17004 - Reliquaire - Tour mauresque à Narbonne - Aude (11)

 Sculpture: id 17004

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Objet
Reliquaire
Historique
En 1639, le monument a été trouvé lors de la démolition de la Tour Mauresque qui s’élevait dans l’angle sud-ouest du palais de la Vicomté. Dégagé des fondations (G.-A. Lafont), il a été dessiné et commenté par l’abbé Bousquet, au XVIIIe s. Des fragments de sarcophages chrétiens et une inscription de la fin du Ve ou du début du VIe siècle ont été recueillis (FOR XII, p. 87 ; L. Sigal, « Un reliquaire du Ve siècle… », p. 74).
N° d'inventaire dans le lieu de conservation
839.27.1
Statut MH
Non protégé
Etat de conservation
Les fûts de colonne, l’élément frontal de la face antérieure, les parois de la partie postérieure ont été détruits. Trois fûts de colonne ont été restitués.
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Précision sur le matériau
Marbre blanc fin avec gros grains gras.
Dimensions en cm
L. base 114 ; H.124 ; l. 90.
Type et technique de sculpture
Type.Ronde bosseType.Méplat
Outil
Ciseau
Typologie
Mobilier liturgique.Reliquaire
Morphologie
Reliquaire du saint Sépulcre
Détermination
Assurée
Décor
SymboliqueVégétal
Description du décor
L’œuvre est composée de deux éléments adossés, taillés dans un monolithe de marbre. La partie antérieure est formée d’un portique rectangulaire (l. 90 cm ; prof. 40 cm ; H. int. 84 cm) constitué par quatre colonnes à base et à chapiteau à décor végétal. Deux des colonnes étaient adossées à l’édicule et surmontées d’un élément frontal arraché, les deux autres in antis. Le portique était clos sur les côtés de droite et de gauche par une cloison ajourée en croisillon, formée d’éléments curvilignes et taillée à même le bloc entre les colonnes. Les quatre colonnes situées à l’avant supportaient un élément architectural disparu, que l’on peut partiellement restituer grâce aux fragments qui subsistent. Les colonnes latérales supportaient une architrave identique à celle qui court autour de la coupole, mais sans attique. Contre l’abside, l’arrachement d’une archivolte surbaissée est conservé.
Cette première composition architecturale est liée par les deux colonnes engagées à l’édicule de plan circulaire à l’intérieur et polygonal à l’extérieur. Il présente six faces aux arêtes cantonnées de colonnes. Les chapiteaux composites à feuilles d’angle supportent une architrave couronnée par un attique. Architrave et attique sont ornés de moulures en méplat qui dessinent des panneaux rectangulaires. Le monument est surmonté d’une coupole surbaissée à huit pans qui s’élève à 38 cm au-dessus de l’architrave. Au sommet du dôme, un arrachement laisse supposer la présence d’un ornement. G. Lafont et Bouquet, dans leurs manuscrits le représentèrent couronné d’une sphère. Des trous, forés régulièrement à 18 cm de distance, peut être munis de tenons, étaient destinés à suspendre une draperie. L’aménagement intérieur de l’édicule comporte également deux parties : une niche hémi-circulaire (l. 50 cm, prof. 25 cm, H. 74 cm) couverte d’une voûte en cul de four ornée d’une coquille à raies convergeant vers la base, s’ouvre sur le portique de la face antérieure. Cet espace communique par une ouverture rectangulaire (H. 20 cm), creusée à la base, avec une cavité postérieure évidée dans l’épaisseur du bloc décrivant un plan pentagonal et surélevé d’un degré, banc de pierre qui pourrait représenter le lit sur lequel reposait le corps du Christ (Y. Solier, p. 110). Le pan arrière de l’édicule faisait défaut et par l’ouverture pratiquée on pouvait apercevoir l’intérieur de la chambre sépulcrale. Ce percement a été réservé dès l’origine, pour une raison technique : évider le bloc.
