Historique
Cette stèle mérovingienne provient de la sépulture 165 de la nécropole de Maule.
La nécropole de Maule est connue depuis très longtemps, elle se situe au nord de la ville ancienne, derrière la gare, en bordure d'un chemin antique, sur un coteau exposé au sud, au lieu-dit « Pousse Motte ». Les premières tombes furent dégagées à la fin du XIXe siècle, lors de l’établissement de la route de Versailles à Mantes et de l’implantation de la voie ferrée.
En 1893, Emile Réaux signalait « un champ de sépultures dont les tombes étaient non point éparses et rares, mais disposées en lignes régulières et en étages superposés... Sur un espace de médiocre étendue nous avons pu nous-mêmes compter dernièrement jusqu’à cinquante de ces sépultures... ».
Au cours de l’année 1954, le site étant converti en carrière, l’exploitant signala la découverte de plusieurs sépultures. M. le Professeur Piganiol, directeur de la circonscription de Paris (région Nord), fut informé et nous délégua sur place pour faire un rapport, ce qui nous amena à sauver d’urgence quatorze sépultures qui se trouvaient arasées sur le front de la carrière.
Un groupe local d’archéologie, nouvellement créé, fut chargé de la surveillance du site. Mais quatre ans plus tard, en 1959, par simple curiosité, nous nous sommes rendus à Maule et nous découvrions un « massacre ». Une grande excavation avait entamé la colline, détruisant un centaine de tombes. Dans les déblais, nous avons recueilli deux stèles et un vase. M. le Professeur Piganiol, informé, nous donna d’urgence une autorisation de fouille. Et c’est ainsi que pendant cinq ans, avec un groupe d’une dizaine de fouilleurs bénévoles, appartenant au Centre de recherches archéologiques du Vexin français, chaque week-end, lorsque l’exploitation de la carrière était arrêtée, été comme hiver, nous avons essayé de sauver le maximum de sépultures, ayant beaucoup de peine à devancer la progression de la carrière.
Neuf cent trente-trois tombes ont été relevées en partie ou en entier, mais il faut songer que depuis la découverte de 1893 plus de cinq cents sépultures étaient parties dans les déblais.
Cent quarante-six tombes fouillées appartiennent à l’époque gallo-romaine (IVe siècle). Les sépultures mérovingiennes qui s’échelonnent entre le Ve et le VIIIe siècle se décomposent en une centaine de sarcophages de plâtre, dont environ un tiers est orné, une soixantaine de sarcophages de pierre à cuves lisses, et le reste est composé de fosses creusées dans la craie ou même en pleine terre. Par endroits les tombes étaient superposées sur trois étages.
Un grand nombre de stèles avec cavité a été recueilli dans cette nécropole ; il en est de même dans le Vexin français. Ces stèles posent un problème, car elles sont pratiquement inexistantes dans le reste de la Gaule. Nous ne connaissons hors de la région parisienne que la stèle de Cerseuil et celle de Caranda dans l'Aisne (F. Moreau, Album Caranda, Saint-Quentin, 1877 à 1898).
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
ML 593
Dimensions en cm
H. 46 ; l. 60 ; Ep. 11.
Type et technique de sculpture
Technique.Gravure
Typologie
Mobilier funéraire.Stèle funéraire
Morphologie
Stèle semi-circulaire sur base rectangulaire débordante
Description du décor
Traits rayonnants autour de la cavité triangulaire centrale. Possible décor atour de la cavité.
Discussion
Dans le tome 3 de Recueil..., Jacques Sirat ne mentionne pas de décor. Cependant, on peut se demander si les traits gravés rayonnant autour de la cavité triangulaire sont des traces d'outil, une altération ou un décor intentionnel.
Publications
SIRAT Jacques, VIEILLARD-TROIEKOUROFF May et CHATEL Élisabeth, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 3. Val d’Oise et Yvelines, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1984 (vol. 3/4), n° 141, p. 55, pl. XXVI, 141.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
J. Sirat, "21726 - Stèle - Nécropole à Maule - Yvelines (78)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/21726