20448 - Sarcophage - Basilique Saint-Sernin à Toulouse - Haute-Garonne (31)

 Sculpture: id 20448

MEDIA

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Objet
Sarcophage
Historique
Deux fragments d'une cuve de sarcophage en remploi dans le contrefort du transept de Saint-Sernin servant d'appui à l'enfeu sur la gauche, au-dessus de l'épitaphe de Guillaume III Taillefer et de son petit-fils Raimond Bertrand.
Alexandre du Mège, dès le 4 floréal an IX (24 avril 1801), signale ces sculptures. Il reconnaît Diane, les mains armées d’un épieu, transperçant une bête fauve qui s’élance sur elle d'un antre voisin (Lettre d’Alexandre Du Mège au préfet de la Haute-Garonne, A. D. Haute-Garonne, L 2566 prov. 2565). Il interprète la scène comme un témoignage du culte que les Volces Tectosages rendaient à la déesse de la chasse. Cette lecture fut immédiatement contestée par Jean-Paul Lucas, conservateur au musée de Toulouse - 8 floréal an IX (28 avril 1801) - qui préfère reconnaître le tombeau de quelque chasseur (Lettre de Lucas au préfet de la Haute-Garonne, ibid.).
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
Fragmentaire, en deux morceaux. Fragments jointifs de la face antérieure d'une cuve évasée de sarcophage. Selon toute vraisemblance, les deux fragments appartiennent à une seule et même face. Il suffirait de remonter légèrement le morceau de droite pour retrouver la continuité de la scène.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre de Saint-Béat.
Marbre blanc-gris, saccharoïde à gros grains.
Marbre des Pyrénées.
Dimensions en cm
Cuve : panneau principal : H. cons. 51.
Fragment 1 : gauche : L. cons. 75.
Fragment 2 : droite : L. cons. 37.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Outil
ForetCiseau
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Détermination
Assurée
Décor
Figuratif
Description du décor
Cuve historiée à décor en registres et panneau médian.
Il s'agit d'une scène bucolique comprenant un berger, son chien à ses pieds et les bêtes du troupeau disséminées dans une campagne plantée d’arbres.
Le fragment de gauche, qui présente une longue cassure longitudinale, provient d’une cuve évasée, si l’on en croit l’inclinaison du pilastre d’angle. À ce pilastre, qui est cannelé et rudenté, et que couronne un chapiteau à deux rangées de feuillages aux extrémités recourbées, correspond un second pilastre exactement semblable, divisant la surface en deux compartiments inégaux dans l’état actuel des choses. Entre les deux pilastres, c’est-à-dire sur le panneau de gauche, deux scènes sont superposées. En haut, un chasseur attaque à coups d’épieu un sanglier qui paraît sortir d’un repli de terrain limité par un arbre au feuillage compact. Son chien, prêt à mordre, se précipite sur la bête sauvage. En bas, deux béliers, dont le sexe et la toison sont soigneusement indiqués, s’affrontent dans un paysage marqué par deux arbres symétriquement disposés. Du panneau suivant, il ne reste, à droite du second pilastre, qu’un petit fragment d'une scène champêtre. Un berger s’appuie sur un bâton, à l’ombre d’un arbre. Au-dessous de la masse de terrain sur laquelle il est debout, on aperçoit l’arrière-train d’un animal difficile à identifier.
Sur le fragment de droite, plus petit, limité à droite par une colonnette cannelée en spirale et terminée par un chapiteau à feuillage travaillé au trépan, on voit un chien assis, la tête tournée en arrière, et une chèvre couchée. Un arbre et deux boucs leur sont superposés.
Scène pastorale.
Scène de chasse.
Inscription
Non
Datation
375 .. 425
Discussion