Inscription
Non
Datation
400 .. 499
Discussion
La datation et la finalité ont été discutées.
Dès le XVIIe siècle, il a été identifié à un laraire d’époque romaine ; en 1868, M. Bouet a formulé l’hypothèse d’une table d’autel du XIe ou du XIIe s. Rohault de Fleury, dans son ouvrage sur la Messe, proposait un tabernacle du XIe s. Nombre d’arguments en faveur d’une datation haute sont à souligner. Ils reposent sur la forme architecturale comparable à celles des mausolées et des memoria tardo-antiques, sur le style ornemental de la clôture ajourée d’arceaux du portique proche des plaques de chancels romaines et ravennates, et la typologie des chapiteaux à quatre feuilles d’angle traités en biseau, proches des créations des ateliers du Sud-Ouest. Cette ancienneté est confortée par le contexte de découverte : la Tour mauresque mentionnée au XIe siècle dans quatre chartes (Histoire de Languedoc, V, col. 535, 540,541, 542). Quant à sa finalité, on peut supposer qu’il s’agissait d’un monument de vénération, un reliquaire s’inspirant du type architectural du Saint Sépulcre, diffusé dès le Ve siècle par sa représentation sur des ivoires, des mosaïques et des ampoules de Terre Sainte (pl. 81).
Zone de production : Narbonnais.
Sources manuscrites
LAFONT Guillaume-Anne, Les Antiquitez de Narbonne, contenant les inscriptions, tombeaux et épitaphes romains qui se trouvent en divers endroits de la dite ville, ensemble des demi-reliefs et reliefs des Romains qui sont en icelle ville de Narbonne, Narbonne, 1700. Médiathèque, Fonds Sarreire, annoté et complété par Paul Lafont, architecte, ms. 27 (4216), p. 104.LAFONT Guillaume-Anne, Histoire de Narbonne ancienne et de ses Antiquités romaines (dédié au pape Clément XI), Narbonne, s.d. Archives municipales, Fonds Sarreire, annoté et complété par Paul Lafont, architecte.BOUSQUET Jean-Baptiste, Antiquités romaines de Narbonne, Narbonne, 1809. Médiathèque, ms. 24 (3116), fol. 81.
Publications
TOURNAL Paul, Catalogue du Musée de Narbonne et notes historiques sur cette ville, Narbonne : E. Caillard, 1864, p. 260-264.ROHAULT DE FLEURY Charles et ROHAULT DE FLEURY Georges, La messe. Études archéologiques sur ses monuments, Paris : [s.n.], 1883-1889, II, p. 67 (Xe-XIe siècles).SIGAL Louis (abbé), « Un reliquaire du Ve siècle au musée lapidaire de Narbonne », Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, vol. 16, 1924, p. 74-109 (Marbre des Pyrénées, Ve siècle)..GRIFFE Élie, Histoire religieuse des anciens pays de l’Aude : des origines chrétiennes à la fin de l’époque carolingienne, Paris : Picard, 1933, p. 47-48.HELENA Philippe, Narbonne ville d’art et d’histoire : historique, renseignements, guide et plan, Narbonne : [s. n.], 1937, p. 28.REY Raymond, « La Sancti memoria sepulchri, du Musée de Narbonne », Comptes-rendus de l’académie des inscriptions et belles-lettres, 1949, p. 21-25.LAUFFRAY Jean, « La Memoria Sancti Sepulcri du Musée de Narbonne et le temple rond de Baalbek », Mélanges de l’université Saint-Joseph, vol. 38, 1962, p. 199-217.HUBERT Jean, PORCHER Jean et VOLBACH Wolfgang Fritz, L’Europe des invasions, Paris : Gallimard, 1967 (L’univers des formes), p. 16, fig. 17.WILKINSON John, « The tomb of Christ : an outline of its structural History », Levant, vol. 4, 1972, p. 92-97, pl. 10.SOLIER Yves, Narbonne (Aude) : les monuments antiques et médiévaux, le Musée archéologique et le