Historique
Découvert le 6 janvier 1959, lors de travaux de terrassement sur un terrain appartenant à Fr. Taffanel. Il a été cédé par le propriétaire au musée archéologique.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
59.1.1
Etat de conservation
Seule la cuve est conservée, le bandeau inférieur est légèrement endommagé ainsi que l’angle droit haut de la cuve.
Précision sur le matériau
Marbre à gros grain, du Proconnèse.
Dimensions en cm
H. 67 ; L. 217 ; l. 69 ; Ep. cons. 8 ; P. int. 50.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Haut-relief
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Morphologie
Cuve rectangulaire.
Iconographie
Nouveau Testament - Miracles de Jésus.Multiplication des pains et des poissonsAncien Testament - Histoire de MoïseNouveau Testament - Guérison.Guérison de l'aveugle-néNouveau Testament - Guérison.Guérison du paralytique de CapharnaümAncien Testament - Histoire de Daniel.Daniel dans la fosse aux lionsNouveau Testament - Guérison.Guérison du fils de la veuve de Naïn
Description du décor
Cuve de sarcophage à arbres et scènes juxtaposées.
La cuve rectangulaire de grandes dimensions est divisée sur la face antérieure en sept niches par les troncs d’arbres, dont les frondaisons peuplées d’oiseaux, sont régulièrement espacées et non jointives. Les deux arbres entourant l’orante sont des palmiers stylisés et non des oliviers, habités de deux phénix, oiseaux mythiques, censés renaître de leurs cendres et symboles de la résurrection. Les scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, traitées en haut relief, s’organisent autour de la figure centrale de l’Orante symbolisant l’accession promise à la vie éternelle. La femme, drapée dans sa palla aux plis retombant en éventail sur ses pieds chaussés, légèrement déhanchée, le genou gauche en avant et la poitrine apparente sous la palla. Son manteau lui couvre la tête et lui barre le torse, puis s’enroule autour de son bras gauche étendu en posture de prière. À ses pieds, est posé un scrinium ou coffre aux volumina. À l’extrémité gauche, Moïse drapé dans un manteau dont les plis en V et arrondis épousent subtilement les mouvements du corps, écoute la parole de Dieu. Le genou droit fléchi sur le rocher, il tient de la main droite la lanière en partie déroulée et délace sa sandale. Le buste et la tête tournés à droite, il regarde la main de Dieu qui, dans une nuée, illustre à la fois Yahvé et le Buisson ardent (Exode III, 2-5). La seconde scène, la Multiplication des pains et des poissons, est représentée conventionnellement, le Christ debout, juvénile, imberbe, à la chevelure bouclée en coquille, vêtu d’une tunique et d’un manteau drapé, tient dans la main droite une baguette qu’il pose sur les deux paniers disposés devant lui (Mt. 15, 15-25 ; Jn 6, 5-14) et pose sa main gauche sur le panier que lui présente un disciple, barbu, au second plan ; ensuite la Guérison de l’Aveugle-né, le Christ touche les paupières de l’infirme, vêtu de haillons avec son pouce droit enduit de salive et de boue en présence d’un disciple. Il serre dans la main gauche un rotulus symbole de la Nouvelle Loi. À droite de l’Orante, est illustrée la Guérison du paralytique. Le Christ juvénile en position frontale, vêtu d’une tunique et d’un manteau dont il retient le pan de la main gauche, impose l’autre main au-dessus du paralytique guéri. De petite taille, habillé d’une tunique courte, ceintrée et plissée, il emporte son grabat. Un disciple, barbu, chevelure courte, couvert d’une tunique et d’un manteau plissé, assiste en retrait au miracle.
Daniel dans la fosse aux lions, nu dans l’attitude de l’orant. Le visage est encadré d’une coiffure en boule aux mèches soulignées au trépan. Le corps est traité avec réalisme laissant saillantes les veines jugulaires, les clavicules et dessinant la cage thoracique ; les bras et avant-bras sont frêles et les mains disproportionnées. Aux pieds, deux lions, la gueule ouverte, le menacent. Puis la Résurrection du fils de la veuve de Naïn, le cercueil est évoqué par le coffre reposant sur des bases à têtes félines, dans l’angle inférieur droit ; Jésus tient de la main droite, comme dans la scène de la Multiplication des pains et des poissons, une baguette tendue vers le cercueil. Chaque scène de miracle se déroule en présence d’un disciple.
