Historique
Elle se trouvait autrefois dans la chapelle des Macchabées ou de Saint-Maurice-le-Vieux, sur le côté est des petits cloîtres, au nord de la cathédrale. Chorier indique qu'« il est enseveli sous une arcade pratiquée dans la muraille, au côté droit de l’autel ». Le cloître et les chapelles furent détruits en 1805, mais des fouilles pratiquées en 1845, sur l’emplacement de la chapelle de Maguelone, mirent à découvert, à un mètre de profondeur environ et au côté droit de l'autel, une cuve en marbre blanc. Elle renfermait des ossements intacts enveloppés d'un vêtement de couleur violette. Terrebasse a relaté tous les détails de cette découverte. Le sarcophage fut déposé à la cathédrale, puis transféré en 1955 au musée.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
R. 1996.1.108 et n°inv. 2006.0.474
Etat de conservation
il ne subsiste que la face antérieure de la cuve rectangulaire, le petit côté droit et le départ de la face postérieure. Une cassure horizontale traverse la cuve dans la partie haute et deux autres brisures en oblique endommagent la partie centrale du décor. Le couvercle n’est pas conservé.
Conditions de remploi
Ce sarcophage avait été remployé en 1409 pour la sépulture d’Antoine de Lovier, trésorier du pape Clément VII et évêque de Maguelone, qui, lorsqu'il était chanoine de l'église de Vienne, avait orné la chapelle de peintures.
Précision sur le matériau
L’analyse pétrographique du marbre, mené par des archéomètres d’un Laboratoire grec, a montré qu’il s’agissait d’un marbre Pentéli. Le marbre pentélique, du mont Pentéli, est extrait au nord d'Athènes. C’est le laboratoire NCSR “Demokritos” en Grèce qui a réalisé cette étude. Les échantillons prélevés ont été confiés pour analyse au laboratoire d’Archéométrie de Dimocritos à Athènes. Yannis Maniatis et son équipe y ont pratiqué les techniques d’analyse des isotopes stables (Stable Isotope Analysis IRMS), de l’évaluation de la taille maximum du grain (MGS : Maximum Grain Size), ainsi que l’association de deux, et la technique de spectroscopie EPR (Electron Paramagnetic Resonance Spectroscopy). Par ailleurs sur certains échantillons a été pratiquée par Annie et Philippe Blanc également la méthode de cathodoluminescence (CL). Vassiliki Gaggadis-Robin, Bilan des analyses des sarcophages en marbre à Arles et à Vienne. Etude des marbres des sculptures antiques, Musée Saint-Raymond Toulouse, novembre 2012, Toulouse, France, p. 2, fig. 13-15. Sur les résultats des analyses on consultera aussi : V. Gaggadis-Robin, J.-L. Prisset, D. Tambakopoulos, Y. Maniatis, « Provenance Investigation of some Funeral Marble Sculptures from Ancient Vienna (France) », Interdisciplinary Studies on Ancient Stone, ASMOSIA X, Proceedings of the Tenth International Conference of ASMOSIA (Association for the Study of Marble & Other Stones in Antiquity), Rome, 21-26 Mai 2012, P. Pensabene, E. Gasparini (eds.), p. 725-738, et plus particulièrement p. 736-737.)
Dimensions en cm
H. 40 ; L. 199 ; l. 59 ; Ep. 7.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Morphologie
Cuve rectangulaire.
