Description du décor
À quelques centimètres du bord, la plaque est délimitée par une torsade simple moulurée, puis à l'intérieur par deux petits bandeaux plats sur les deux côtés et à la base qui ne font plus qu'un en longeant la partie sommitale. Ils entourent trois anneaux tangents entre eux où s'inscrivent des rosaces : celui du haut plus gros est également tangent aux deux lignes du triangle et les deux autres juxtaposés ont deux points de tangence avec le cadre. La première rosace comporte six rais fusiformes à la partie médiane évidée et dont les pointes sont raccordées entre elles par des contre-rais similaires. Les deux autres rosaces sont identiques, avec chacune quatre rais évidés dans leur partie médiane. En revanche leurs pointes ne rejoignent pas, comme pour la première, les quatre contre-rais. Entre les trois anneaux s'inscrit un petit disque plat. Un fleuron à la base de la plaque s'épanouit entre les deux plus petits. Des deux côtés de la rosace supérieure, deux animaux schématisés et vus de profil sont affrontés. Leur corps effilé en forme de S est cerné par une petite bordure recouverte de stries obliques. Le dessus de leur tête est surmonté de deux petites oreilles, tandis que l'oeil est marqué par une perforation. Deux petites pattes partent du centre de leur corps et se font face: elles sont horizontales pour celui de gauche et recourbées pour l'autre. Enfin, au-dessus des rampants du fronton, les deux angles de la plaque comportent un décor gravé : sur la gauche deux anneaux tangents renferment successivement une spirale puis une croix diagonale et entre les deux, les interstices sont occupés par deux petits boutons losangiques. Du côté droit, des lignes entrecroisées forment un quadrillage de losanges.
Discussion
Cette plaque offre une indéniable parenté, tant du point de vue de la forme que du décor, avec les plaques extérieures ornant les parties hautes des murs du baptistère de Poitiers. Cette ressemblance a même fait suggérer à certains, comme C. de La Croix et E. Espérandieu, qu'un même artiste les a toutes exécutées et que les trois plaques découvertes place Saint-Pierre-le-Puellier, ont en réalité appartenu au décor extérieur de la quatrième façade du baptistère, détruite à l'époque romane et remplacée par un narthex polygonal. Ce mode ornemental n'est d'ailleurs pas unique en Poitou, comme le remarque Fr. Eygun, puisque dans l'église de Mazerolles (Vienne) on retrouve une plaque sculptée quasiment identique dans la forme et le répertoire iconographique. Il pense donc qu'il existait une véritable école locale. A cet ensemble, Ed. James ajoute un panneau inséré dans la façade de l'église de Saint-Jouin-de-Marnes (Deux-Sèvres). Dans le domaine funéraire, des rapprochements sont proposés avec les sarcophages poitevins de Saint-Pierre-de-Maillé, d'Antigny et de Béruges. De part leur forme, A. Vacher les a comparé aux plaques de chancel d'Espagne wisigothique du musée de Mérida. Elle a aussi évoqué un parallèle entre ses oiseaux et les animaux du reliquaire préroman d'Essen-Werden (Allemagne). Sa datation au VIIe siècle semble vraisemblable compte-tenu de sa parenté avec le décor des plaques du baptistère de Poitiers (cf. A. Flammin 2014).
Publications
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Indiquer
A. Flammin, "17240 - Plaque - Église Saint-Pierre-Le-Puellier à Poitiers - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17240