Historique
Découvert lors des fouilles de C. de La Croix en 1878. Jambage toujours en place actuellement.
Statut MH
Classé au titre des Monuments Historiques
Etat de conservation
Ce jambage est brisé horizontalement en deux morceaux, à un peu plus d'un tiers de la hauteur. Une double fissure part de cette brisure vers le bas du jambage. La partie haute de la face du chambranle est brisée et elle est amputée à son extrémité inférieure de l'angle droit. Une autre cassure dans la partie haute altère une zone assez importante de la tranche du chambranle, une partie de l'inscription qui s'y trouvait et la bordure du décor de la face du chambranle.
Précision sur le matériau
Calcaire blanc gris dur provenant des carrières, jadis à 300 mètres de l'hypogée sur le versant ouest des Dunes.
Dimensions en cm
H. 193,5 ; l. 60-61 ; Ep. 15.
Type et technique de sculpture
Type.Semi-méplatTechnique.GravureTechnique.Taille
Typologie
Élément architectural.PorteÉlément architectural.Piédroit
Morphologie
Jambage monolithe.
Décor
FiguratifGéométriqueVégétal
Description du décor
Ce jambage est décoré, sur la face du chambranle, d'une succession verticale d'anneaux tangents, où s'inscrit un motif à chaque fois différent. Ils sont exécutés dans un relief semi-méplat et encadrés sur les longs côtés, par deux petites bandes plates d'environ 2,5 cm de large. Les cinq premiers anneaux sont dédoublés par un cercle gravé. Sur le premier, en haut, dont il ne reste que la moitié inférieure, on ne discerne que trois petits lobes tangents. Les trois suivants comprennent respectivement une rosace à 11, 5, et 8 petits pétales rayonnant autour d'un coeur évidé. Le sixième est divisé par quatre petits arcs de cercles adossés, tangents et inscrits dans un cercle délimitant un alvéole central. Une rosace à six rais fusiformes s'inscrit dans le septième anneau. Un double cercle gravé dans les huitième et neuvième anneaux délimite huit rayons partant du centre rond creusé dans le premier et un disque totalement évidé dans l'autre. Six petits disques rehaussés d'un point imprimé et d'un cercle gravé en entourent un septième, au centre dans le dixième anneau. Au centre du onzième, dix pétales joints et gravés s'inscrivent autour d'un petit cercle troué. Dans les trois anneaux suivants, deux animaux en buste et une tête humaine sont vus à l'envers et de profil. La tête ronde du premier animal comprend un oeil imprimé, cerné d'un petit cercle, une large gueule divisée en deux avec la partie supérieure recourbée et des oreilles en épis. Sous ces dernières se trouve une petite bande incurvée, qui longe la partie haute du corps, elle-même ornée d'un motif fusiforme qui part de l'anneau du cou de l'animal. La tête du second animal, dont la description est rendue difficile par la cassure du jambage, ressemble à celle d'un bovidé, dont le cou serait cerné par un anneau d'où pendent trois languettes. Une grande chevelure en forme de crête coiffe la tête humaine. Le front et le nez ne font qu'un, pour former un bourrelet proéminent au-dessus de la bouche grande ouverte à la lèvre supérieure relevée. Le petit menton est rond. Ce dernier rejoint verticalement l'arcade en arc de cercle de l'orbite de l'oeil signifié par un petit point surmonté d'un trait pour les sourcils. Une petite ligne horizontale lie l'orbite au cercle de l'oreille. Le quinzième anneau, vu à nouveau à l'envers, englobe une sorte de vase à la large panse côtelée, resserré juste au-dessus du pied divisé en deux parties. Il est entièrement englobé par une forme en arc de cercle dont les extrémités arrondies épousent l'espace sous la panse. Les seizième et dix-septième anneaux sont liés ensemble et entourent deux rosaces similaires : autour d'un coeur rond percé d'un trou des pétales partent de l'anneau en tourbillonnant. Ceux de la première rosace sont décorés de traits gravés au centre, tandis que les autres sont plats. Au centre du dix-huitième anneau, orné de petits points imprimés, s'inscrit une rosace au coeur circulaire percé d'un trou. Elle possède huit pétales triangulaires, dont les extrémités arquées ménagent de petits espaces fusiformes. C'est autour d'un même cercle plus petit qu'une dizaine de pétales tourbillonnent, formant une nouvelle rosace dans le dix-neuvième anneau. Les deux anneaux suivants sont quasiment identiques aux seizième et dix-septième, sans toutefois être reliés entre eux et sans coeur au centre pour l'avant-dernier. Enfin, seule la partie haute du dernier anneau subsiste. Son décor est indescriptible car masqué par le brisure de la pierre.
