20543 - Sarcophage - Église Saint-Vidian à Martres-Tolosane - Haute-Garonne (31)

 Sculpture: id 20543

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Objet
Sarcophage
Historique
Cette cuve a été découverte, avec un couvercle en remploi non décoré, le 23 décembre 1948, à proximité du boulevard qui borde la partie sud de l’enceinte de la ville de Martres-Tolosane, par des employés des P.T.T. qui creusaient une tranchée pour installer une canalisation téléphonique. Remployée au Moyen Âge, cette tombe, dirigée vers l’est, contenait un squelette de femme, sans aucun mobilier funéraire. Elle est aujourd’hui conservée dans l’église Saint-Vidian, où on l’a placée devant le mur nord de la première travée de la nef.
Statut MH
Classé au titre des Monuments Historiques
Etat de conservation
Complète.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre saccharoïde dolomitique à gros cristaux, d’un blanc faiblement bleuté, correspondant à une variété encore exploitée à Saint-Béat dans la carrière d’Arri (Jean Boube).
Marbre des Pyrénées.
Dimensions en cm
Cuve : panneau principal : H. 49 ; L. 211 (haut) - 206 (bas).
Côtés : l. 64 (haut) - 55 (bas) ; Ep. 8 (paroi).
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Semi-méplatType.Haut-relief
Outil
PointeCompas
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Morphologie
Cuve architecturée à colonnettes d'angle.
Cuve à panneau médian.
Couvercle en bâtière.
Détermination
Assurée
Décor
GéométriqueSymbolique
Description du décor
Cuve au rebord creusé d’une feuillure et finement piquetée à l’intérieur.
Cuve de sarcophage ornée de quatre registres de fleurons à huit pétales taillés en biseau.
Au centre de la face principale est un chrisme avec le rhô à la boucle fermée, accosté de l’alpha et de l’oméga à leur emplacement normal. Cependant l’alpha est dépourvu de sa barre transversale. Au-dessus et au-dessous du chrisme on a tendu deux arcs câblés séparés par une gorge. Aux angles de la cuve sont engagées quatre colonnettes au fût lisse, dont les chapiteaux offrent un seul registre de feuilles découpées, des volutes d’angle et un abaque orné d’une ligne brisée. De part et d’autre du chrisme se développent deux panneaux de fleurons à huit pétales issus d’un bouton central, inscrits dans des carrés et taillés selon la technique de la taille en biseau. Ils sont disposés en quatre bandes superposées.
Les mêmes motifs se retrouvent sur les petits côtés, où l’on compte chaque fois quatre rangs de quatre fleurons.
Inscription
Non
Datation
400 .. 500
Discussion

Jean Boube, citant R. Cagnat (Cours d’épigraphie latine, Paris, 1914, p. 12) observe que la particularité de l'alpha dépourvu de barre transversale s’observe fréquemment même sur des monuments très soignés. Comme l’a observé Jean Boube, la technique se caractérise par le recours à la géométrie. « Le décor était dessiné sur le marbre à la pointe sèche. Ces traits du dessin constituent les axes du quadrillage destiné à sertir les fleurons ; ils règlent les dimensions des carrés, la largeur des bandes qui forment les cloisons, et l’on voit encore, en plusieurs endroits, les lignes à demi-effacées d’un tracé erroné, corrigé par l’ouvrier. Le cercle du chrisme tracé au compas, le trou de la pointe sèche, les lignes perpendiculaires selon lesquelles le khi a été taillé sont nettement visibles sur la surface du marbre ». Un fleuron à huit pétales comparable aux précédents, quoique d’une exécution moins soignée, retiré en 1956 d’un mur de la tour du clocher, est aujourd’hui perdu (ID-20640). Un décor toujours semblable à celui du sarcophage, tant en ce qui concerne le choix du motif décoratif que la technique de la taille en biseau, caractérise encore un linteau en remploi au-dessus de la porte d’entrée d’une maison de Valentine (ID-20633). Le type de fleuron utilisé dans tous les cas était apparu dès l’époque romaine dans la sculpture funéraire de la région (Hatt 1942). Par ailleurs, des fleurons taillés en biseau sont un des motifs favoris de la sculpture dans la péninsule ibérique à l'époque wisigothique.

Atelier local ; 2e tiers du Ve s. (Repertorium) Atelier du Sud-Ouest. Atelier : Saint-Bertrand-de-Comminges ; 2eme moitié Ve s. (Koch).

Publications
HATT Jean-Jacques, « Les monuments funéraires gallo-romains du Comminges et du Couserans », Annales du Midi, vol. 54, 1942, p. 32, n° 90.LABROUSSE Michel, « Informations de la Xe Circonscription », Gallia, vol. 7, n° 1, 1949, p. 133-134, fig. 4, p. 139.LABROUSSE Michel, « Informations de la Xe circonscription », Gallia, vol. 9, n° 1, 1951, p. 128.BOUBE Jean, « La Nécropole paléochrétienne de Martres-Tolosane (Haute-Garonne) », Pallas, III, fasc. 3, 1955, p. 106-107, fig. 3.MUSEE DES AUGUSTINS DE TOULOUSE et MESPLE Paul, De l’art des Gaules à l’art français [Catalogue d’exposition, Toulouse, Musée des Augustins, 1956], Toulouse : Musée des Augustins, 1956, p. 61, n° 173, pl. XII.BOUBE Jean, « Un décor nouveau dans la sculpture funéraire chrétienne d’Aquitaine », Revue de Comminges, vol. 69, 1956, p. 65-80.BOUBE Jean, « Les sarcophages paléochrétiens de Martres-Tolosane (Haute-Garonne) », Cahiers archéologiques, vol. 9, 1957, p. 44-46, n° XIII, p. 45, fig. 9.BOUBE Jean, « Martres-Tolosane, Église et cimetière paléochrétiens », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 174.BRIESENICK Brigitte, « Typologie und Chronologie der sudwestgallischen Sarkophage », Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseum Mainz, vol. 9, 1962, p. 167, n° 162, p. 174, fig. j, p. 180, fig. k, pl. 33, I, 2.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, vol. 2, 2), p. 337, n° 204.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 19, p. 36-37, pl. VII-VIII, 19 a, b et c.KOCH Guntram, Frühchristliche Sarkophage, Munich : C. H. Beck, 2000 (Handbuch der Archäologie), 512, Tafel 176.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p 161, n°325, Tafel 81.4
Littérature grise
MATSAKIS P., L’art des sarcophages paléochrétiens de Toulouse (Ve-VIIe siècles), Mémoire de D.E.S. : Faculté des Lettres et Sciences humaines de Toulouse, 1956, p. 167, pl. XXXVI.DEROO Christophe, La sculpture funéraire chrétienne du département de la Haute-Garonne antérieure à l’an mil, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 87-89, n° 12, pl. d, pl. V, a, b.
Dernière MAJ
22 Sep 2025
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20543 - Sarcophage - Église Saint-Vidian à Martres-Tolosane - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20543
 
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