Historique
Cette plaque sculptée - repérée en 1915 dans le mur d'une maison détruite par un incendie à Naz - a été retrouvée en 1928 sous un tas de bois dans un hangar par Hippolyte Gosse, conservateur du musée d'art et d'histoire de Genève qui s'en est porté acquéreur.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
EPI 803
Etat de conservation
Cette plaque présente trois côtés intacts, seule la partie supérieure est incomplète.
Dimensions en cm
H. cons. 80 ; l. 69 ; Ep. 12.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Méplat
Typologie
Mobilier liturgique.Chancel
Morphologie
Plaque rectangulaire.
Description du décor
Trois bordures lisses encadrent le décor couvrant. Il est constitué par un entrelacs à trois brins formant des rectangles liés entre eux par des noeuds. Il forme, le long de la bordure, un cadre à partir duquel il trace ce réseau géométrique de rectangles. Ces rectangles renferment des motifs qui sont identiques sur chaque rangée horizontale sauf à la quatrième où, exceptionnellement, une feuille remplace les grappes des trois autres cadres.
Sur la rangée du sommet figurent des croix aux bras dont les extrémités sont terminées en spirale. La deuxième rangée comprend des disques supportant des marguerites à sept pétales autour d'un bouton central. Les deux rangées suivantes renferment des grappes de raisin dont les grains assez gros sont limités par un trait continu.
Discussion
Le type de grappes semble apparaître à l'extrême fin du VIIIe siècle sur des fragments de la cathédrale de Vintimille, exécutés par l'atelier qui a travaillé au tombeau de saint Pons à Cimiez entre 775 et 800. Au début du IXe siècle, ces grappes se retrouvent sur le ciborium de Saint-Apollinaire-in-Classe à Ravenne (daté de 806-816) et sur un pilier du chancel de Schaennis (1er quart IXe s.). Dans ces deux cas, le traitement des grappes est plus soigné que sur le relief provenant de Naz, mais des grappes très semblables décorent la plaque qui sert de devant d'autel dans l'abside méridionale de l'église Saint-Jean à Müstair. Selon E. Chatel, cette plaque était sans doute à l'origine un panneau de chancel et le couvent de Müstair parait avoir été fondé entre 780 et 786.
Les autres exemples datés d'entrelacs noués en rectangles ou en carrés nous ramènent à l'extrême fin du VIIIe et au IXe siècles. Ce type d'entrelacs existe également en Lombardie à San Andrea de Maderno, à San Filastro de Mosio et sur le pilastre nord du portail situé au centre de la façade de Saint-Ambroise de Milan (IXe s.). En Provence et dans tout le Sud-Est de la France, les seuls entrelacs rectangulaires connus actuellement se trouvent à Lyon, Vienne et Saint-Jean-de-Maurienne, donc proche de la Suisse et de l'Italie.
Littérature grise
notes manuscrites d'Élisabeth Chatel.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
É. Chatel, A. Flammin, "18789 - Chancel - Monnetier-Mornex - Haute-Savoie (74)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/18789