18394 - Sarcophage - Église Saint-Pierre à Vienne - Isère (38)

 Sculpture: id 18394

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Objet
Sarcophage
Historique
Delorme indique la provenance du fragment b, trouvé dans l’enceinte de l’abbaye de Saint-Pierre. Il en est probablement de même pour les deux autres fragments.
Lieu de conservation
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
2006.0.482a ; 2006.0.482b ; 2006.0.482c (ancien R.2006.1.12)
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
il ne subsiste que trois fragments de la face longitudinale avant de la cuve et une petite partie du petit côté droit. La partie supérieure du décor conservé est largement amputée. Le couvercle a disparu. Trois autres petits fragments devaient appartenir aux petits côtés (N°inv.  R.1996.1.127a/c127abc) / 2007.0.85 / 2007.0.86) : voir ID 18395.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Le marbre blanc-grisâtre d'une grande transparence des trois premiers fragments a été analysé par les archéomètres d’un Laboratoire grec et pourrait être du Proconnèse, ou bien du Paros (échantillon MVSA2) . C’est le laboratoire NCSR “Demokritos” en Grèce qui a réalisé cette étude. Sur ces analyses : V. Gaggadis-Robin, J.-L. Prisset, D. Tambakopoulos, Y. Maniatis, « Provenance Investigation of some Funeral Marble Sculptures from Ancient Vienna (France) », Interdisciplinary Studies on Ancient Stone, ASMOSIA X, Proceedings of the Tenth International Conference of ASMOSIA (Association for the Study of Marble & Other Stones in Antiquity), Rome, 21-26 Mai 2012, P. PENSABENE, E. GASPARINI (eds.), p. 725-738, et plus particulièrement p. 734-735.. Si ce sarcophage est bien daté du IVe siècle, ils soulignent que le Proconnèse est l'origine la plus probable, car tout porte à croire que le marbre de Paros n'est pratiquement plus utilisé après le IIe ou le IIIe siècle de notre ère. Ils ajoutent que cette preuve provient du fait que très rarement des objets datant d'après le 3e siècle après J.-C. ont été diagnostiqués comme étant faits de marbre de Paros. Ils n’excluent néanmoins pas totalement la possibilité d'un marbre de Paros provenant de gisements à Rome. Sur ce sujet : Y. MANIATIS, K. POLIKRETI, “The characterisation and discrimination of Parian marble in the Aegean region”, in D. U. SCHILARDI, D. KATSONOPOULOU (eds.), Paria Lithos : Parian quarries, marble and workshops of sculpture, Archaeological and Historical Studies 1, First international conference on the archaeology of Paros and the Cyclades, Paros, 2-5 October 1997, The Paros and Cyclades Institute of Archaeology, Athens, 2000, p. 575-584.
Dimensions en cm
Fragment a : H. 57 ; L. 29 ; Ep. 13
Fragment b : H. 40 ; L. 58
Fragment c : H. 41 ; L. 37
Type et technique de sculpture
Technique.Taille
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Détermination
Assurée
Décor
FiguratifVégétalGéométrique
Iconographie
Nouveau Testament - Vie publique de Jésus.Rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de JacobNouveau Testament - Guérison.Miracle de la Cananéenne ou guérison de l’hémorroïsse
Description du décor
La première scène (a) représente la Cananéenne agenouillée qui tend ses mains vers le Christ accompagné d un apôtre, probablement saint Pierre. Celui-ci est toujours associé à la Cananéenne, première païenne qui crut à la divinité du Christ. Le fragment (b) comporte deux scènes séparées par une colonnette. A gauche, sont représentés deux apôtres ; celui qui tient un volumen étant probablement saint Paul. A droite, le centurion, les mains enveloppées dans son manteau, implore le Christ qui est accompagné d’un apôtre. Le centurion est rarement représenté dans la sculpture funéraire. Le fragment (c) montre la rencontre du Christ et de la Samaritaine. Cette scène est la dernière à droite sur la face principale de la cuve. Sur le fragment conservé, on distingue le départ du petit côté latéral. Il est divisé en deux registres séparés par une bande plate. Un décor d'écailles orne la partie supérieure. Le motif de la partie inférieure est moins fréquent. Il s’agit d'hémicycles adossés par leur côté arrondi ; ils sont disposés par paires tantôt dressées, tantôt couchées.
Les trois autres fragments (ID 18695), du petit côté de la cuve encore conservés, sont décorés d’imbrications (peltes) et d'hémicycles comme ceux du petit côté latéral précédent. Une bande unie sépare les deux registres sur les fragments a et b. La partie supérieure est ornée d'imbrications en forme d'écailles, appelé peltes et la partie inférieure d'hémicycles disposés deux à deux, adossés par leur côté circulaire. Chaque paire de ces hémicycles dressés alterne avec une paire d’hémicycles couchés. Le motif, très proche de celui des peltes, est plus rarement représenté sur les sarcophages.
