Historique
Cuve de sarcophage et couvercle en bâtière qui furent découverts, le 12 avril 1859, place Saint-Étienne à Toulouse, par des ouvriers creusant une tranchée en vue de la pose d'une canalisation, entre la fontaine et la cathédrale. Ils se trouvaient placés l'un sur l'autre, à moins de deux mètres de profondeur. La cuve contenait quelques ossements. Son revers s’appuyait à un mur dans lequel était encastrée une dalle funéraire : juste au-dessus du couvercle, selon G. de Juillac, à quelques mètres de lui, d’après J. Corblet, qui précise que la dalle portait une épitaphe datant du règne de Gratien (375-383). De toute manière, l’ancien cimetière Notre-Dame, à l’emplacement duquel s’effectua cette découverte, n’avait certainement pas pu procurer une sépulture en ce lieu à une époque aussi ancienne, « car l'endroit, situé à l'intérieur de l’enceinte romaine, devait rester interdit aux inhumations » (Labrousse 1969, p. 483, note 180).
Malgré la similitude des dimensions, on ne peut affirmer que la cuve et le couvercle aient été taillés l’un pour l’autre. Ils sont entrés au musée des Augustins le 14 avril 1859.
Description du décor
Cuve de sarcophage architecturée à pilastres d'angle et décor en frise sur deux registres.
Couvercle en bâtière, à écailles et panneau médian.
La face antérieure de la cuve et les deux petits côtés sont limités en haut et en bas par des moulures continues, et aux angles par des pilastres cannelés et rudentés dotés de chapiteaux composites à une seule rangée de feuillages, traités différemment selon les cas. Les trois côtés ornés du sarcophage sont divisés en deux registres horizontaux par un bandeau étroit orné d’un double rinceau de lierre prenant naissance au centre du bandeau. Sur chacun d’eux se développent en frise des grands rinceaux d’acanthes, dont les enroulements alternés se terminent par une demi-palmette, une feuille trilobée ou un fleuron.
Sur la face antérieure, au registre supérieur, les deux grands rinceaux d’acanthes surgissent d’un vase godronné pourvu de deux anses en S et surmonté d'une feuille triangulaire. Au registre inférieur, ils s’échappent d'une grande feuille d'acanthe épanouie. Il y a partout quatre enroulements de part et d’autre du motif central, sauf en haut et à gauche, où ils sont au nombre de cinq.
Sur les petits côtés latéraux, la même décoration se poursuit, avec, à chaque registre, trois enroulements partant de l'angle inférieur proche de la face principale.
Chacun des versants du couvercle est couvert d’imbrications. Un panneau carré a été ménagé au milieu du versant antérieur. Il contient une grande feuille d’acanthe terminée par un lobe lancéolé. De part et d’autre de ce dernier se développent des vrilles qui concourent à l’encadrement.
Publications
JUILLAC Gustave de (vicomte), « Extrait d’une note », Revue des Sociétés savantes, 2e série, vol. 2, 1859, p. 518-519.GESTA Louis-Victor, Album Gesta, Album de 97 photographies, Toulouse, 1859-1870. Musée des Augustins de Toulouse, t. II, f. 50.CORBLET Jules, « Mélanges », Revue de l’art chrétien, vol. 4, 1860, p. 611-612.ROSCHACH Ernest, Catalogue des antiquités et objets d’art, Toulouse : Impr. de L. Viguier, 1865, p. 7-8, n° 13.RACHOU Henri, Catalogue des collections de sculpture et d’épigraphie du Musée de Toulouse, Toulouse : E. Privat, 1912, p. 9, n° 13.WARD-PERKINS John Bryan, « The sculpture of Visigothic France », Archaeologia, vol. 87, 1938, p. 124, n° 104, pl. XXXII, 5, pl. XXXVII. 7.MUSEE DES AUGUSTINS DE TOULOUSE et MESPLE Paul, De l’art des Gaules à l’art français [Catalogue d’exposition, Toulouse, Musée des Augustins, 1956], Toulouse : Musée des Augustins, 1956, p. 64, n° 181.BRIESENICK Brigitte, « Typologie und Chronologie der sudwestgallischen Sarkophage », Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseum Mainz, vol. 9, 1962, p. 158, n° 73, p. 179, fig. 7, p, pl. 27, 1.MESPLE Paul, « Recherches sur les origines des sarcophages paléo-chrétiens du Musée des Augustins de Toulouse [1/3] », L’Auta, 3e série, vol. 319, 1963, p. 107-108, fig.LABROUSSE Michel, Toulouse antique des origines à l’établissement des Wisigoths, Paris : De Boccard, 1968, p. 483, note 180.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, vol. 2, 2), p. 321, n° 97, pl. 8 et 106 a, b.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 164, p. 119-120, pl. LXXXIV, 164 a, b et c.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003,FOSSARD Denise, « À propos des linteaux de Moissac et de Saint-Sernin de Thézels », in Synthronon. Art et archéologie de la fin de l’Antiquité et du Moyen Âge, Paris : C. Klincksieck, 1968, p. 214.
Littérature grise
MATSAKIS P., L’art des sarcophages paléochrétiens de Toulouse (Ve-VIIe siècles), Mémoire de D.E.S. : Faculté des Lettres et Sciences humaines de Toulouse, 1956, p. 82-84 et pl. XVI.LANDES Christian, Inventaire de la collection paléochrétienne du musée des Augustins, Mémoire manuscrit : Toulouse, 1977, p. 31-32, n° 32.DEROO Christophe, La sculpture funéraire chrétienne du département de la Haute-Garonne antérieure à l’an mil, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 187-190, n° 71.
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20505 - Sarcophage - Place Saint-Étienne à Toulouse - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20505