17660 - Porte - Hypogée des Dunes à Poitiers - Vienne (86)

 Sculpture: id 17660

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Objet
Porte
Historique
Trouvé durant les ouilles de C. de La Croix en 1878. Le jambage de porte est toujours en place dans l'hypogée.
Statut MH
Classé au titre des Monuments Historiques
Etat de conservation
Ce jambage est brisé en deux morceaux environ à mi-hauteur, par une cassure oblique qui traverse la tranche du chambranle et passe ensuite par le petit et le gros trou inférieur, où venaient s'engager les verrous ou barres de fermeture de la porte. Celle-ci battait de droite à gauche en entrant. Juste au-dessus du plus gros, un autre trou a été percé pour la fermeture de la porte. Le frottement des verrous, comme les percements, ont altérés les inscriptions. La tranche du chambranle, très irrégulière dans l'angle, comporte deux rainures assez larges de part et d'autre de la cassure. L'inscription a ainsi été endommagée.
Remploi
Non
Conditions de remploi
Calcaire blanc gris dur provenant des carrières, jadis à 300 mètres de l'hypogée sur le versant ouest des Dunes.
Matériau
Calcaire
Dimensions en cm
H. 193 ; l. 50-55 ; Ep. 18,3.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Semi-méplatTechnique.Gravure
Typologie
Élément architectural.PorteÉlément architectural.Piédroit
Morphologie
Jambage monolithe.
Détermination
Assurée
Décor
SymboliqueVégétal
Description du décor
Ce jambage est décoré sur la face verticale du chambranle (la partie droite de l'encadrement de la porte visible quand on descend l'escalier), d'un rinceau exécuté dans un relief semi-mépat. Il se développe entre deux petites bandes plates d'environ 2,5 cm de large. Il est amputé, à son extrémité supérieure, de l'angle gauche. Une tige plate ondulée, partant du sommet, forme treize concavités. Les six premières sont occupées par une feuille trilobée, reliée à la tige centrale. Elles sont parfois associées à une minuscule feuille, liée elle aussi à la tige principale. Chacun des lobes des grandes feuilles est percé en son centre d'une petite cavité, que l'on retrouve également en plusieurs endroits sur cette partie supérieure de la tige ondulée. Sous la cassure, les ondulations suivantes sont, soit meublées par une grande feuille cordiforme associée à une plus petite de même nature, soit pourvues d'une grande feuille trilobée (comme au-dessus) liée à une petite feuille cordiforme. A l'extrémité inférieure de la face du chambranle, on compte même trois feuilles cordiformes dans une concavité. Ces feuilles ne présentent plus, comme dans la moitié supérieure, de petites cavités, mais la tige est soulignée, çà et là, par deux ou trois petits traits gravés parallèles. L'intérieur des feuilles cordiformes est limité par un contour et ses nervures signifiés par des traits gravés.
Sur la tranche du chambranle, sous une croix gravée aux extrémités arquées et sous les bras horizontaux de laquelle pend l'alpha et l'oméga, se développe une inscription divisée en trois registres par deux petits traits superposés parallèles. Sur la grande face interne du jambage, une série de cavités carrées ou rectangulaires ayant accueillies des verroteries, sépare chaque ligne de l'inscription et la borde également verticalement sur le côté gauche. Notons que dans la partie basse, les cinq dernières lignes ne sont plus entrecoupées par ces décorations mais encadrées par deux lignes gravées, marquant les limites inférieures et supérieures des lettres. Les deux premières lignes sont précédées d'une croix aux branches verticales plus longues pour la première mais monogrammatique pour la seconde avec des bras aux extrémités arquées. Dans l'épaisseur arrière du jambage, la moitié supérieure est percée verticalement de nouvelles cavités ayant jadis reçues des verroteries.
Il appartient à la porte composée d'un autre jambage au nord (ID17670), d'un linteau (ID17839) et d'un seuil (ID 17841).
Inscription
Oui
Texte de l'inscription
"ALFA ET O(MEGA) + INICIO ET FINIS Q(UON)IAM QUID QUID QUODTIDIAE PEIUS ET PEIUS QUIA. IAM (F)INIS (ADP) ROPINQUAT " c'est-à-dire : "Je suis l'alpha et l'oméga. + Le commencement et la fin. Puisque tout va chaque jour de mal en pis, puisque la fin approche."
"+ IN DEI NOMINI. EGO. + HIC. MELLEBAUDIS REUS. ET. SERVUS. IHESUM CHRISTO INISTITUI. MIHI. I(N) SPELUNCOLA. ISTA. UBIACIT. INDIGNI. SEPULTURA. MEA. QUEM. FECI. IN NOMENI. DOMINI. IHESUM. CHRISTI. Q(UE)M AMAVI. IN QUOD CREDEDI U(ERE DIG)NUM EST. CONFETI (RI DEUM) VIV(UM...) GLO(RI)A. MAGNA. EST UBI. PAX. FEDIS. C(ARI)TAS. EST. IPSE. DEUS. ET. HOMO. EST. ET. DEUS. IN. ILLOSI QUIS. QUI. NON. HIC AMAT ADORARE. DOMINUM. IHESUM CHRISTUM. ET. DISTRUIT. OPERA ISTA SIT ANATHEMA. MARANATHA. US QUID. IN. SEMPITERNUM. ".
