22758 - Pergola - Pouthumé à Châtellerault - Vienne (86)

 Sculpture: id 22758

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Objet
Pergola
Historique
Ce fragment d'arc de pergola a été découvert au cours d’une fouille menée par l’Inrap et dirigée par Thierry Cornec en 2006 sur le site de Pouthumé (86).  Il provient du comblement d'une fosse creusée au sud du cimetière.
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
Fragmentaire et présence de traces rouges indiquant une exposition à une forte chaleur (incendie ?).
Remploi
Non
Matériau
Calcaire
Dimensions en cm
H. totale : 15 ; H. face ornée : 10 ; L. conservée : 30 cm
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Mobilier liturgique.Pergola
Morphologie
En forme d’arc plein cintre.
Détermination
Assurée
Décor
Géométrique
Description du décor
Il s'agit d'un fragment d'arc de cercle de pergola orné sur les deux face d'un décor identique : entre deux fins bandeaux plats, d’un entrelacs de deux rubans à trois brins surmonté d’une frise de flots ajourés dirigés à gauche, appelés aussi « chiens couchés » ou crosses. Seuls deux flots sont conservés en entier sur les sept que compte cette partie d’arc.
À partir de leur dessin, la totalité de l’arc avec son décor peut être restitué : 1m10 de large pour 0m50 de haut.
Inscription
Non
Datation
800 .. 999
Discussion
Ce fragment a été rattaché au même ensemble (pergola) que 2 autres fragments également découverts au cours des fouilles du site de Pouthumé (ID 22758-22759-22760). A. Flammin rappelle qu'aucun élément d’arc de pergola n'était connu en Poitou-Charentes ou entre Loire et Gironde avant la découverte sur le site de Pouthumé (86) de deux fragments (ID 22758 et ID 22759). L’association d’une frise de flots et d’un entrelacs se retrouve néanmoins sur un fragment sculpté découvert dans les déblais de terrassement sur le site de l’hôpital à Saintes entre 1965 et 1967. A. Flammin indique que : "Le motif des flots est relativement fréquent sur le mobilier liturgique en pierre carolingien du Sud-Est de la France. Il est alors toujours placé en bordure de plaques ou d’arcatures comme sur les fragments d’ambon d’Aix-en-Provence ou sur le fragment supérieur d’un tympan de pergola de Die (Drôme) où les flots ne sont cependant pas ajourés. Les comparaisons les plus convaincantes appartiennent au mobilier liturgique italien ou croate du haut Moyen Age. Le thème des flots associés à l’entrelacs constitue en effet un ornement typique du couronnement des ciboria ou des pergole  , comme l’illustrent l’arc fragmentaire d’un ciborium de Split (Croatie) ou la pergola de l’église San Leone à Leprignano (Italie) datée du milieu du IXe siècle. Des fragments d’arcs d’une pergola (?) conservés au musée de Brescia, aux dimensions proches de celles des pièces poitevines, présentent le même type de décor sur deux faces : un entrelacs associé à une ligne d’oves est surmonté de flots qui ne sont toutefois pas ajourés. Ils sont datés du VIIIe siècle. Les pièces de Pouthumé peuvent également être comparées au fragment d’arc conservé au musée national de Cividale del Friuli (Italie) qui comporte  des dimensions plus grandes. D’autres pièces du même type possèdent, comme dans nos exemples poitevins, des flots ajourés : le fragment d’arc rattaché à la cathédrale de Vicenza en Italie, ou le fragment d’architrave de pergola de Costabissara en Italie datée du IXe siècle. En Croatie, où au haut Moyen Age les mêmes courants liturgiques et décoratifs qu’en Italie et qu’en Gaule sont attestés, de nombreux arcs de pergole au décor identique sont conservés comme celui de Sijana (IXe siècle ?), ceux du musée archéologique de Split ou le fragment découvert dans les fouilles de l’église Sainte-Cécile en Istrie" (Flammin 2010). Elle ajoute que : "Ces différents rapprochements démontrent que les fragments découverts à Pouthumé appartiennent probablement aux arcs coiffant les ouvertures d’une pergola. La différence de dimensions des deux arcs de Pouthumé pourrait indiquer que la pergola possédait au moins trois ouvertures : une plus large au centre, coiffée de l’arc le plus grand et deux autres de chaque côté avec des arcs plus petits". Enfin "La découverte de ces fragments de clôture haute pourrait signaler la présence à Pouthumé, ou à proximité, d’une église possédant un aménagement liturgique carolingien en pierre. Les archéologues proposent de situer plus à l’est, en dehors de l’emprise de la fouille et à proximité des ruines encore visibles de l’église romane, un édifice cultuel carolingien contemporain d’une autre construction fouillée sur ce même site (bâtiment 7). C’est au Xe siècle qu’appartiennent le mobilier céramique associé à ces fragments, le bâtiment 7 et l’épitaphe d’Amaricus découverte en 1996 en ces lieux. Ce sont autant d’arguments pour proposer de placer également le mobilier liturgique exhumé au IXe ou plus sûrement au Xe siècle" (Flammin 2010).
Publications
FLAMMIN Anne, « La sculpture du Haut Moyen Âge en Poitou-Charentes : les récentes découvertes d’Usseau (Deux-Sèvres) et de Pouthumé (Vienne) », in Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France. Actes des XXVIIIe journées internationales d’archéologie mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, Saint-Germain-en-Laye : Association française d’archéologie mérovingienne, 2010, p. 237 249.
Littérature grise
CORNEC Thierry, FARAGO-SZEKERES Bernard et BRISACH Bruno, D’une résidence mérovingienne vers un cimetière carolingien, Châtellerault - Pouthumé (Vienne) - Document Final de Synthèse, [s.l.] : Inrap, 2006.
Auteur(s) de la notice
Saisie de la fiche
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A. Flammin, "22758 - Pergola - Pouthumé à Châtellerault - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/22758
 
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