Historique
Probablement s’agit-il de l’un des trois chapiteaux signalés par Anthyme Saint-Paul en 1865. Les deux autres, qu’il avait emportés, n’ont pas été retrouvés. Celui-ci fut utilisé en 1880 comme support de croix sur la place du village de Montmaurin. Selon Georges Fouet, il proviendrait des portiques semi-circulaires de la cour d’honneur de la villa.
Etat de conservation
Mutilation de l'abaque. Pointe des feuilles cassée.
Précision sur le matériau
Marbre saccharoïde gris clair de Saint-Béat.
Dimensions en cm
H. 33,7 ; D. base 24.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Élément architectural.Chapiteau
Morphologie
Chapiteau dérivé du composite.
Description du décor
Ce chapiteau ne comporte qu’une seule rangée de grandes feuilles d’acanthe découpées au trépan. Celles-ci se rejoignent à la base et se recourbent aux angles sous les volutes. Entre deux feuilles voisines, et au centre de chaque face, par conséquent, s’élève une petite feuille nue, dont la pointe est cassée sous le collier de l’échine. Une fine arête en dessine la nervure centrale. L’échine est marquée par un cordon d’oves et de dards unissant les volutes d’angle, elles-mêmes ornées d’une fleur à quatre pétales et bouton central. On déplore la mutilation de l’abaque, qui était certainement mouluré et devait offrir, estime Georges Fouet, un fleuron quadrangulaire stylisé. Ce chapiteau, de forme simplifiée mais élégante, se caractérise sur le plan technique par un large usage du trépan.
Discussion
Les fûts des portiques en quart de cercle de la cour d’honneur, à l’un desquels aurait correspondu ce chapiteau, « sont en marbre blanc, bleuté ou gris veiné de sombre de Saint-Béat, monolithes et polis, accusant un faible fruit. Aucun n’est galbé. Leur hauteur, variable d’un exemplaire à l’autre, se situe entre 184 et 205 cm pour un diamètre de base de 23 à 26 cm ». Les bases « en marbre blanc légèrement bleuté ou veiné, sont du profil attique le plus courant dans le Midi durant les siècles gallo-romains, plinthe carrée de 35,5 cm de côté avec, au-dessus, deux tores encadrant une scotie bordée de filets. Un filet limite également le petit tore à la partie supérieure. Ces bases accusent une hauteur de 22 et 23 cm » (Fouet 1983, p. 107, pl. XXVII). Enfin, les chapiteaux étaient « surmontés d’impostes carrées, indépendantes, profilées en doucine, en marbre gris de Saint-Béat, de 36 à 38 cm de côté à la base pour 48 à 50 cm de côté au sommet, sur 6 à 7 cm d’épaisseur » (Fouet 1983, p. 107, fig. 58, C)... Georges Fouet estime « qu’un décor très voisin de celui de ce chapiteau devait se retrouver sur une demi-douzaine au moins d’autres exemplaires d’après les débris retrouvés ».
Publications
SAINT-PAUL Anthyme de, « Excursion archéologique dans le pays de comminges », Bulletin Monumental, vol. 31, 1865, p. 135-151.FOUET Georges et LABROUSSE Michel, « Découvertes archéologiques en Nébouzan (Haute-Garonne) de 1945 à 1948 », Gallia, vol. 7, n° 1, 1949, p. 39, fig. 20.FOUET Georges, La villa gallo-romaine de Montmaurin (Haute Garonne), rééd., Paris : CNRS Éditions, 1983 (Gallia. Supplément, 20), p. 107, pl. XXVII.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 49, p.51, pl. XXV, 49.
Littérature grise
SCELLES Maurice, Inventaire de la sculpture monumentale du IVe au Xe siècle en Haute-Garonne, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 25-26, n° 21, pl. VIII.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20691 - Chapiteau - Villa Lassalles à Montmaurin - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20691