Historique
Chapiteau remployé dans l'église paroissiale, angle nord-est de la chapelle
H. tot. des colonnes : 3,62 m.
Etat de conservation
Bon état.
Le feuillage est parvenu à peu près intact, dans sa partie visible.
Conditions de remploi
Quatre colonnes identiques, encastrées dans les angles de la chapelle-martyrium de saint Vidian.
Précision sur le matériau
Marbre blanc grisâtre de Saint-Béat.
Dimensions en cm
H. : 43 ; L. : 54 ;diam. de base : 32 ; dim. du dé : 11,5 .
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Haut-relief
Typologie
Élément architectural.Chapiteau
Morphologie
Chapiteau composite
Description du décor
Le chapiteau à l'abaque échancré, est marqué sur chaque face visible un dé médian , parallélépipédique et saillant, légèrement en retrait sur la corbeille, orné d'un large fleuron épanoui, à quatre pétales cordiformes, d'où s'échappent les cornes reposant les feuilles angulaires.
La corbeille fortement saillante est délimitée dans sa partie supérieure par une rangée d'oves, à relief plein et cernure profonde, qui ont conservé les éléments classiques, l'œuf parfaitement ovale, l'enveloppe et le dard. On retrouve ailleurs, quoique rarement, les mêmes oves par exemple sur un chapiteau de Saint-Pierre de Montmartre. A la différence d'autres chapiteaux composites, aucun chapelet de et pirouettes ne souligne la rangée d'oves.
La corbeille, qui à sa partie inférieure (59), est enveloppée par deux rangées de huit feuilles d'acanthe molle, dans sa partie inférieure et médiane et, supérieure, de quatre feuilles qui soutiennent les volutes et les cornes de l'abaque. Les feuilles de la collerette inférieure s'amorcent au-delà d'une marge de quatre centimètres. On observe ce détail, notamment; sur des chapiteaux du de Poitiers, à Saint-Sever, Béziers ...
Les feuilles des couronnes inférieure et médiane sont disposées en quinconces . Celles de la rangée médiane jaillissent des intervalles, qui séparent les feuilles de l'étage inférieur. Trois larges nervures lisses, en relief plat, séparées par de profonds sillons, forment la structure de la feuille, dont le bord est découpé par des échancrures en lobes arrondis et en folioles cordiformes. Un vigoureux travail au trépan, dont la trace apparaît distinctement à l'extrémité inférieure des sillons, anime d'un jeu d'ombres profondes la surface claire du marbre et le relief du feuillage.
Discussion
Atelier du Sud-Ouest.
"La date de ces chapiteaux est assez difficile à établir, faute de comparaison bien datés. Toutefois, elle ne me paraît pas devoir être située à une époque plus tardive que le IVème s. ou le début du Vème siècle. La qualité et le relief des oves et des fleurons et la relative souplesse des feuillages offrent un vif contraste avec la sécheresse des acanthes, la schématisation des oves et des palmettes des dés qui figurent sur des chapiteaux de même type, à Montréal-Genens, Puységur, et la Daurade elle-même. " Jean Boube
b. Les fûts de colonne - Griotte rose et vert des Pyrénées (65). H. : 2,92 m ; ép. de l'astragale : 0,04 m ; diam. de base : 0,38 m (module : 0,19 m).
L'astragale est soulignée par un filet. A la base de l'un des fûts, le marbre est affecté d'un large éclat (colonne de l'angle nord-ouest de la chapelle).
c. Les bases - Marbre blanc grisâtre de Saint-Béat. H. tot. : 0,27 m ; H. de la plinthe : 0,09 m ; L. d'un côté de la plinthe : 0,50 m environ.
Bases attiques, établies sur un socle carré et composées de deux cernés par des filets, le tore supérieur étant en retrait de 0,064 m par rapport au tore inférieur, dont le diamètre est supérieur de 0,01 m à la longueur du socle.
Les dimensions des divers éléments de la colonne ne correspondent pas strictement aux proportions de Vignole. La hauteur totale est de quelque vingt centimètres à la hauteur totale de 20 modules, qui est de 3,80 m ; la hauteur du chapiteau correspond, à 1 cm près, à 2 1/3 modules ; le fût, qui devrait mesurer 3,16 m (16 2/3 modules), ne mesure que 2,92 m ; quant à la base, sa hauteur est supérieure de 8 cm au module que lui accorde Vignole.
La provenance de ces quatre colonnes reste imprécise. Elles ont été, comme d'autres vestiges trouvés au cours des siècles dans le sol de Martrès, attribuées sans preuve à la villa-palais de Chiragan. Pour ma part, je pense qu'elles peuvent provenir, comme d'autres fragments de fûts, de module et de marbre identiques, découverts, en 1955, dans le sol de l'église, soit de la villa du IVème s. qui s'élevait sous l'emplacement et aux abords de l'église, soit de l'atrium de la basilique funéraire de la fin du IVème s. ou des premières années du Vème siècle (66).
A propos de ces colonnes, je rappellerai ici la mention d'un marty- rium en rotonde, que décrit la légende latine de saint Vidian «martyr des Sarrasins», dans un manuscrit, aujourd'hui perdu, de l'église de Martres (67). Selon ce texte, le corps du saint aurait été déposé par sa mère dans une rotonde en pierre, soutenue par six colonnes de marbre. Il est encore impossible, dans l'état actuel des recherches, de savoir s'il s'agit d'une pure affabulation ou si un souvenir de topographie locale a inspiré le de ce récit, mais il méritait, je crois, d'être rappelé."
Publications
BOUBE Jean, « Chapiteaux de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge dans le Comminges et le Toulousain », Pallas, hors-série. Mélanges offerts à M. Labrousse, 1986, p
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
J. Boube, B. Mérel-Brandenburg, "21501 - Chapiteau - Martres-Tolosane - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/21501