Inscription
Non
Datation
300 .. 399
Discussion
Wilpert a reconstitué cette cuve de sarcophage en rapprochant trois fragments conservés autrefois séparément, mais qui appartiennent certainement au même monument. En effet, les niches ont la même largeur, les personnages la même hauteur ; les colonnettes lisses sont pourvues des mêmes bases ; enfin le marbre est identique dans les trois fragments.Wilpert a tenté une reconstitution du sarcophage entier. La scène de l’Anastasis était représentée au centre ; comme partout en France, elle a totalement disparu. A gauche, un groupe composé de saint Pierre et un apôtre devait être le pendant du fragment b. Ensuite, le Centurion correspond à la Cananéenne. A l'angle gauche du sarcophage, Wilpert suppose le reniement de saint Pierre en se référant aux exemples de Saint-Maximin, du sarcophage de la collection Meynierde Salinelles à Nîmes, et d'un sarcophage de Saint-Honorat aux Aliscainps, maintenant au Musée d’Arles. Wilpert date cette cuve de sarcophage de la fin du IVe siècle, au plus tard. Gerke l'attribue à la première moitié du même siècle.
Selon Brigitte Christern-Briesenick, ce sarcophage provient sans doute des ateliers urbains romains et date du dernier tiers du IVe siècle. Malheureusement, l’absence de contexte stratigraphique lié à la découverte de ce type de sarcophages, souvent ancienne, ne permet pas de pousser beaucoup plus avant la question de leur datation.
Publications
DELORME Thomas-Claude, Description du Musée de Vienne (Isère) : précédée de recherches historiques sur le Temple d’Auguste et de Livie, Vienne : Girard, 1841, p. 125-126, n° 6.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, p. 20, n° 19, 20, 21, pl. V, 1, 2, 3.LECLERCQ Henri, « Centurion », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 2, n° 2, 1910, col. 3259, fig. 2345.WILPERT Joseph, « Les fragments de sarcophages chrétiens de Vienne (Isère) », Rivista di archeologia cristiana, vol. 7, 1930, p. 47-52, fig. 1 et 2.WILPERT Joseph, « Les fragments de sarcophages chrétiens de Vienne (Isère) », Bulletin de la Société des amis de Vienne, vol. 25-26, 1929–1930, p. 57-62, fig. 1 et 2.WILPERT Joseph, I sarcofagi cristiani antichi, t. II, Rome, 1932, pl. CCXL.GERKE Friedrich, Die christlichen Sarkophage der vorkonstantinischen Zeit, Berlin : De Gruyter, 1940 (Studien zur spätantiken Kunstgeschichte, 2), p. 353.FAURE Maurice, Vienne, ses monuments chrétiens, Vienne : Blanchard frères, 1948 (Bibliothèque régionale d’histoire de l’art), p. 18-19, photographie.LECLERCQ Henri, « Vienne », Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, vol. 15, n° 2, 1953, col. 3090.PELLETIER André, « Vienne gallo-romaine au Bas-Empire, 275-468 après J.-C. », Bulletin de la Société des amis de Vienne, n° 2, 1974, p. 148-149, fig. 28.BONY Renée, JANNET-VALLAT Monique, SOUBEYRAN Muriel, et MUNICIPALITE DE VIENNE, avec une contribution de Roger LAUXEROIS et Jean-François REYNAUD, À la découverte de Vienne médiévale. Cinq ans de recherches archéologiques. Musée de Saint-André-le-Bas 1974-1978. [Catalogue d’exposition, Musée Saint-André-Le-Bas, du 9 juin au 31 octobre 1978], Vienne : Musée de Saint-André-le-Bas, 1978, p. 22, n° 32, photographie.CHATEL Élisabeth, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 2. Isère, Savoie et Haute-Savoie, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1981 (vol. 2), n° 126, p. 76-77, pl. XLIII, 126, 126 a à c et pl. XLIV, 126.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte , Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Deutsches Archäologisches Institut, herausgegeben von Thilo Ulbert ; bearbeitet von Brigitte Christern-Briesenick ; vorarbeiten von Giuseppe Bovini und Hugo Brandenburg, 2003, p. 267-268 n° 577, pl. 137, 3-5.GAGGADIS-ROBIN Vassiliki , Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne. Etude des marbres des sculptures antiques, Musée Saint-Raymond Toulouse, Novembre 2012, Toulouse, France, p. 8, fig. 32.
Auteur(s) de la notice
Dernière MAJ
25 Nov 2024
Indiquer
É. Chatel, A. Flammin, "18394 - Sarcophage - Église Saint-Pierre à Vienne - Isère (38)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/18394
 
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