Discussion
La datation de la cuve de l’Orante Taffanel peut être précisée grâce aux comparaisons avec le sarcophage des Minimes d’Arles. Ce dernier, exceptionnel par sa facture, a été élevé par F. Benoit au rang de prototype, et les exemplaires de Saint-Genest de Trinquetaille (volume III, pl. 93. 3) (Repertorium 3, n°297, pl. 75. 1), de Marseille (cuve de Chrysante et Darie) (volume III, pl. 93. 3) (Repertorium 3, n°70, pl. 26. 4), du Bédoin et de Narbonne en dériveraient. On s’accorde dorénavant à considérer qu’elles sont contemporaines.
Zone de production : Rome.
Publications
PERRET Vincent, « Un cimetière préroman, sous le bras Sud du transept de l’église abbatiale de Lagrasse », Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, vol. 25, 1957-1958, Procès-verbaux, 04.03.1959, p. CCXIV-CCXVI.HELENA Philippe, « Le sarcophage paléochrétien de l’orante [Procès-verbal du 07.01.1959] », Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, vol. 24, no 2, 1957-1959, 07.01.1959, p. CCVII-CCVIII.PERRET Vincent, « Le cimetière paléochrétien de Narbonne, les nécropoles antiques et le nouveau sarcophage à arbres du terrain François Taffanel », in 33e congrès de la fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon (Bagnols, 1959), Montpellier : Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon, 1963, p. 13-21, fig. 16, p. 18.OLIVIERI FARIOLI Rafaella, « Sarcofagi paleocristiani “ad alberi” », Corsi di cultura sull’arte ravennate e bizantina, vol. 13, 1966, p. 361, n° 5, fig. 3 (350/360).FEVRIER Paul-Albert, « La sculpture funéraire à Arles au IVe et début du Ve siècle », in XXV corso di cultura sull’arte Ravennate et Bizantina, Ravenne : Edizioni del Girasole, 1978, p. 183.DAEL Petrus Canisius Joannes van, De Dode : een hoofdfiguur in de oudchristelijke kunst : een iconografische studie over de afbeelding van de dode in de oudchristelijke grafkunst, Proefschrift, Academische pers, Amsterdam, 1978, p. 268, n° II, 50 (350/360).NAUERTH Claudia, Vom Tod zum Leben : Die christlichen Totenerweckungen in der spätantiken Kunst, Wiesbaden : Harrassowitz, 1980 (Göttinger Orientforschungen, 2), p. 11-13, n° 5, fig. 7.SOLIER Yves, Narbonne (Aude) : les monuments antiques et médiévaux, le Musée archéologique et le Musée Lapidaire, Paris : Imprimerie nationale, 1986 (Guides archéologiques de la France, 8), p. 110, n° 118, fig.75.SOLIER Yves, La basilique paléochrétienne du Clos de la Lombarde à Narbonne. Cadre archéologique, vestiges et mobilier, Paris : CNRS Éditions, 1991 (Revue archéologique de Narbonnaise. Supplément, 23), p. 19.DELLONG Éric, MOULIS Dominique, FARRE Josy et LECLANT Jean Préfacier, Carte archéologique de la Gaule 11-1 : Narbonne et le Narbonnais, Paris : Académie des inscriptions et belles lettres, 2002, p. 352, n° 101, fig. 408.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mayence : Philipp von Zabern, 2003, p. 175, n° 366, pl. 90,1-3 (Atelier romain, milieu IVe siècle).
Littérature grise
MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l’Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université de Paris IV - Sorbonne, Paris, 2007, cat. 155, pl.194, fig. 1-4.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "18481 - Sarcophage - Nécropole Nord Via Domitia à Narbonne - Aude (11)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/18481