Etat de conservation
La plaque supérieure semble partiellement tronquée car la clé de l'arc triomphal du clocher passe sur son rebord supérieur. La plaque inférieure est en partie recouverte par la fresque romane de la Descente de croix.
Conditions de remploi
La plaque est insérée au sommet du mur oriental au premier étage du clocher porche.
Dimensions en cm
Plaque supérieure: H. 25 incomplète ; l. 33
Plaque inférieure : H. 21 ; l. 33-35
Type et technique de sculpture
Type.Bas-relief
Typologie
Élément architectural.Plaque
Détermination
Hypothétique
Décor
GéométriqueFiguratif
Description du décor
Cette plaque se compose de 2 parties indépendantes, superposées et liées par du mortier. Le panneau supérieur semble un peu moins large. Il présente un entrelacs carré (21 cm x 21 cm) grossièrement mais profondément creusé et bien délimité sur les trois faces visibles par un double encadrement de bourrelet biseauté. Cet entrelacs irrégulier se compose d'au moins deux rubans à deux fils biseautés. Sur la droite, les deux rubans forment un losange incomplet qui se poursuit en une boucle dans l'angle inférieur droit puis se torsadent pour épouser l'angle opposé et longer la partie gauche. La plaque ne se termine pas brusquement au ras de l'arc comme sur notre photographie mais son bourrelet extérieur d'encadrement s'élève pour former un couronnement en mitre : dans le triangle ainsi constitué se développe une sorte de fleuron (24 cm de hauteur), que l'on peut apercevoir dans un espace entrouvert très étroit car le mortier du peintre au bord de l'intrados de l'arc est tombé. De la plaque inférieure, en partie cachée par la fresque romane, subsiste la moitié supérieure d'un oiseau nimbé vu de face, déployant ses ailes. Il se dégage en bas-relief sur un fond plat, limité par un cadre en bourrelet doublé dans la partie haute. Son corps recouvert de plumes en forme d'écailles se rétrécit fortement au niveau du cou pour rejoindre une tête ronde où apparaît un œil circulaire entouré d'un petit anneau et d'où se détache un bec recourbé. Le nimbe est rehaussé d'un trait gravé. Les ailes déployées, formant un angle obtus dans la partie supérieure, sont dentelées sur le pourtour extérieur. Les plumes verticales, dont les plus grosses sont biseautées, voient leur taille décroître du centre vers les extrémités. L'oiseau porte quelques traces de peinture.
Discussion
R. Crozet pensait que cette pièce appartenait à l'abbatiale du IXe siècle, élevée lors de la fondation du monastère. Y. Labande-Mailfert et Y.-J. Riou l'associaient à un ensemble formant une croix avec un Agneau Pascal en son centre et peut-être trois autres animaux symboliques et des entrelacs sur les branches. Cette croix était donc placée au milieu du mur du pignon d'une ancienne façade, contre laquelle le clocher-porche aurait ensuite été plaqué. Elle a été masquée par la peinture murale romane qui a reproduit au même emplacement une croix peinte. Y. Labande-Mailfert date cette façade de la fin du Xe siècle ou des toutes premières années du XIe siècle. M.-Th. Camus souligne l'existence d'une grande croix en façade analogue, à l'église de Saint-Maur-de-Glanfeuil (Maine-et-Loire), qu'on a longtemps cru carolingienne mais que J. Mallet a définitivement assigné à la seconde moitié du XIe siècle. Elle cite d'autres exemples à Mehun-sur-Yèvre, Vornay, en plein cœur du Berry, avec des croix d'entrelacs du XIIe siècle portant l'Agneau crucifère. Entre l'hypothèse d'une façade romane ou celle d'une façade plus ancienne, elle ne tranche pas.
Publications
CROZET René, « Remarques sur la structure architecturale de l’abbatiale de Saint-Savin », Bulletin monumental, vol. 127, 1969, p. 275.RIOU Yves-Jean, « La construction de l’abbatiale de Saint-Savin. À propos de trois publications récentes », Bulletin de la Société des antiquaires de l’Ouest, 4e série, vol. 11, 2e trim., 1972, p. 425.VACHER Aude, Le décor aniconique entre Loire et Gironde à l’époque mérovingienne, Thèse de 3e cycle d’histoire de l’art, Université de Nanterre, Paris, 1980, p. 198-199.CAMUS Marie-Thérèse, Sculpture romane du Poitou. Les grands chantiers du XIe siècle, Paris : Picard, 1992, p. 76-78, fig. 78.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 930-931, fig. 334.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
A. Flammin, "17345 - Plaque - Abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe à Saint-Savin - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17345