17034 - Plaque - Narbonne - Aude (11)

 Sculpture: id 17034

MEDIA

LINKED MEDIA
Objet
Plaque
Historique
Provenance : Narbonne, rue Benjamin Crémieux, « Maison Reverdy », cour.
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
inv. 833.940.1
Lieu de découverte
Etat de conservation
Le profil gauche est creusé d’une rainure de 0,11 m. Le bord droit est plat. Les angles supérieurs de gauche et de droite sont endommagés, la base est irrégulière.
Matériau
Marbre
Dimensions en cm
H. 110 ; L. Sommet 58 ; l. base 48 ; Ep. 14,5 ; bordure de droite : décrochement de biais 66/73.
Type et technique de sculpture
Type.Méplat
Outil
Ciseau
Typologie
Mobilier liturgiqueMobilier liturgique.AmbonMobilier liturgique.Chancel
Morphologie
Parapet d’escalier ou balustrade délimitant un emmarchement
Détermination
Hypothétique
Décor
Figuratif
Description du décor
La plaque rectangulaire présente sur le profil gauche un dispositif d’assemblage (rainure). Le profil droit est plan et offre un décrochement à 0,66/0,73 m de l’angle supérieur. Le champ de la plaque est délimité par un bandeau plat sur toute la hauteur du bord gauche, le sommet, la partie saillante de droite et la partie inférieure du registre médian. Le plan inférieur décrit un L inversé non sculpté (h. 0,48 et 0,22 m), délimitant le registre inférieur orné de trois oiseaux becquetant une grappe de raisin. Seule la partie supérieure de l’oiseau situé en bas est visible et la queue de celui de droite n’est pas terminée. La sculpture n’a pas été achevée pour des raisons qui nous échappent, financière par exemple, soit fonctionnelle. Cette surface n’était pas destinée à être vue et devait être dissimulée par un élément à degrés : marches d’escalier. Nous formulons avec prudence l’hypothèse d’une plaque de parapet d’escalier ou de balustrade délimitant un emmarchement. Le décor est réparti en registres superposés séparés par de simples lignes. Sur le registre supérieur, un cavalier, buste de face, visage encadré d’une coiffure gonflante est précédé par un cervidé ; au-dessus un animal fantastique dont le corps à grosse bosse dorsale se termine par une longue queue enroulée et est pourvu de deux petites pattes. La tête au museau allongé est marquée par un trait horizontal indiquant l’œil et vertical la bouche. Cet animal illustre un basilic : un corps rond de volatile, un grand et gros bec, une bosse d’ailes repliées, une longue queue de serpent. Le registre médian est orné d’une succession de trois cercles sécants, déterminant des rosaces à quatre pétales fusiformes et au centre des carrés curvilignes. Au-dessous sur le registre inférieur, à gauche, trois oiseaux mangent des raisins dans un rinceau de feuilles de vigne. Commentaire :
Sur cette plaque taillée en réserve, en méplat et en biseau qualifiée de « style barbare » par Tournal, sont figurés des thèmes se référant à l'Antiquité : une scène interprétée comme une chasse mystique, en raison de la présence d’un animal fantastique ; d’autres fréquemment utilisés dans l’Antiquité tardive : les oiseaux becquetant et les cercles sécants. Iconographie : L’interprétation de la première scène a récemment été précisée par J. Cassaigneau. Il ne s’agit pas d’un cavalier chassant un cerf car le cheval n’est pas en posture de course, le cavalier ne semble pas armé, et l’arrière-train du cerf paraît surélevé pour mieux remplir l’espace disponible. Il identifie le personnage « au cavalier Dieu, modèle classique de l’iconographie orientale » accompagnant le cerf christianisé chassant « leur ennemi commun, monstrueux par sa forme et par sa taille à leur pied » (Cassaigneau, J. (2010), p. 35 et 36).
