Etat de conservation
La partie supérieure du chapiteau a été largement tronquée, endommageant ainsi le sommet du décor de chacune des faces.
Dimensions en cm
H. 18/24 x Diam. au lit de pose 17 x Diam. au lit d'attente 25/28
Type et technique de sculpture
Type.Semi-méplat
Typologie
Élément architectural.Chapiteau
Morphologie
Ce chapiteau a une corbeille épannelée en tronc de cône renversé, légèrement évasé au sommet. Chacune des trois faces comporte un décor en relief semi-méplat placé dans un triangle, dont la base devait être tangente au rebord supérieur du chapiteau et dont la pointe, tournée vers le bas, descend jusque vers le milieu du cône.
Description du décor
Sur la première face, dans l'espace triangulaire délimité par un petit bourrelet en biseau, seule la partie inférieure du décor subsiste. Elle consiste en deux feuilles évidées et affrontées de part et d'autre d'une tige centrale qui épousent l'écoinçon. De la seconde face, qui semble identique, sont conservées quatre des mêmes feuilles avec en plus en haut à droite une partie de l'une d'elles qui s'ourle à l'intérieur. Dans l'espace triangulaire de la dernière face, s'inscrivent des bourrelets biseautés en forme de chevrons encastrés les uns au-dessus des autres.
Discussion
J. Cabanot note une certaine continuité dans les décors des chapiteaux qu'il appelle "à combinaisons d'éléments rectilignes" entre le haut Moyen Age et le XIe siècle, en citant notamment des ensembles aussi différents que Charroux, San Savaldor de Valdedios (Espagne), San Secondo d'Asti (Italie), Saint-Rambert-sur-Loire et la chapelle septentrionale de Mélas en France, Leyre ou Teverga (Espagne). Selon M.-T. Camus, ce chapiteau ainsi que le second conservé ont pu appartenir à la première abbatiale construite peu avant 800, ou à la phase de remaniements du début du IXe siècle ou bien encore au Xe siècle. Elle ajoute qu'ils seraient tous les deux difficilement datables s'ils n'étaient pas rattachés à une abbaye fondée à l'époque carolingienne et si, sur l'un d'entre eux, ne se trouvait pas "la figure en miniature d'un chapiteau d'entrelacs". Ce dernier motif suggère en effet, selon ce même auteur, une comparaison avec l'enluminure carolingienne du temps de Lothaire et Charles le Chauve : elle pense que l'artiste de Charroux a pu s'inspirer d'un livre nouvellement enluminé soit de la seconde moitié du IXe siècle, soit du Xe siècle.
Publications
SCHWERING-ILLERT Gisela, Die ehemalige französische Abteikirche Saint-Sauveur in Charroux (Vienne) in 11. und 12. Jh: ein Vorschlag zur Rekonstruktion und Deutung der romanischen Bauteile, Düsseldorf : Zentral-Verlag für Dissertationen Triltsch, 1963, p. 48, pl. a, p. 24.CABANOT Jean, Les débuts de la sculpture romane dans le Sud-Ouest de la France, Paris : Picard, 1987, p. 50, notes 67 à 70.CAMUS Marie-Thérèse, « Charroux, Abbaye (Musée lapidaire) (86) », in Romains et barbares entre Loire et Gironde - IVe-Xe siècles. Exposition au musée Sainte-Croix (Poitiers) - 6 octobre 1989 - 28 février 1990 à l’occasion de la tenue à Poitiers des XIe journées de l’association française d’archéologie mérovingienne du 5 au 8 octobre 1989, Poitiers : [s.n.], 1989, p. 91, notice 95.CAMUS Marie-Thérèse, Sculpture romane du Poitou. Les grands chantiers du XIe siècle, Paris : Picard, 1992, p. 69, p. 19, fig. 18.FLAMMIN Anne, La sculpture du VIe au Xe siècle entre Loire et Gironde, Thèse de doctorat d’histoire de l’art, Université de Poitiers, [inédit], 1999, p. 560, fig. 96 a à c.
Media (image, audio, video ...)
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A. Flammin, "16305 - Chapiteau - Abbaye Saint-Sauveur à Charroux - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/16305