Historique
Face antérieure d'un sarcophage encastrée dans le mur du portail du cimetière, à l’intérieur, à gauche en entrant, à 1,40 m de hauteur. Jean Boube pense que la cuve dont provient cette façade - qui occupe son emplacement actuel au moins depuis la fin du XIXe siècle - aurait été découverte sur place, peut-être aux abords de l’ancienne église Saint-Jacques dont un pan de mur se dresse encore dans l’enceinte du cimetière. Peut-être avait-elle été extraite au Moyen Age d’une nécropole voisine, comme Martres-Tolosane, Saint-Cizi (commune de Cazères) ou Saint-Martory, sans que soit néanmoins exclue la possibilité d’une présence à Mancioux dès le Haut Moyen Âge, en raison de l’existence possible de quelque sanctuaire paléochrétien.
Etat de conservation
Face antérieure d’un sarcophage, brisée en cinq morceaux.
Précision sur le matériau
Marbre de Saint-Béat.
Marbre des Pyrénées.
Marbre bleuté.
Dimensions en cm
Cuve : panneau principal : L. 195 (haut) - 185 (bas) ; H. 43 ; relief 5.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Semi-méplat
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Description du décor
Cuve architecturée à pilastres d'angle et trois panneaux délimités par des pilastres.
De forme trapézoïdale, cette face est divisée en trois compartiments par des pilastres cannelés et rudentés, dont les chapiteaux présentent quatre éléments superposés : une corbeille ornée de deux feuilles nues aux extrémités recourbées, deux volutes surgissant entre ces deux feuilles, un abaque qui libère un volumineux dé médian et un tailloir. Ces deux derniers éléments, fort épais, paraissent écraser la corbeille.
À cette lourdeur de certaines formes correspond une apparente négligence dans le dessin du grand chrisme entouré par un cercle mouluré qui occupe tout le panneau central. Non seulement l’alpha et l’oméga sont placés en ordre inverse - une telle disposition n’est pas rare sur les sarcophages du Sud-Ouest de la Gaule, ni même dans les inscriptions - mais il y a une autre anomalie plus rare : l’oméga, au lieu de prendre la place habituelle de l’alpha, est allé se loger entre la branche supérieure du khi et la haste du rhô (dont la boucle est ouverte). Jean Boube a interprété ces licences comme la marque de l’ignorance de l’ouvrier.
Les deux panneaux latéraux sont décorés de deux compositions végétales très parentes, sans qu’il y ait cependant jamais copie servile. Il s’agit dans chaque cas de deux tiges avec feuilles, grappes et vrilles, issues d’un vase et qui développent leurs enroulements d’une manière symétrique. Les variantes concernent la forme du vase - lisse à gauche, godronné à droite - ainsi que la grosseur des grappes, le nombre des feuilles et le jeu des vrilles. Il semble que l’ouvrier ait prolongé dans la manipulation des lettres du chrisme la liberté d’action qu’il s’accorde pour varier la taille et la disposition des éléments du motif décoratif des pampres, tout aussi « canonique » dans l’art funéraire que le monogramme du Christ. Il pouvait même se prévaloir d’une plus grande antiquité, puisqu’il avait déjà joui de la faveur des marbriers païens d’Aquitaine. Précisément, ces thèmes usés par un trop long usage avaient sans doute perdu un peu de leur vertu symbolique. On retenait surtout leur valeur décorative.
Publications
BOUBE Jean, « Le sarcophage paléochrétien de Mancioux (Haute-Garonne) », Revue de Comminges, vol. 68, 1955, p. 152-158, p. 154, fig.BOUBE Jean, « Les sarcophages paléochrétiens de Martres-Tolosane (Haute-Garonne) », Cahiers archéologiques, vol. 9, 1957, p. 66-68, n° 38, p. 67, fig. 48.BRIESENICK Brigitte, « Typologie und Chronologie der sudwestgallischen Sarkophage », Jahrbuch des Römisch-Germanischen Zentralmuseum Mainz, vol. 9, 1962, p. 156, n° 60.GAVELLE Robert, « Pour l’histoire de Convenae, Quelques repères », Revue de Comminges, 1962, p. 17.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, vol. 2, 2), p. 317, n° 72.DEROO Christophe, DURLIAT Marcel et SCELLES Maurice, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 4. Haute-Garonne, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1987 (vol. 4/4), n° 10, p. 30-31, pl. V, 10.
Littérature grise
DEROO Christophe, La sculpture funéraire chrétienne du département de la Haute-Garonne antérieure à l’an mil, Mémoire de maîtrise : Université de Toulouse Le Mirail, 1981, p. 78, n° 5 (1) et pl. IIb.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
C. Deroo, M. Durliat, M. Scellès, B. Mérel-Brandenburg, "20443 - Sarcophage - Cimetière à Mancioux - Haute-Garonne (31)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/20443