Sur la tranche du chambranle, une inscription aujourd'hui incomplète, dont la première ligne est séparée des autres par deux petits traits parallèles. La grande face interne du jambage ne comporte aucun décor sculpté si ce n'est, dans la partie haute du côté droit, une croix aux bras verticaux plus longs très profondément évidée, comme les deux disques placés sous ses branches horizontales. Notons également la présence à peu près au même niveau mais à proximité du chambranle, d'une petite cavité également profondément creusée.
Il appartient à la porte composée d'un autre jambage au nord (ID17660), d'un linteau (ID17839) et d'un seuil (ID 17841).
Texte de l'inscription
"ALPHA ET O(MEGA) (D)EO VE(TA)LIS (Q)UI TOLLIT ALI(E)NAM S(I)NE CA(US)A P(ECCA)TA (...) U (...) N (...)DUS HE IT (...) AR(...) DUS(...) ERIT " que l'on peut traduire comme suit : "Au Dieu de la vie qui par la peine d'une mort injuste enlève les péchés du monde".
Discussion
Plusieurs lectures de cette inscription ont été proposées. La première, celle de C. de La Croix est, pour le début du texte, la suivante : "(DE)O VE(TA)LIS (Q)UI TOLLIT ALI(E)NAM S(I)NE CA(US)A P(ECCA)TA " . Il traduit : "Au Dieu vivant (Jésus-Christ) qui enlève la mort étrangère sans la cause du péché". Le chanoine Tonnelier la reprend et traduit plutôt " Au Dieu de la vie qui par la peine d'une mort injuste enlève les péchés du monde" et complète la fin du texte : "(AR)N(AL)DUS HE(RES DICAV)IT (SI QUIS HOC OPUS DISTRUIT ?) AR(NAL)DUS (OD)ERIT ". Il met en scène un nouveau personnage du nom de Arnold, qui serait l'héritier de Mellebaude et prouverait donc que cette inscription a été faite après la mort de ce dernier. M. Rérolle pense que ce chambranle gauche est à l'envers par rapport au décor reçu.
Publications
LA CROIX Camille de, Monographie de l’hypogée-martyrium de Poitiers, Paris : Firmin Didot, 1883, p. 32, p. 55-56, p. 69-70, pl.VI, lettre M.BARBIER DE MONTAULT Xavier, Le martyrium de Poitiers, compte-rendu des fouilles et de l’ouvrage du R.P. de La Croix, Poitiers : [s.n.], 1885, p. 17-18.LEVILLAIN Léon, « La “memoria” de l’abbé Mellebaude », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 3e série, vol. 2, 3e trim., 1911, p.362, p. 374-377.TONNELLIER (chanoine), « Les inscriptions de l’hypogée de Mellebaude à Poitiers », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 8, 1965, p. 256-260.REROLLE Michel, « Poitiers, hypogée des Dunes », in Romains et Barbares entre Loire et Gironde, IVe-Xe siècles [Exposition au Musée Sainte-Croix, Poitiers, 6 octobre 1989-28 février 1990, à l’occasion de la tenue à Poitiers des XIe journées de l’Association française d’archéologie mérovingienne, du 5 au 8 octobre 1989], Poitiers : Musée Sainte-Croix, 1989, p. 63.FEVRIER Paul-Albert, « Le décor de l’architecture. Le décor sculpté », in Naissance des arts chrétiens. Atlas des monuments paléochrétiens de la France, Paris : Imprimerie nationale, 1991 (Atlas archéologiques de la France), p. 228-230.BARRAL I ALTET Xavier, DUVAL Noël et PAPINOT Jean-Claude, « Poitiers. Chapelle funéraire dite “hypogée des Dunes” », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 304, p. 306.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 798-799, fig. 246.PALAZZO-BERTHOLON Bénédicte, TREFFORT Cécile , « Pour une relecture de l’hypogée des Dunes à Poitiers. Approche méthodologique et interdisciplinaire », , collab. Thierry Grégor, Bernard Bourgueil et Mathieu Linlaud,, dans Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France. Actes des XVIIIe Journées internationales d’archéologie mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, dir. Luc Bourgeois, Saint-Germain-en-Laye, AFAM, 2010 (Mémoires publiés par l’AFAM, tome XXII), p. 151-170.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
A. Flammin, "17670 - Porte - Hypogée des Dunes à Poitiers - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17670