Description du décor
La corbeille cylindrique évasée se compose d’une couronne de huit feuilles, au-dessus de laquelle s’épanouissent quatre feuilles d’angles. Au registre supérieur, court entre les volutes une torsade gravée en S adjacents. L’abaque, de plan carré, à pans coupés, couronne l’ensemble.
La zone des feuilles : à la base, une couronne continue faite de huit éléments, composée de deux types de feuilles axiales et angulaires a été partiellement amputée à sa naissance. Toute trace de trépan, tout relief ont disparu et le décor est uniquement fait d’incisions. De forme rectangulaire, chaque feuille se recourbe en une pointe épaisse et lourde. Le premier type de feuilles, abstrait, géométrique, n’est caractéristique d’aucune espèce donnée : le limbe est simplement décoré de dix baguettes verticales, parallèles, soudées, arrondies à la pointe, qui se poursuivent en partie sur la face supérieure. Le deuxième type de feuilles, d’inspiration naturaliste, représente une acanthe aux lignes anguleuses dont on ne voit que les lobes supérieurs et la pointe, en tous points semblables aux feuilles d’angles. À l’étage supérieur, quatre feuilles, beaucoup plus grandes que celles de la couronne inférieure, s’élèvent sous les angles, séparées par un large espace. Chaque acanthe s’organise en huit lobes et la pointe autour d ’une nervure centrée par une cote angulaire verticale et dont les bords convergent vers la pointe. Nés de plis de limbe parallèles, incisés, progressivement décroissants, tous les lobes sont réunis par de larges surfaces de limbe, rectangulaires. La pointe se recourbe à 180°, de part et d’autre de la nervure, en deux larges digitations, sous la retombée des trois digitations des lobes supérieurs. Les autres lobes se disposent à droite et à gauche de la nervure.
Un bouquet de quatre feuilles pétales, attachées par un bandeau, nervées par un anglet, s’élève entre les feuilles, tangent au registre supérieur.
L’échine, les volutes : à l’emplacement des oves court une torsade d’S adjacents, encadrée par des doubles filets. Les volutes nées de part et d’autre du dé de tiges horizontales moulurées en baguette, s’enroulent sur trois révolutions et demie, unies sous chaque angle aux volutes voisines. L’abaque : si les angles sont nus, les échancrures concaves et profondes s’ornent d’une rangée de feuilles obliques, aux nervures biseautées qu’un double filet couronne. Le dé médian interrompt ce décor et s’orne d’un motif fait d’une feuille centrale à partir de laquelle divergent quatre feuilles pointues (Éliane Okaïs).
Publications
LAFOND Paul. "Abbaye de Saint-Savin de Lavedan (Hautes-Pyrénées) (suite et fin)". Bulletin Monumental, vol. 53, 1887, p.15-16.OKAÏS Eliane, "Chapiteaux de marbre des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées antérieurs à l'époque romane", Aquitania, vol. 8, 1990, p. 153, Chapiteau n° 23, fig. 22.
Indiquer
É. Okaïs, B. Mérel-Brandenburg, "15771 - Chapiteau - Abbaye de Saint-Savin-en-Lavedan à Saint-Savin - Hautes-Pyrénées (65)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/15771