17845 - Marche - Hypogée des Dunes à Poitiers - Vienne (86)

 Sculpture: id 17845

MEDIA

LINKED MEDIA
Objet
Marche
Historique
Découverte lors des fouilles de C. de La Croix en 1878, toujours à sa place d'origine aujourd'hui.
Statut MH
Classé au titre des Monuments Historiques
Etat de conservation
Cette marche est brisée en deux morceaux distincts par une cassure située à droite au trois quart de la longueur. L'extrémité sud a également été cassée obliquement en endommageant une partie du décor. La longue surface plane supérieure comporte une bordure d'environ 7 cm de large, parcourue de sillons gravés laissés par un ciseau (elle n'est maintenant plus visible car réenfouie sous la terre) qui longe une inscription très incomplète. L'angle de la marche et de la contremarche est très érodé et a subi quelques enlèvements : un fragment semble avoir été cassé puis reconsolidé dans le premier quart de la pièce. Il a ouvert une brèche qui rejoint le bord opposé. Plus à gauche, on pourra remarquer un petit enlèvement triangulaire. La contremarche est en très mauvais état de conservation. Elle est très irrégulièrement recouverte d'un enduit ou de mortier et les trois croix évidées sont presque imperceptibles : on ne discerne plus que quelques cavités parfois remplies de verroterie.
Remploi
Non
Matériau
Calcaire
Dimensions en cm
L. 252 ; l. 45 ; Ep. 16,5.
Type et technique de sculpture
Type.Semi-méplatType.Bas-reliefTechnique.Gravure
Outil
Ciseau
Typologie
Élément architectural.Escalier
Détermination
Hypothétique
Décor
GéométriqueSymbolique
Description du décor
Sur le pas de la marche, deux longues bandes plates ornées d'une inscription gravée encadrent un décor central exécuté dans un relief semi-méplat. Elles en sont séparées par deux cordons tressés et continus limités par deux lignes gravées.
A l'extrémité gauche, deux croix se superposent. La première, au relief semi-méplat, était une croix à six branches à l'axe vertical plus long et aux extrémités légèrement évasées, formant un petit renflement terminal ancré. Deux petits cercles, percés d'un trou central, sont placés de part et d'autre du bras supérieur de la croix, sous les renflements. Une plus petite croix évidée est venue se superposer à la précédente en masquant une partie du pied, la branche inférieure droite et la moitié d'un nouveau petit cercle au point central imprimé. Son bras inférieur est plus long et plus large que les trois autres quasiment égaux. Ces deux croix précèdent une rangée de dix rosaces à huit rais triangulaires, légèrement arqués aux extrémités. Ils rayonnent autour d'un petit cercle évidé, comme le sont les alvéoles au centre de chacun des rais destinés à recevoir des verroteries. Notons que les cavités des trois dernières rosaces sont moins grosses. Les rosaces sont inscrites dans un anneau orné de petits cercles percés d'un trou central pour les quatre premières, d'un double cercle identique pour les trois suivantes et seulement de points imprimés pour les trois dernières. Elles sont séparées l'une de l'autre, par une tige plantée dans un triangle épousant l'écoinçon inférieur et terminée, dans l'interstice opposé, par un fleuron. Ces tiges sont barrées de deux petits traits parallèles superposés pour mieux les conserver et, comme leurs extrémités, de doubles petits cercles percés d'un point au centre. Notons que le décor des deux morceaux, séparé par une cassure, ne semble pas bien correspondre. La contremarche offre les restes très ténus de trois croix évidées ornées de verroterie dont seuls quelques fragments subsistent. Entre ces croix, à droite et à gauche de celles des extrémités, quelques incrustations de verroterie sont alignées. De la peinture rouge colorait toutes les ciselures de la pierre ainsi que les inscriptions.
Inscription
Oui
Texte de l'inscription
. L'inscription lacunaire de la bande supérieure est la suivante : " HOMO + QUIS GLORIATUR DEO SEMILEM...IGNORAT " que l'on peut traduire ainsi : "Homme. Celui qui se glorifie d'être semblable à Dieu ignore....".
Sur la bande inférieure, on peut lire : " MELIUS. ETS. ENIM. IN MALEFACTIS. HUMELIS. CONFESSIO. QUAM. IN BONI SUPERVA. GLORIACIO " que l'on peut traduire comme suit : " Mieux vaut, en effet, une confession humble des actes mauvais qu'une orgueilleuse fierté des bonnes oeuvres ".
