Description du décor
Le bloc monolithe de section rectangulaire, repose sur un socle nu surmonté, en retrait, d’une frise végétale composée d’un rinceau encerclant des quatre feuilles courant sur les quatre faces. La face antérieure est cantonnée de deux colonnes torses à chapiteau végétal recevant un arc en plein cintre torsadé couronnant un chrisme à six branches, une inscription, et dans la partie inférieure, des feuilles de lierre cordiformes jaillissant d’un canthare. Sur la face postérieure, dans un cadre mouluré, séparé en deux registres inégaux par un bandeau horizontal, est sculptée en réserve une croix grecque pattée surmontée d’un fleuron. La bordure extérieure est couverte latéralement d’une frise végétale composée d’une alternance de fleurs à pétales et bouton central, et de lotus. Sur la frise inférieure, deux palmes stylisées émergent du fleuron axial et sur la frise supérieure un ornement géométrique de double cercle et de S. Au centre des faces latérales bordées de palmettes, cinq feuilles de lierre à simple nervure aux tiges baguées sont encadrées par deux feuilles souples. La surface est couverte d’une inscription latine qui indique la destination du monument.
Lecture (M. Chalon) :
« Ici il y a des reliques de sainte Marie et de la sainte Croix et des saints martyrs Marcel et Valérien qui ont souffert leur passion sur le territoire de la cité de Chalon ».
Commentaire : L’analyse de l’ornementation conduit à établir différentes phases d’utilisation, l’une initiale, païenne, l’autre liée à la réutilisation chrétienne. La face postérieure est comparable par sa composition et son décor à une série de cippes funéraires, à décor de rinceaux, répandue dans la région nîmoise étudiée par G. Sauron (G. Sauron, « Les cippes funéraires gallo-romains à décor de rinceaux de Nîmes et de sa région, » Gallia, 41, 1983, 59-110), décor et composition proches du cippe christianisé d’Ispagnac (Lozère) (pl.77. 3) et d’un exemplaire conservé au musée du Latran (Rohault de Fleury (1883), pl. XXV, pl. XXXXVIII) (pl. 77. 3). Les cippes funéraires de la famille des Secundii, découverts à Tresques (Gard) (pl. 77. 2) présentent les mêmes caractéristiques : la bordure extérieure est soulignée par un rinceau stylisé, composé d’une alternance de fleurs à pétales et bouton central et sur la frise inférieure, deux palmes stylisées émergent du fleuron axial. Le cippe de Felicula découvert à Saint-Geniès de Laudun, outre les motifs cités ci-dessus, offre une même composition. Ainsi le décor de la face principale du cippe antique n’a-t-il pas été totalement bûché, le sculpteur a éliminé l’inscription et conservé l’ornementation du cadre. Sur le registre supérieur, il a inséré la croix pattée et retouché le relief de la guirlande et du fleuron en surcreusant le plan pour supprimer des motifs dont les négatifs sont encore visibles. Sur les faces principales et latérales, il s’agit d’une création, inspirée par la composition antique : le chrisme est enveloppé par une guirlande. Datation
Le groupe des cippes funéraires découverts à Tresques (Gard) appartient à un enclos funéraire familial daté de Trajan aux Sévères et permet de suivre à travers les noms mentionnés sur les épitaphes, une même famille sur plusieurs générations (IIe – début IIIe siècle). Quant à la date de christianisation du cippe, elle est précisée par l’inscription datée du VIe-VIIe siècle par M. Chalon, à laquelle s’ajoutent des indices ornementaux, telle la frise de rinceaux encerclant les quatre feuilles courant sur les quatre faces qui peut être rapprochée de celle de la plaque funéraire de Panthagus (VIe), conservé un temps dans la cathédrale de Vaison-la-Romaine (musée Calvet, Avignon) .
Publications
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