21360 - Sarcophage - Narbonne - Aude (11)

 Sculpture: id 21360

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Objet
Sarcophage
Historique
Cette pièce provient de Narbonne où elle est conservée au Palais-musée des archevêques. En 1840, on trouva dans la maison de la famille Stadieu, au Bourg (non localisé) la plaque frontale et la première ligne d'une inscription fragmentaire gravée sur le plat supérieur de la plaque qui recouvrait directement le tombeau qui fut donné la même année au musée par M. Stadieu, ancien président de la commission archéologique. La dalle de couverture gravée, anciennement encastrée dans la « muraille de la chapelle Saint-Sauveur au Palais de La Vicomté a été retrouvé en 1865, par Tournal, dans la cour du médecin Pech. Elle servait de support de caisse d’oranger et « aurait été déposée au siècle dernier par les épigraphes de ce nom ». Les données concernant l’origine du bloc gravé sont contradictoires. Les auteurs de la CAG (p. 146), excluent un remploi dans la construction des remparts et privilégient la provenance de la nécropole de la rive droite ou des abords du Pont des Marchands, situé non loin. Vers 1539, l’épigraphiste narbonnais, Rainouard, avait copié quatorze vers de l’épitaphe, alors complète, et les deux morceaux dissociés furent rapprochés, près de deux siècles plus tard, à l’initiative de Paul Thiers en 1892. La traduction de l’inscription avait permis d’identifier le monument funéraire comme celui de Festa, une jeune femme mariée à Grégoire. Elle est invoquée comme une sainte et comme l’honneur de la cité. CAG.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
869.75.1 (anc. 523)
Statut MH
Non protégé
Lieu de découverte
Etat de conservation
Le couvercle est en deux parties : la plaque frontale sculptée (A) et la dalle de couverture gravée d’une épitaphe couvrant la cuve (B). A : trois encoches de fixation sont visibles sur la face interne de la plaque frontale. B. le texte a été gravé sur deux colonnes alignées, de huit lignes chacune. La partie droite de l’inscription a disparu et les lignes trois et quatre de la deuxième colonne ont été perforées par une large cavité rectangulaire.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Dimensions en cm
A : L. 211 ; H. 26 ; Ep. 9.
B : L. 149 ; P. 55 ; Ep. 6.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Mobilier funéraire.Couvercle de sarcophage
Morphologie
Couvercle plat à plaque frontale.
Détermination
Assurée
Décor
Figuratif
Description du décor
Les défunts sont encadrés de quatre Victoires, dont deux tiennent le cartouche anépigraphe à bandeau mouluré au centre et deux autres les cadres dans lesquels figurent les portraits du couple. Les victoires aux ailes déployées, vêtues de tuniques sans manche serrées par une ceinture, sont de profil, en marche, la tête détournée vers l’arrière. L’homme et la femme sont présentés en buste sur fond de draperie. À droite, l’homme, magistrat de haut rang, de face, vêtu d’une toge, à large contabulatio, en travers de la poitrine, la main droite levée en signe de parole, tient un rotulus dans la main gauche. Une chevelure à mèches courtes encadre son visage imberbe. À gauche, la défunte porte une tunique et par-dessus un manteau drapé sur les épaules, dont le pan droit dégage la main droite levée à hauteur de la poitrine, deux doigts étendus soit en signe de bénédiction (Le Blant), soit montrant le rouleau qu’elle serre de la main gauche. Le visage, jeune, aux traits réguliers est rond et encadré par une chevelure crantée de part et d’autre d’une raie médiane, couvrant les oreilles et formant vraisemblablement un chignon remontant sur la nuque. Sur la tranche supérieure de la plaque frontale sont inscrites les lettres D M et un signe représentant en symétrie deux boucles. Ce motif a été identifié à des feuilles de lierre.
Inscription
Oui
Texte de l'inscription
D(is) hedera ? M(anibus); Ter quinis supraque tribus, lacrimabilis, annis ; Uixdum transcursis Elysium ingrederis. Ter rosa uix fuerat, ter spicae et pampinus, ex quo ; Tradita Gregorio, Festa, iaces tumulo. Anni, uota simul, heheu quam parua fuerunt, Heu quam uita breuis, quam breue coniugium. Aetas sola minor, nam cetera maxima Festae, Adfectus pietas forma pudicitia. Concors illa uiro, sanctos uenerata parentes. Angelicae legis [docta, dicata Deo.] Hic ia[c]et, hoc Super[is placitum est. Huc ibimus et ; Sit modo sancta [fides, sit pia credulitas.] Festa, decus nostrum, [cert ueniemus in unum,] Si mihi uita proba, [si tibi cura mei est.] At tu, sanctarum m[oderator summe animarum] Fac rata quae cupi[mus, fac cita que uolumus].