Datation
550 .. 799
Discussion
Si C. de La Croix l'a identifiée comme une marche menant au sanctuaire, V. H. Elbern pense plutôt qu'elle était dressée au milieu de la crypte comme cancelli. Elle présente, selon le premier, une restauration à son extrémité sud car les trois dernières rosaces ont été copiées sur les premières. Il ajoute que la marche aurait à nouveau été endommagée par l'introduction dans l'hypogée des gros sarcophages. Dans sa monographie, ce même auteur avait remarqué que la seconde ligne de l'inscription qui court sur cette marche avait intégralement été tirée du Liber Scintillarum de Defensor, moine de Ligugé dans la seconde moitié du VIIe siècle qui attribut ce texte à saint Basile, et du sermon "De septem donis Spiritus Sancti " de saint Bernard. Ce premier rapprochement sera ensuite repris par tous les chercheurs, pour aider à la datation du monument. Cependant, selon R. Favreau et M. Braekman, cette sentence tirée du Livre des Etincelles n'est pas citée, comme le moine l'indique chez saint Basile. Elle l'est plutôt sous une forme approchée dans saint Augustin à propos du pharisien et du publicain et avec la forme même de l'inscription chez Prosper d'Aquitaine, Isidore de Séville et plus tard chez saint Bernard. La place de cette inscription près de l'autel justifie, d'après M. Braekman, ce message d'humilité. A. Grabar propose un parallèle entre "cette rangée d'étoiles-octogones" qui la décore et celle qui court le long de la mosaïque absidale de la chapelle de Germigny-des-Prés.
Publications
SEPIERE Marie-Christine, Le symbolisme de la croix à l’époque carolingienne, Thèse de doctorat de 3e cycle, Université de Nanterre, Paris, 1980, p. 18.VACHER Aude, Le décor aniconique entre Loire et Gironde à l’époque mérovingienne, Thèse de 3e cycle d’histoire de l’art, Université de Nanterre, Paris, 1980, p. 176.BRAEKMAN Madeleine, « Croyances et cultes funéraires dans les épitaphes du Poitou et des pays charentais », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 16, 4e trim., 1982, p. 629.HEITZ Carol, « L’hypogée de Mellebaude à Poitiers », in L’inhumation privilégiée du IVe au VIIIe siècle en Occident. Actes du colloque tenu à Créteil les 16-18 mars 1984, Paris : De Boccard, 1986, p. 92, fig. 4.HEITZ Carol, La France pré-romane. Archéologie et architecture religieuse du Haut Moyen Âge du IVe siècle à l’an Mil, Paris : Errance, 1987, p. 81, p. 82 e, p. 83.FEVRIER Paul-Albert, « Le décor de l’architecture. Le décor sculpté », in Naissance des arts chrétiens. Atlas des monuments paléochrétiens de la France, Paris : Imprimerie nationale, 1991 (Atlas archéologiques de la France), p. 228-230.BARRAL I ALTET Xavier, DUVAL Noël et PAPINOT Jean-Claude, « Poitiers. Chapelle funéraire dite “hypogée des Dunes” », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 305-307.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 803-804, fig. 249 a, b, c, d, e, fig. X, G.LA CROIX Camille de, Monographie de l’hypogée-martyrium de Poitiers, Paris : Firmin Didot, 1883, p. 34-35, p. 56, p. 78, pl. VII, lettre J.DUCHESNE Louis (abbé), « La crypte de Mellebaude et les prétendus martyrs de Poitiers », Revue poitevine et saintongeaise, 1885, p. 136.BARBIER DE MONTAULT Xavier, Le martyrium de Poitiers, compte-rendu des fouilles et de l’ouvrage du R.P. de La Croix, Poitiers : [s.n.], 1885, p. 27-29.LEVILLAIN Léon, « La “memoria” de l’abbé Mellebaude », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 3e série, vol. 2, 3e trim., 1911, p. 364-365HUBERT Jean, L’art pré-roman, Chartres : Jacques Laget, Librairie des arts et métiers éditions, 1938, rééd.1974, pl. XX b.MALE Émile, La fin du paganisme en Gaule. Et les plus anciennes basiliques chrétiennes, Paris : Flammarion, 1950, p. 303.EYGUN François et LEVILLAIN Léon, Hypogée des Dunes à Poitiers. Guide et explication, Poitiers : P. Oudin, 1964, p. 20-22.HUBERT Jean, PORCHER Jean et VOLBACH Wolfgang Fritz, L’Europe des invasions, Paris : Gallimard, 1967 (L’univers des formes), p. 61, fig. 74.
Auteur(s) de la notice
Dernière MAJ
5 May 2024
Indiquer
A. Flammin, "17845 - Marche - Hypogée des Dunes à Poitiers - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17845
 
more...