La traduction est : " + Au nom de Dieu, moi + Ici, Mellebaude, débiteur et serviteur de Jésus-Christ, j'ai institué pour moi la (crypte) que voici où gît indignement ma sépulture. Je la fis au nom du Seigneur Jésus-Christ que j'aimais, en qui j'ai cru. Il est digne en vérité de confesser qu'il est Dieu vivant, celui dont la gloire est grande là où règnent la paix, la foi et la charité. Il est dieu et homme, et Dieu est en lui. Si quelqu'un n'aime pas ici adorer le Seigneur Jésus-Christ et détruit ce monument, qu'il soit anathème. Maranatha jusque dans l'éternité".
Datation
550 .. 799
Discussion
L. Levillain remarque qu'il y a dans l'inscription du chambranle "comme un commentaire de l'inscription du linteau, une allusion évidente à la rémission des péchés et, sans doute, au jugement dernier". Il ajoute que le grand texte "démontre qu'il s'agit d'un oratoire que le fondateur a élevé à son usage et où il s'est préparé une dernière demeure".La croix placée au début du texte de fondation, selon M. Braekman, "attire l'attention et lui confère un caractère solennel digne des documents diplomatiques". C. Heitz souligne que l'acte de confession contenu dans cette dernière inscription pourrait être également "une profession de foi dans un Christ Dieu et homme à la fois qui valut à Mellebaude la profanation de sa tombe" et "qu'elle révèle le dilemme de l'époque du VIIe siècle avec l'interrogation sur la nature même du Christ".La mise en garde qu'elle contient est justifiée, selon ce même auteur, par le saccage du tombeau du vivant de Mellebaude. P.-A. Février signale une formule d'anathème très proche sur une tombe de Mérida (Espagne) : "Sed si quis vero hoc monumentum meum inquietare voluerit, sit anthema percussus, lebra Gezie perfruatur et cum Iuda traditore abeat portionem et a leminibus eclesie separetur et a comunionem sanctam seclusus eternis suppliciic puniantur ".Le mot "maranatha " que contient l'inscription à l'hypogée est, d'après C. Heitz, "une expression araméenne traduite par "le Seigneur vient" ou "Notre-Seigneur, viens!" employée deux fois dans le Nouveau Testament : dans la première lettre de Paul aux Corinthiens (1 Cor. 16, 22) et à la fin de l'Apocalypse de Jean (Ap. 22,20) dans l'attente de la Parousie".
Publications
LA CROIX Camille de, Monographie de l’hypogée-martyrium de Poitiers, Paris : Firmin Didot, 1883, p. 32, p. 55-56, pl. VI, lettre M.BARBIER DE MONTAULT Xavier, Le martyrium de Poitiers, compte-rendu des fouilles et de l’ouvrage du R.P. de La Croix, Poitiers : [s.n.], 1885, p. 15-18.LEVILLAIN Léon, « La “memoria” de l’abbé Mellebaude », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 3e série, vol. 2, 3e trim., 1911, p. 362, p. 374-377.EYGUN François et LEVILLAIN Léon, Hypogée des Dunes à Poitiers. Guide et explication, Poitiers : P. Oudin, 1964, p. 17-18.TONNELLIER (chanoine), « Les inscriptions de l’hypogée de Mellebaude à Poitiers », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 8, 1965, p. 255.HEITZ Carol, « Adoratio Crucis. Remarques sur quelques crucifixions préromanes en Poitou », in Études de civilisation médiévale IXe-XIIe siècles. Mélanges offerts à Edmond-René Labande, Poitiers : CESCM, 1975, p. 397-398.SEPIERE Marie-Christine, L’image d’un Dieu souffrant (IXe-Xe siècles). Aux origines du crucifix, Paris : Éditions du Cerf, 1994, p. 16.HEITZ Carol, « L’hypogée de Mellebaude à Poitiers », in L’inhumation privilégiée du IVe au VIIIe siècle en Occident. Actes du colloque tenu à Créteil les 16-18 mars 1984, Paris : De Boccard, 1986, p. 91-92.HEITZ Carol, La France pré-romane. Archéologie et architecture religieuse du Haut Moyen Âge du IVe siècle à l’an Mil, Paris : Errance, 1987, p. 80-81.BRAEKMAN Madeleine, « Croyances et cultes funéraires dans les épitaphes du Poitou et des pays charentais », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 16, 4e trim., 1982, p. 633-636.FEVRIER Paul-Albert, « Le décor de l’architecture. Le décor sculpté », in Naissance des arts chrétiens. Atlas des monuments paléochrétiens de la France, Paris : Imprimerie nationale, 1991 (Atlas archéologiques de la France), p. 228-230.BARRAL I ALTET Xavier, DUVAL Noël et PAPINOT Jean-Claude, « Poitiers. Chapelle funéraire dite “hypogée des Dunes” », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 304, p. 306.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 795-796, fig. 245.PALAZZO-BERTHOLON Bénédicte et TREFFORT Cécile, « Pour une relecture de l’hypogée des Dunes à Poitiers. Approche méthodologique et interdisciplinaire », in Wisigoths et Francs autour de la bataille de Vouillé (507). Recherches récentes sur le haut Moyen Âge dans le Centre-Ouest de la France, Actes des XVIIIe Journées Internationales d’Archéologie Mérovingienne, Vouillé et Poitiers (Vienne, France), 28-30 septembre 2007, Saint-Germain-en-Laye : [s.n.], 2010, p. 151 170.
Dernière MAJ
5 May 2024
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Auteur de la notice Nom et prénom, "17660 - Porte - Hypogée des Dunes à Poitiers - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17660
 
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