La longueur conservée (1,12 m) est trop considérable pour une face latérale. Il s'agit de la partie gauche d’une face principale évasée. Celle-ci était partagée en panneaux historiés par des motifs architecturaux différents : pilastres dans deux cas, colonnette dans le troisième. Cette iconographie de façade est très rare, car les scènes historiées sont généralement réservées aux petits côtés des cuves. Les caractères du style ne sont pas moins intéressants. On se souvient encore des effets obtenus par la sculpture classique. C’est ainsi que les éléments des compositions sont superposés pour donner l’impression de la profondeur et que le modelé est utilisé à bon escient. En fait, cependant, la sculpture tend à se réduire à deux plans : la surface réservée pour les motifs, et le fond assez profondément creusé (environ 5 cm). Les qualités décoratives, au service du symbolisme, prennent le pas sur la représentation du réel, et l’emploi du foret - notamment pour le feuillage des arbres - concourt à une recherche des effets d’ombre et de lumière qui remplace la volonté d’exprimer les volumes et le relief.
Atelier du Sud-Ouest.
Atelier toulousain.
2e tiers du Ve s. (Repertorium)
Publications
GUILHERMY Ferdinand de, Description des localités de la France, Manuscrits, Paris, BnF, s.d. BnF, Département des manuscrits, Nouvelles acquisitions françaises, 6110, f° 132.MEGE Alexandre du, Archéologie Pyrénéenne, Toulouse : Delboy, librairie-éditeur, 1862 (Paris, 1833), pl. LXV, 4 et 5.MEGE Alexandre du, Monographie de l’insigne basilique de Saint-Saturnin, Paris-Toulouse : Didron-Cluzon, 1854, p. 98.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, p. 123, n° 150, 150a, pl. XXXVIII, 2.LECLERCQ Henri, « Chasse », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 3, n° 1, 1913, col. 1090, fig. 2682.LECLERCQ Henri, « France », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 5, n° 2, 1923, col. 2516, n° 266.AURIOL A. et REY Raymond, La basilique Saint-Sernin de Toulouse, par le chanoine A. Auriol et Raymond Rey., Toulouse : E. Privat, 1930, p. 348.WARD-PERKINS John Bryan, « The sculpture of Visigothic France », Archaeologia, vol. 87, 1938, p. 126, n° 120.LECLERCQ Henri, « Sarcophage », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 15, n° 1, 1952, col. 866.LECLERCQ Henri, « Toulouse », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 15, n° 2, 1952, col. 2474, n° 2-3.SASSIER Aymeric, La sculpture paléochrétienne et préromane en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-IXe siècles). Évolution du sarcophage. Influences orientales, Thèse de 3e cycle, Université de Toulouse, Toulouse, 1956, p. 564-565, p 569-570; p. 632, fig. 72, pl. XXI.BRIESENICK Brigitte, « Typologie und Chronologie der sudwestgallischen Sarkophage », Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseum Mainz, vol. 9, 1962, p. 159, n° 14.LABROUSSE Michel, Toulouse antique des origines à l’établissement des Wisigoths, Paris : De Boccard, 1968, p. 473-474.DURLIAT Marcel, Alexandre Du Mège, Inspecteur des Antiquités de la Haute-Garonne, 1780-1862 [Catalogue d’exposition, Toulouse, Archives départementales de la Haute-Garonne, 1972], Toulouse : Archives départementales de la Haute-Garonne, 1972, p. 38, n° 54, n° 55.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, vol. 2, 2), p. 307, n° 18.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 112, p. 85-86, pl. LIV, 112.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p. 259, n° 549, tafel 134, 6.
Littérature grise
MATSAKIS P., L’art des sarcophages paléochrétiens de Toulouse (Ve-VIIe siècles), Mémoire de D.E.S. : Faculté des Lettres et Sciences humaines de Toulouse, 1956, p. 14, p. 66-67, pl. IX/DEROO Christophe, La sculpture funéraire chrétienne du département de la Haute-Garonne antérieure à l’an mil, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 162-166, n° 62, pl. XXXVI a.
Dernière MAJ
21 Dec 2025
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20448 - Sarcophage - Basilique Saint-Sernin à Toulouse - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20448
 
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