Historique
Plaque découverte lors des fouilles de 1860 avec divers débris dans l'arche du tombeau.
Etat de conservation
Le grand fragment rectangulaire est brisé sur les quatre côtés, endommageant ainsi le décor. Le petit fragment devait constituer l'angle gauche de la plaque.
Précision sur le matériau
Calcaire à l'aspect de marbre probablement extrait des carrières de Champ-Robert près d'Autun.
Dimensions en cm
Grand fragment : H. 50 ; l. 18 ; Ep. 8. Petit fragment : H. 21 ; l. 17 ; Ep. 7,6.
Type et technique de sculpture
Type.Semi-méplat
Typologie
Mobilier liturgique.Devant d'autel
Morphologie
Deux fragments : le plus grand est rectangulaire ; un seul angle est conservé pour le second fragment.
Détermination
Hypothétique
Décor
SymboliqueGéométrique
Description du décor
Sur le plus grand morceau subsiste le bras inférieur incomplet d'une croix gemmée, ainsi qu'une toute petite partie de sa croisée avec le départ du bras droit. La branche est limitée de chaque côté, verticalement, par une rangée de perles entre deux petits bourrelets plats qui encadrent au centre, en alternance, des cabochons ronds, rectangles, oblongs soulignés par un petit cadre et entourés aux quatre coins d'une perle. Un fragment d'anneau subsiste à l'intersection des bras. De la branche horizontale gauche pendait la lettre A (alpha) dont seule la hanse droite est conservée. Le reste de la surface est très lisse. Sur le petit fragment d'angle, l'ornementation consiste en un large anneau surmonté d'une forme oblongue puis d'une petite forme ovoïdale et enfin de la moitié inférieure d'un motif oblong recoupé horizontalement dans la partie haute. Ils sont tous rehaussés de traits simples ou doubles gravés. Il pourrait s'agir de la partie supérieure d'un candélabre.
Discussion
Comme l'a rappelé C. Lelong en 1988 dans son état de la question sur le tombeau de saint Martin, Mgr Chevalier pensait que cette plaque était destinée à remplacer le trop modeste couvercle de cuve de son sarcophage. En revanche, J. Quicherat la plaçait sur le grand édicule qu'il imaginait positionné là, et L. Maître sur des colonnettes au-dessus du sarcophage. R. Monsnyer, Gervaise et à leur suite S. Ratel et Lecoy de La Marche ont cru pouvoir soutenir qu'il existait déjà un tombeau-autel, dont la table aurait été cette grande dalle de marbre. C'était aussi le sentiment de Rohault de Fleury, qui préférait cependant la situer devant l'autel et non au-dessus. C. Lelong opte également pour cette dernière interprétation : l'autel-tombeau serait formé par deux dalles verticales sur lesquelles reposerait une table qui recouvrirait les reliques. Contrairement à L. Pietri, il pense que l'inscription qu'elle rattache au tombeau ne correspondait pas à une inscription murale mais qu'elle était plutôt gravée sur le flanc de l'autel-tombeau. Dès 1962, M. Vieillard-Troiekouroff, suivie un peu plus tard par C. Lelong et L. Pietri, s'accordent à identifier cette plaque comme appartenant à la basilique de Perpetuus et la date donc du Ve siècle. Lelong fera même analyser (comme Mgr Chevalier quelques années plus tôt) par des spécialistes la pierre dans laquelle elle est taillée, prouvant ainsi avec une grande certitude qu'elle provient de la région d'Autun. M. Vieillard-Troiekouroff compare son iconographie à celle des peintures des catacombes de Saint-Janvier à Naples datées du Ve ou du VIe siècle. Y figurent en effet le Christ entre deux candélabres, la croix avec l'alpha et l'oméga et la croix gemmée. Elle préfère à la reconstitution actuelle des deux plaques dans la basilique Saint-Martin, une restitution proche de la dalle sculptée de Nola en Italie, datée du Ve siècle, où les candélabres ne se trouvent pas sur les bras de la croix mais dans des pilastres latéraux, ce qui respecte mieux selon elle la forme du petit fragment. Elle rapproche également (en France) la croix gemmée de Tours de celle du couvercle de sarcophage de l'évêque Boéthius. Du point de vue stylistique néanmoins, elle note une importante différence entre les croix gemmées de Tours et du sarcophage de Boéthius et même de Nola.
Publications
CHEVALIER Casimir, Les fouilles de Saint-Martin de Tours : recherches sur les six basiliques successives élevées autour du tombeau de saint Martin, Tours : L. Péricat, 1888, p. 53.VIEILLARD-TROIEKOUROFF May, « Les sculptures et objets préromans retrouvés dans les fouilles de 1860 et de 1886 à Saint-Martin de Tours », Cahiers archéologiques, vol. 13, 1962, p. 104-105, fig. 24.VIEILLARD-TROIEKOUROFF May, « Quelques témoins de l’ancienne basilique de Saint-Martin de Tours : les sculptures et objets préromans retrouvés lors des fouilles de 1860 à 1886 », Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1962, p. 82-83.LELONG Charles, « Étude sur la date et l’origine des fragments du sarcophage de saint Martin », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, vol. 34, 1966, p. 351-354.AUDIN Pierre, « La Touraine, du Ve au IXe siècle : 25 ans de publications », in Xavier BARRAL I ALTET (dir.), Bretagne-Pays-de-Loire-Touraine-Poitou à l’époque mérovingienne. Actes des VIe journées nationales de l’association française d’archéologie mérovingienne (Rennes, juin 1984), Paris : Errance, 1987, p. 113.LELONG Charles, « Le tombeau de saint Martin », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, vol. 42, 1988, p. 98-99, fig. 3, p. 101.BARATTE François et METZGER Catherine, « L’orfèvrerie christianisée », in Naissance des arts chrétiens. Atlas des monuments paléochrétiens de la France, Paris : Imprimerie nationale, 1991 (Atlas archéologiques de la France), p. 315.BOUSQUET Jacques, « La tombe présumée d’Odolric à Conques et le motif de la croix cantonnée de boutons », Les cahiers de Saint-Michel de Cuxa, vol. 22, 1991, p. 137.PIETRI Luce, « Tours. Basilique Saint-Martin », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 2. Sud-Ouest et Centre, Paris : Picard, 1996, p. 109-110.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 946-947, fig. 344.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
A. Flammin, "17416 - Autel - Basilique Saint-Martin à Tours - Indre-et-Loire (37)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17416