la base du triangle.
Remploi
Oui
Conditions de remploi
En remploi au sommet d’une fondation arasée dans une salle prolongeant celle au sud du grand chevet de l’église de l’abbaye de Ligugé.
Matériau
Calcaire
Précision sur le matériau
Calcaire blanc à grain fin.
Dimensions en cm
H. max 45 ; l. max 48,5 ; Ep.13.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Mobilier liturgique.Ambon
Morphologie
Triangulaire.
Détermination
Hypothétique
Décor
FiguratifVégétal
Description du décor
Dans un cadre triangulaire plat (de 3,5 cm de large environ), un cervidé vu de profil tend le cou pour saisir dans sa gueule entrouverte, la partie haute d'un rameau double, terminée dans l'écoinçon supérieur par deux feuilles cordiformes, au centre légèrement évidé. L'autre partie basse du rameau, plus courte, comprend trois extrémités identiques, qui s’étendent sous le ventre de l’animal. L'arrière-train du cervidé a en partie disparu, mais le départ de la cuisse droite et le postérieur gauche sont toujours visibles. La patte antérieure gauche tendue, est partiellement cachée par celle de droite soulevée, pour maintenir la branche qu'il broute. Les pieds de l’animal ont quatre doigts : les deux plus forts sont les pinces et ceux qui touchent le sol les os. Ils permettent de l’identifier comme étant un cervidé. Les cuisses, le ventre et l’oeil en amande ont été gravés, tandis que le corps du cervidé ainsi que ses cornes (ou bois) parallèles un peu incurvées et les végétaux sont taillés en bas-relief (de 2 cm de profondeur) légèrement en biseau en se dégageant d'un fond plat. Des traces de tailles sont toujours visibles : ainsi sous le feuillage bas et sur le fond on discerne de petites stries parallèles gravées, produites par un ciseau très fin. Sur le côté droit de la plaque, subsistent de petits enlèvements plats. Notons également que le fond comporte des traces de couleur rouge.
Inscription
Non
Datation
700 .. 799
Discussion
L'ensemble des auteurs qui ont écrit sur cette pièce, l'identifie à une plaque d'ambon ou de chancel. J. Coquet dans un premier article, et plus tard J. Hubert, reconnaissent un parapet placé au sommet d'un escalier d'ambon, proche de ceux du XIIe ou du XIIIe siècle que l'on trouve en Italie. Si le thème est inspiré du haut Moyen Age, la technique de taille est très proche selon eux, de celle des corniches romanes du clocher de l'église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers. Le trait gravé indiquant le contour de la cuisse du cervidé est comparable à celui du bas-relief de l'agneau de l'église de Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret). Dans un second article cependant, J. Coquet revient sur cette datation en précisant qu'il s'agit d'un "travail mérovingien" qui appartient soit au Ve siècle, soit au VIIe siècle. F. Eygun critique ce premier rapprochement avec la sculpture de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers et trouve leurs dimensions et leurs styles très différents. M.-Th. Camus compare ces feuilles de liseron et leur taille en réserve avec certaines parties du chancel de Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz, daté du VIIIe siècle. A. Vacher rappelle que ce sujet allégorique du cerf broutant l'Arbre de Vie est lié à l'idée de baptême. Enfin, P. Périn l'attribue aux VIe-VIIe siècles.
Publications
COQUET Jean (Dom), « L’inscription d’Ariomeres suivie de pierres à décor mérovingien », Revue Mabillon, vol. 203, janvier-mars 1961, p. 54-70.EYGUN François, « Bibliographie », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 7, 2e trim., 1963, p. 149.THOUVENOT Raymond, « Fouilles à Ligugé (Vienne-France) », in Akten des VII Internationales Kongresses für christliche archäologie, Trier 5-11 september 1965, Berlin : [s.n.], 1969, p. 744.VIEILLARD-TROIEKOUROFF May, Les monuments religieux de la Gaule d’après les œuvres de Grégoire de Tours, Paris : Honoré Champion, 1976, p. 131.HEITZ Carol, « Du IVe au Xe siècle. Poitiers foyer d’art chrétien », Archéologia, vol. 113, 1977, p. 22.VACHER Aude, Le décor aniconique entre Loire et Gironde à l’époque mérovingienne, Thèse de 3e cycle d’histoire de l’art, Université de Nanterre, Paris, 1980, p. 110.CAMUS Marie-Thérèse, « Abbaye de Ligugé, notices 19-20 », in Romains et Barbares entre Loire et Gironde, IVe-Xe siècles [Exposition au Musée Sainte-Croix, Poitiers, 6 octobre 1989-28 février 1990, à l’occasion de la tenue à Poitiers des XIe journées de l’Association française d’archéologie mérovingienne, du 5 au 8 octobre 1989], Poitiers : Musée Sainte-Croix, 1989, p. 36, notice 20.FEVRIER Paul-Albert et DUVAL Noël, « Ligugé. Église Saint-Martin », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 282.PERIN Patrick, « L’art mérovingien : sous le signe de la continuité », in Histoire de l’art. Moyen Âge. Chrétienté et Islam, Paris : Flammarion, 1996, p. 145.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 613-614, fig. 126.COQUET Jean (Dom), « Résultats des fouilles récentes conduites à Ligugé », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1961, p. 127-128.
Auteur(s) de la notice
Dernière MAJ
28 Feb 2024
Indiquer
A. Flammin, "16496 - Ambon - Abbaye Saint-Martin à Ligugé - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/16496
 
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