Musée Lapidaire, Paris : Imprimerie nationale, 1986 (Guides archéologiques de la France, 8), p. 110, fig. 74.BONNERY André, « L’édicule du Saint-sépulcre de Narbonne », Les cahiers de Saint-Michel-de-Cuxa, vol. 22, 1991, p. 7-42.DUVAL Noël (dir.), Naissance des arts chrétiens : atlas des monuments paléochrétiens de la France, Paris : Imprimerie nationale, 1991, p. 266 (Ve siècle).BARRUOL Guy, « Languedoc Roussillon, Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales », in Les premiers monuments chrétiens de la France. 1. Sud-Est et Corse, Paris : Picard, 1995, p. 21.DONATI Angela (dir.), Dalla terra alle genti : la diffusione del cristianesimo nei primi secoli, Milan : Electa, 1996, p. 324, n° 249 (Marbre des Pyrénées, Ve siècle ?).MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, « La sculpture en Septimanie au haut Moyen Âge (VIe – VIIe s.) », in Acta XIII Congressus Internationalis Archaeologiae Christianae, Split - Poreč 1994, Cité du Vatican : Pontificio Istituto di Archeologia Cristiana, 1998 (Studi di antichità cristiana, 54), p.652, fig. 18.MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, « Installations et mobilier liturgiques en Septimanie, Antiquité Tardive-Haut Moyen Âge (IVe – VIIIe siècles) », Hortus Artium Medievalium, 1999, p. 53, fig. 26.DELLONG Éric, MOULIS Dominique, FARRé Josy et Leclant Jean Préfacier, Carte archéologique de la Gaule 11-1 : Narbonne et le Narbonnais, Paris : Académie des inscriptions et belles lettres, 2002, p. 433, n°20 b, fig. 539, p. 434.MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, BLANC Philippe et BLANC Annie, « De l’origine des matériaux utilisés dans les monuments sculptés de l’Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen », in Philippe JOCKEY (dir.), Asmosia 8 : la pierre dans tous ses états. Actes du huitième colloque international de l’association for the study of marble and other stones used in Antiquity, Aix-en-Provence, 12-18 juin 2006, Paris : Centre Camille Jullian, 2009, p. 433, fig. 15.MEREL-BRANDENBURG, Anne-Bénédicte, « À propos du sépulcre de Narbonne, Ve s. », in Le plaisir de l'art du Moyen Âge : commande, production et réception de l'œuvre d'art : mélanges en hommage à Xavier Barral i Altet, Paris : Picard, 2012, p. 84-89.BOUFFARD Elodie, ZIADDE Raphaëlle Ziaddé (dir.), Chrétiens d'Orient. 2000 ans d'histoire, [cataloque de l'exposition, Institut du Monde Arabe, Paris, septembre 2017-janvier 2018], Paris : Gallimard, 2017.MEREL-BRANDENBURG, Anne-Bénédicte, « Edículo del Santo Sepulcro » in Cambio de Era – Córdoba y el Mediterráneo Cristiano, [catalogue d'exposition, Córdoba, 16 décembre 2022-15 mars 2023], Cordoue : Ayuntamiento de Córdoba, 2023, n°30, p. 253.MEREL-BRANDENBURG, Anne-Bénédicte, “Aedicule of the Holy Sepulchre” in Theatrum Mundi. Royal gifts to the holy sepulchre (Jerusalem) [catalogue d'exposition, Calouste Gulbenkian Foundation Portugal, 2023], 2023, p. 30-31.
Littérature grise
MEREL-BRANDENBURG Anne-Bénédicte, La sculpture de l'Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (IVe-VIIIe s.), Thèse de doctorat, Université Paris IV-Sorbonne, Paris, 4 vol., 2007, cat. 91, pl. 161.
Dernière MAJ
24 Jan 2026
Indiquer
B. Mérel-Brandenburg, "17004 - Reliquaire - Tour mauresque à Narbonne - Aude (11)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/17004
 
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