Décor
GéométriqueSymboliqueVégétal
Description du décor
La face principale est divisée en trois panneaux qui n'en occupent pas la totalité, les extrémités restant brutes. La partie centrale, légèrement concave, est décorée d’un grand chrisme inscrit dans une couronne à lemnisques (deux sortes de ruban placés à la base). Deux bandeaux plats le limite dans les parties inférieure et supérieure. La boucle du rhô est fermée et les branches du chrisme sont légèrement évasées à leur extrémité. Le cercle de la couronne présente des stries rappelant une couronne de laurier. De petites perforations circulaires régulièrement espacées marquent les pourtours intérieur et extérieur de l’anneau et trois autres séries rehaussent en ligne le centre de l’anneau au-dessus du rhô ou les deux parties inférieures à droite et à gauche, ainsi que les lemnisques. De part et d’autre du chrisme, dans la partie haute, deux tiges striées verticalement, voient s’épanouir, au-dessus d’un double anneau, trois feuilles en éventail, rehaussées de nervures. Elles présentent également, sur leurs pourtours, les mêmes petites perforations. Le chrisme est encadré par deux autres panneaux rectangulaires cernés par une large moulure plate renfermant des peltes qui dessinent une sorte de grille. Ceux du panneau droit présentent également des perforations à chaque angle et au centre de la courbure supérieure. Ces deux panneaux ne se développent pas jusqu’aux extrémités de la cuve où la surface, juste aplanie, présente encore les traces des outils de taille .
Discussion
Le sarcophage viennois témoigne du désintérêt progressif pour le traitement plastique d’esprit classicisant qui prévalait au départ sur les sarcophages paléochrétiens. Les formes sont de plus en plus stylisées, et le relief est en méplat. Ce sarcophage pourrait être dater de la fin du IVe ou du début du Ve siècle.
Publications
CHORIER Nicolas et COCHARD Nicolas-François, Recherches sur les antiquités de la ville de Vienne, métropole des Allobroges, capitale de l’Empire Romain dans les Gaules et des deux royaumes de Bourgogne, Nouvelle édition conforme à celle de 1659, revue, corrigée et augmentée, Lyon : Millon, 1828, p. 225-226.LEBLANC Joseph, « Les découvertes faites à Vienne depuis l’année 1841 jusqu’à ce jour », in Congrès archéologique de France, 46e session (Vienne, 1879), Vienne : Société française d’archéologie, 1880, p. 21.ALLMER Auguste et TERREBASSE Alfred de, Inscriptions antiques et du Moyen Âge de Vienne en Dauphiné. Première partie : inscriptions antiques antérieures au VIIIe siècle. Tomes I, III et IV, Paris : Ernest Thorin, 1875 (Inscriptions antiques de Vienne, 1), t. II, 1875, p. 207, n° 498.ALLMER Auguste et TERREBASSE Alfred de, Inscriptions antiques et du Moyen Âge de Vienne en Dauphiné. Première partie : inscriptions antiques antérieures au VIIIe siècle. Tomes I, III et IV, Paris : Ernest Thorin, 1875 (Inscriptions antiques de Vienne, 1), t. IV, 1876, p. 444-445, n° 1956.ALLMER Auguste et TERREBASSE Alfred de, Inscriptions antiques et du Moyen Âge de Vienne en Dauphiné. VII, Atlas des inscriptions, Vienne : Girard, 1875 (Inscriptions antiques de Vienne, 7), n° 321.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, p. 24, n° 29BEGULE Lucien et BOUVIER Jules, L’Eglise Saint-Maurice, ancienne cathédrale de Vienne en Dauphiné, son architecture, sa décoration, Paris : Laurens, 1914, p. 17, p. 122, fig. 101.BONY Renée, JANNET-VALLAT Monique, SOUBEYRAN Muriel, et MUNICIPALITE DE VIENNE, avec une contribution de Roger LAUXEROIS et Jean-François REYNAUD, À la découverte de Vienne médiévale. Cinq ans de recherches archéologiques. Musée de Saint-André-le-Bas 1974-1978. [Catalogue d’exposition, Musée Saint-André-Le-Bas, du 9 juin au 31 octobre 1978], Vienne : Musée de Saint-André-le-Bas, 1978, p. 16-17, n° 13.CHATEL Élisabeth, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (IVe-Xe siècles). 2. Isère, Savoie et Haute-Savoie, Paris : Comité des travaux historiques et scientifiques, 1981 (vol. 2), n° 108, p. 64-65, pl. XXXV, 108.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
É. Chatel, A. Flammin, "18375 - Sarcophage - Cathédrale Saint-Maurice à Vienne - Isère (38)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/18375