Trois fois cinq ans en plus de trois ( ?) – que ton sort est digne de pleurs ! – à peine se sont-ils écoulés, que tu entres dans (tu franchis le seuil de) l’Elysée. Trois fois à peine avait fleuri la rose, trois fois avaient poussé l’épi et le pampre, depuis le jour où tu fus donnée à Gregorius, Festa, toi qui gis au tombeau. Que tes années, hélas, aussi bien que tes vœux (autant que ton hymen ; et ton hymen aussi), furent courts ! Que ta vie fut brève, hélas, que fut bref ton mariage ! Son âge seul fut modeste, car en Festa, tout était grand : l’amour, le dévouement, la beauté, la pudeur. Avec son mari, elle vécut en accord, et honora ses vertueux parents ; elle était instruite dans la loi (év)angélique, consacrée à Dieu. Elle gît ici, il en a plu ainsi à ceux d’en H. Nous y viendrons nous aussi, pourvu que nous gardions la pureté de notre croyance, la piété de notre foi. Festa, honneur de notre communauté, nous nous réunirons, c’est sûr, si je mène une vie honnête, et si tu te soucies de moi. Mais toi, le gouverneur suprême des âmes pures, exauce nos désirs, hâte nos desseins. (H. Belloc)
Datation
300 .. 349
Discussion
Tournal propose de dater l’inscription du Ve siècle par analogie avec l’inscription de Rusticus. e Guilhermy la date du 5ème siècle également. Sigal et Lebègue la date de la fin du 4ème siècle. Ramé la date de la fin du 5ème siècle. Le Blant la date du commencement du Ve siècle. Bücheler ne la date pas avant la fin du 5ème siècle. H. Belloc date l’inscription, d’après la forme des caractères, au Ve siècle ou plus tard. Si il en est ainsi, le couvercle de la 1ere moitié du IVe siècle par son iconographie, et par analogie avec la représentation de Goudargues (Gard) aurait été réutilisé au Ve siècle et gravé d’une épitaphe dédiée à Festa.
Zone de production : Rome
Sources manuscrites
RAINOUARD Antoine, Voss. Lat. Q6 : Inscriptions et monuments antiques de Narbonne, recueillis par A. Rainouard, chanoine de Saint-Just, en 1539, Leyde, 1539. Voss. Lat. Q6.GARRIGUES P., Inscriptions antiques, tumulus et épitaphes qui se retrouvent en divers endroictz de la ville de Narbonne, retirées par Pierre Garrigues de ladite ville, 1608, copie Chatsworth, château, bibliothèque, fol. 245.
Publications
TOURNAL Paul, Catalogue du Musée de Narbonne et notes historiques sur cette ville, Narbonne : E. Caillard, 1864, p. 101, n° 523.BARRY Edward, « Sur une inscription chrétienne en vers trouvée à Narbonne », Mémoires de l’académie de Toulouse, vol. 3, 1865, p. 516.GUILHERMY Ferdinand de, « Rapport sur une communication de P. Tournal », Revue des Sociétés savantes, 4e série, vol. 3, 1866, p. 457, p. 481.RAME Alfred, « Inscriptions chrétiennes du IVe au VIIe siècle », Revue des Sociétés savantes, 6e série, vol. 1, 1874, p. 592.LEBEGUE Albert, « Trois inscriptions inédites de Narbonne », Annales de la faculté de lettres de Bordeaux, vol. 4, 1882, p. 208-209.LEBEGUE Albert, « Inscriptions chrétiennes de Narbonne, n°1276 », in Histoire générale de Languedoc, Toulouse : J.-B. Paya, 1872 (vol. 15), p. 374, n° 1276.LE BLANT Edmond, Nouveau recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule antérieures au VIIIe siècle, Paris : Imprimerie nationale, 1892, p. 357-360, n° 311, p. 363, n° 314.THIERS Frédéric-Paul, « Le sarcophage de Festa », Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, vol. 2, 1892, p. 282-300.LECLERCQ Henri, « Narbonne », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 12, n° 1, 1935, col. 857-858-859, n° 12, fig. 8727 et col. 875 (l’auteur décrit le décor de la plaque frontale sans établir de lien avec l’inscription analysée dans les colonnes précédentes).DELLONG Éric, MOULIS Dominique, FARRE Josy et LECLANT Jean Préfacier, Carte archéologique de la Gaule 11-1 : Narbonne et le Narbonnais, Paris : Académie des inscriptions et belles lettres, 2002, p. 312, n° 49, fig. 347 (plaque frontale) ; p. 437, n° 24 (inscription).CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p. 178, n° 369, pl. 90, 4 (dernier tiers IVe siècle).
Littérature grise
MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l'Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université Paris IV-Sorbonne, Paris, 4 vol., 2007, cat. 183, pl. 200, fig. 1-5.
Dernière MAJ
24 Jan 2026
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "21360 - Sarcophage - Narbonne - Aude (11)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/21360
 
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