Dans un contexte chrétien, ce thème illustre la lutte du Bien contre le Mal, ici symbolisé par l’animal fantastique. Au-delà de son identification au basilic, le monstre présente des analogies avec l’animal de la plaque du Triomphe de la Croix et d’autres représentés sur du mobilier métallique, notamment un groupe de plaques-boucles rigides, linguiformes datées du VIIe siècle (pl. 85).
Les autres représentations géométriques et végétales puisent leur source dans un répertoire iconographe tardo-antique commun au monde méditerranéen.
Les cercles sécants, déterminant des rosaces à quatre pétales fusiformes et au centre des carrés curvilignes se retrouvent à Narbonne sur un tailloir, une frise (Saint-Paul), remployé à la retombée de la baie dite romane du Palais des archévêques, à Lagrasse, et en Espagne à San Juan de Baños, Barcelone, par exemple.
Style : Le registre supérieur conduit à établir des parallèles avec les scènes de chasse représentées sur les sarcophages du Sud-Ouest, et dans une aire géographique lointaine, sur une dalle de pluteus de l’église de Bilimišće près de Zenica (Balkans) où un cavalier, armé d’une lance, bondit sur l’animal. L’ensemble sculpté est attribué au VIIe siècle ou VIIIe siècle (pl. 84. 3-4) (A. Milošević, « Scultura ornamentale del VIIe VIIIe secolo nei Balcani occidentali », Hortus, 2003, p.263).
Inscription
Non
Datation
680 .. 750
Discussion
Zone de production : Narbonnais.
Publications
CAUMONT Arcisse de, « Sur une excursion à Narbonne », Bulletin monumental, vol. 28, 1862, p. 131 (XIe s.).TOURNAL Paul, Catalogue du Musée de Narbonne et notes historiques sur cette ville, Narbonne : E. Caillard, 1864, p. 105-106, n° 538.CAUMONT Arcisse de, « État de l’art aux époques mérovingiennes et carlovingiennes », Bulletin monumental, vol. 34, 1868, p. 122-123 (roman ; dessin).DURLIAT Marcel, « Un groupe de sculptures wisigothiques à Narbonne », in Études mérovingiennes. Actes des journées de Poitiers, 1er-3 mai 1952, Paris : A. et J. Picard, 1953, p. 100-101, pl. IV, 2.HUBERT Jean, PORCHER Jean et VOLBACH Wolfgang Fritz, L’Europe des invasions, Paris : Gallimard, 1967 (L’univers des formes), p. 100, fig. 118.FAU Jean-Claude, « La sculpture carolingienne à entrelacs dans le Sud-Ouest et sa survivance au XIe siècle », in Actes du 96e congrès national des sociétés savantes, Toulouse 1971, Paris : Bibliothèque nationale, 1976 (vol. 2), p. 14.LUGAND Jacques, NOUGARET Jean et SAINT-JEAN Robert (dirs.), Languedoc roman : le Languedoc méditerranéen, Paris : Zodiaque, 1985 (La nuit des temps, 43), p. 284.PALOL SALELLAS Pedro de, RIPOLL LOPEZ Gisela, FREITAG Marie-Caroline et MAUPAS Claire, Les Goths : Ostrogoths et Wisigoths en Occident, Ve-VIIIee siècle, Paris : Seuil, 1990, p.77, fig. 30.BARRUOL Guy, « Languedoc Roussillon, Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 1. Sud-Est et Corse, Paris : Picard, 1995, p. 21.MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, « La sculpture en Septimanie au haut Moyen Âge (VIe – VIIee s.) », in Actes du XIIIee congrès international d’archéologie chrétienne (Split, 1994), Split : Archeološki muzej, 1998, p. 651, fig. 16.DELLONG Éric, MOULIS Dominique, FARRE Josy et LECLANT Jean Préfacier, Carte archéologique de la Gaule 11-1 : Narbonne et le Narbonnais, Paris : Académie des inscriptions et belles lettres, 2002, , p. 308, n°37.CASSAIGNEAU Jean, Croix triomphante de la Narbonnaise wisigothique : Ve-VIIIe siècles iconographie et symbolisme, Lavit-de-Lomagne : Association La Lomagne mémoire pour demain, 2010, p. 34-44.
Littérature grise
MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l'Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université Paris IV-Sorbonne, Paris, 4 vol., 2007, cat. 96, pl. 163, fig. 4-6.
Dernière MAJ
24 Jan 2026
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "17034 - Plaque - Narbonne - Aude (11)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17034
 
more...