Historique
La plaque a été encastrée dans le sol de l’église Saint-Julien lors de la construction de l’église. En 1925, il a été signalé par Paul Deschamps, et a été dégagé en 1963, lors de travaux.
Statut MH
Classé au titre des Monuments Historiques
Etat de conservation
Fond de cuve d’un sarcophage, partie inférieure tronquée et renversée. Il a été amputé à gauche et semble complet à droite. Sur l’extrémité gauche du décor mutilé, seul le fragment de droite est conservé. A l’époque romane, la face à lobes a été aménagée sur le fond de la cuve et la sculpture paléochrétienne se présentait à l’envers. Le décor n’était pas visible des fidèles.
Conditions de remploi
Remploi comme table d'autel.
Précision sur le matériau
Marbre. Proconnèse.
Dimensions en cm
L. 140 ; l. 77 ; H. tranche 15 ; H. bandeau 7 ; départ face postérieure 16 ; ép. 9.
Type et technique de sculpture
Technique.TailleType.Bas-relief
Typologie
Mobilier funéraire.Cuve de sarcophage
Décor
FiguratifGéométrique
Description du décor
Cuve à registre et figures médianes.
Sarcophage à scènes de la vie quotidienne.
Le décor de la face antérieure de la cuve se développe au-dessus d’un listel continu (0,07 m). À gauche, le fragment droit d’une scène est conservé : la jambe droite d’un personnage agenouillé. La scène suivante est encadrée par deux bandeaux verticaux qui l’isolent du reste du décor : un personnage assis trait une brebis la tête retournée vers la gauche, le regardant, une autre brebis paît dans la partie droite du panneau. Le reste du décor s’organise en frise continue. On distingue le bas d’une tunique féminine retombant sur le sol en ondulant, découvrant deux pieds chaussés, puis les pattes antérieures et un tiers du corps d’une brebis s’avançant vers la femme. Suit un personnage, dont subsistent les pieds chaussés de sandales, en position de repos. Sur la partie droite très endommagée, figurent un arbre ou un vêtement, puis deux pieds chaussés de sandales, presque superposés, un troisième pied posé sur un monticule rocheux.
Discussion
Zone de production : Rome
Table d’autel à lobes XIe s.
Commentaire : Restitution : il s’agit de la partie droite d’une cuve délimitée par un bandeau vertical. Le centre de la face est vraisemblablement constitué d’une scène pastorale occupant un quart de la hauteur, peut-être surmontée d’une imago clipeata comme le suggère X. Barral i Altet. En revanche, l’interprétation des scènes s’avère hypothétique. Si l’on peut en effet reconnaître la figure d’un pasteur avec une brebis à ses pieds dans le deuxième personnage de droite que P. Ponsich (1980) avait associé au Sacrifice d’Abraham, l’image de l’Orante est suggérée par la retombée de la stola, mais non prouvée, pas plus que Pierre à la source, images qui attesteraient le caractère chrétien de l’œuvre. Cette analyse méticuleuse proposée par X. Barral i Altet conduit à rattacher la cuve à la série des sarcophages à scène pastorale et Orante.
Restitution du schéma général : un panneau central isolé par des bandeaux verticaux et encadré de deux panneaux à frise, adoptant une disposition connue sur un sarcophage d’enfant conservé aux musées du Capitole à Rome (Repertorium 1, n°811)
Publications
DESCHAMPS Paul, « Tables d’autel de marbre exécutées dans le Midi de la France au Xe et au XIe siècle », in Mélanges d’histoire du Moyen Âge offerts à M. Ferdinand Lot, Paris : E. Champion, 1925, p. 155.DURLIAT Marcel, La Sculpture romane en Roussillon. 3. Saint-Martin-du-Canigou, le Roussillon et la Catalogne, Perpignan : Édition de la Tramontane, 1950, p. 50.T Marcel, « Tables d’autel à lobes de la province ecclésiastique de Narbonne (IXe-XIe siècles) », Cahiers archéologiques, vol. 16, 1966, p. 58 et 66 (Atelier arlésien).PONSICH Pierre, « Les débuts du christianisme et le haut Moyen Âge en Roussillon », Archéologia, vol. 90, 1976, p. 10.BARRAL I ALTET Xavier, « Fragment de sarcophage antique de Torreilles (Pyrénées-Orientales), retaillé en table d’autel romane », Cahiers archéologiques, vol. 27, 1978, p. 31-37 (Atelier romain, fin IIIe-début IVe siècle).PONSICH Pierre, « Les plus anciennes sculptures médiévales du Roussillon (Ve-XIe siècles) », Les cahiers de Saint-Michel de Cuxa, vol. 11, 1980, p. 308, pl. 6, 1.ABELANET Jean, « Les temps d’avant l’Histoire, puis l’entrée en histoire », in Le pays catalan, Pau : Société nouvelle d’édition régionale et de diffusion, 1983 (vol. 1), p. 19, 69, 136-137.CHRISTERN-BRIESENICK Brigitte, avec une contribution de Hugo BRANDENBURG et Giuseppe BOVINI, Repertorium der christlich-antiken Sarkophage. Dritter Band, Frankreich, Algerien, Tunesien, Mainz : P. von Zabern, 2003, n°513, p. 245-246, pl. 94, 4 (Atelier romain, fin IIIe-début IVe siècle).KOTARBA Jérôme, CASTELLVI Georges, MAZIERE Florent, Carte archéologique de la Gaule 66 : Les Pyrénées-Orientales, Paris : Académie des inscriptions et des belles lettres, 2007, n°212, p. 603, fig. 695.
Littérature grise
« Importantes découvertes à Torreilles », L’indépendant (Perpignan), 11 janvier 1963, p. 3 (article non signé)MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l'Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université Paris IV-Sorbonne, Paris, 4 vol., 2007, cat. 313, pl. 46, fig. 1-2 et p. 254, fig. 1-4.
Media (image, audio, video ...)
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "17126 - Sarcophage - Narbonne - Aude (11)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17126