Discussion
E. Salin signale un décor de hachures sur quelques sarcophages mérovingiens en Lorraine, comme sur celui de Villey-Saint-Etienne près de Toul (fin V IIe ou VIIIe siècle) ou encore à Verdun. S. Casartelli Novelli le met en parallèle avec un couvercle de tombe anglo-saxonne de Bolam (Northumberland). E. James l'intègre au sein du groupe de sarcophages VI qu'il appelle "à croix compartimentées" composé des couvercles n°67, n°68, n°98 de Poitiers et n°13 d'Antigny. Ils ont été selon lui influencés par les sarcophages du groupe IV car comme ces derniers, ils ont une large bordure continue et un panneau central, dont le motif principal est une croix. Il remarque que l'exécution est plus simple mais toujours en bas-relief et qu'il n'y a pas de motifs végétaux à moins qu'on reconnaisse, dans le motif de la bordure, la dégénérescence de feuilles de vignes enroulées. Le motif central de la croix aux bras compartimentés pourrait également dériver d'une rosace comme celle du groupe IV. Il suggère alors que ce couvercle provient du même atelier que ceux du groupe IV, mais qu'il a été réalisé à une date plus tardive à partir de laquelle le décor traditionnel poitevin de la croix à trois traverses est définitivement abandonné. S'il attribue la production du groupe IV à la fin du VIe siècle ou au VIIe siècle ce sarcophage serait donc légèrement plus tardif.
Pour M. Coppola et A. Flammin, ce couvercle appartient également à un groupe distinct, le VIII, nommé "couvercles à croix panneautées sur hampe et décors géométriques" qui compte quatre éléments : les couvercles n°57, n°67, n°68 et n°98 de Poitiers. Les oeuvres de ce groupe sont caractérisées, selon elles, mis à part la présence d'une bordure, par "une structuration élaborée bipartite ou tripartite du décor dans l'espace trapézoïdal du couvercle". De chaque côté de la hampe de la croix se trouvent des traits obliques, qui rappellent de manière très stylisée un décor de palmes. Elles rapprochent alors cette iconographie à celle du sarcophage mérovingien découvert en 1859 à la basilique Saint-Denis par Viollet-le-Duc, ainsi qu'à celle d'un couvercle mis au jour en 1874 dans le cimetière Saint-Marcel à Paris. Mais c'est en comparant ce décor à celui du sarcophage d'Echouboulains en Seine-et-Marne, qu'elles ont appréhendé sa signification symbolique. Ce dernier possède en effet trois croix entourées de stries obliques, interprétées par G.-R. Delahaye comme une représentation de palmes et appartenant à la série des sarcophages décorés "de palmier crucigère" produite à Paris et en Ile-de-France dans la deuxième moitié du VIIe et au début du VIIIe siècle. Leur décor renvoie, comme celui de Poitiers, au thème de la Croix-Arbre de Vie.
Publications
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