15653 - Sarcophage - Église Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers - Vienne (86)

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Objet
Sarcophage
Historique
Arcisse de Caumont précise qu'il était dans les cloîtres, mais ne cite pas de sources, ni ne donne plus d'éléments pour confirmer cela.
Statut MH
Non protégé
Remploi
Non
Matériau
Marbre
Dimensions en cm
Non connues
Type et technique de sculpture
Type.Semi-méplat
Typologie
Mobilier funéraire.Couvercle de sarcophage
Morphologie
Le couvercle affecte un plan rectangulaire et bombé avec 6 acrotères.
Détermination
Assurée
Décor
FiguratifVégétal
Description du décor
Le couvercle présente six saillies transversales (ou acrotères) qui en épousent l'arrondi et s'achèvent en frontons latéraux, triangulaires au centre et semi-circulaires aux extrémités. Les frontons des extrémités du couvercle sont aussi semi-circulaires. Le décor se situe sur les panneaux arrondis aux extrémités du couvercle, sur chaque fronton et sur deux côtés des trois acrotères au sud. Au centre du panneau ouest se trouve un canthare d'où s'échappent symétriquement des éléments végétaux. Il est encadré par deux monstres marins avec des têtes de dauphins. Au centre du panneau opposé, une tête humaine vue de face est totalement cernée par de petites et de grandes feuilles alternées. Des cornets s'échappent symétriquement de ses narines. Il en sort des tiges végétales qui épousent les parties latérales. Sur le premier côté du couvercle, les deux faces supérieures d'un des acrotères semi-circulaires sont ornées de deux rosaces à six rais et contre-rais fusiformes. Au centre du fronton, un personnage représenté en buste est encadré par deux motifs végétaux symétriques. Sa chevelure bouclée est cernée par des rayons. Sur le même côté, l'acrotère triangulaire est décoré latéralement d'un dauphin à l'œil schématisé en forme de petit poisson. Au fronton, la tête humaine centrale est quasiment identique à celle de l'acrotère précédent sans les rayons. Elle est encadrée par deux formes symétriques qui partent des écoinçons. Elles sont composées d'une tige terminée par un motif tréflé. Sur le dessus du dernier acrotère semi-circulaire sud se trouvent des rosaces identiques. Le fronton de l'acrotère semi-circulaire nord-est sur l'autre côté du couvercle comporte un décor très érodé fait de feuilles recourbées, de part et d'autre de deux tiges centrales. Celui du milieu, sur la même face, a un décor très altéré. Les motifs très mal conservés du dernier acrotère également semblent à peu près identiques au premier.
Inscription
Non
Datation
350 .. 499
Discussion
Le sarcophage est traditionnellement attribué à sainte Abra. En revanche, d'autres érudits, comme A. de Caumont ou Edmond Le Blant restent plus mesurés. Ce dernier en donne la description suivante : "On trouve dans l'église Saint-Hilaire un marbre qui, d'après une tradition sur laquelle on n'est pas d'accord, aurait recouvert la tombe de sainte Abre, fille de saint Hilaire. Comme quelques couvercles de sarcophages païens, il est taillé en forme de toit, avec des imbrices terminés en antéfixe. Le travail date de la fin du Ve siècle, mais le caractère chrétien du monument n'est qu'assez vaguement marqué. Celles qui restent des antéfixes nous montrent le buste du soleil radié, une tête entourée de fleurons et un motif ornemental. Sur les flancs des imbrices, on voit des dauphins et l'étoile à six points tracés au compas, si souvent figuré par les artistes des temps mérovingiens. Le champ hémisphérique de la face principale porte, entre deux dauphins , un vase d'où s'échappent des feuillages : l'autre côté, une tête de face entourée de rinceaux." Toutefois, rien ne permet d'indiquer la provenance exacte de la cuve, ni son propriétaire. rien ne permet d'affirmer que la fille du saint évêque fut inhumée dans un sarcophage recouvert par ce couvercle. 
Anne Flammin a donné une analyse le décor et elle indique que les éléments le constituants sont puisés dans un répertoire antique. Le buste humain auréolé à l'extrémité d'un acrotère renvoie au symbolisme du soleil, lequel est fréquemment représenté dans le monde romain, en particulier sur les monnaies. Dans l'art chrétien, cela devient une image christique, car le Christ est dit dans l'Evangile de Matthieu "Soleil de justice" (4, 2). Avec la tête auréolé, il est assimilé à Apollon, Dieu solaire. Sur les différents côtés des acrotères sont figurés des dauphins ainsi que sur l'un des frontons d'extrémité, où s'échappent des feuillages. Ceux-ci sont souvent figurés sur les tombeaux païens, car ils représentent le "dauphin-sauveur", transportant le mort de l'autre côté du Styx. Ce thème est encore utilisé sur les sarcophages chrétiens aux IVe et Ve siècle, d'autant plus que les dauphins est cité par les Pères de l'Eglise rapportant son antique popularité. Le dauphin est associé au Christ et il est donc représenté sur beaucoup de monuments. On le trouve par exemple sur une mosaïque baptismale à Kelibia en Tunisie (VIe siècle) ou sur un chapiteau du baptistère de Poitiers. Sur le sarcophage de sainte Abre, les dauphins s'affrontent autour d'un vase d'où s'échappent des feuillages, qui font échos au thème de l'Arbre de Vie et à l'Eternité. Les dauphins représente le fidèle puisant à la source d'Eternité. Toujours selon A. Flammin, ce sarcophage peut être rapproché du fronton du couvercle à acrotères conservé au musée national de Portogruaro en Italie : des dauphins y sont également présents. Ce couvercle a été découvert dans la nécropole "de la milice" à Concordia près d'Aquila et daté entre le milieu IVe et le milieu du Ve siècle. Cependant, le dauphin ainsi que la figure de la tête auréolée ne figurent pas dans le répertoire iconographique mérovingien, au contraire de la rosace à six rais et contre-rais, sculptée quatre fois sur le couvercle de sainte Abre. C'est un motif très fréquent dans la sculpture funéraire du haut Moyen Âge, comme au baptistère Saint-Jean de Poitiers. Cela pourrait renvoyer au symbolisme solaire et cosmique. Le décor avec des motifs qui appartiennent pleinement à l'art romain ne permettent pas de le dater au-delà du Ve siècle, mais la technique en semi-méplat n'autorise pas une datation trop haute (Flammin 1999).
M-T Camus date ce sarcophage entre la fin du IVe et le Ve siècle, tandis que E. Le Blant l'attribue au Ve siècle.
Publications
SIAUVE Etienne Marie, Mémoire sur les Antiquités du Poitou, Paris : Nabu Press, 1804, p. 23, pl. II.CAUMONT Arcisse de, « Visite de l'église St-Hilaire », Bulletin monumental, vol. 9, 1847, p. 466-467.LE BLANT Edmond, Les sarcophages chrétiens de la Gaule, Paris : Imprimerie nationale, 1886, p. 85, n° 99, pl. XX.EYGUN François, Art des Pays d’Ouest, Paris : Arthaud, 1965, 320 p.CAMUS Marie-Thérèse, Sculpture romane du Poitou. Les grands chantiers du XIe siècle, Paris : Picard, 1992, p. 59.FLAMMIN Anne, « Le décor des sarcophages mérovingiens : étude iconographique », in 30 ans de découvertes archéologiques à Béruges (Vienne), Poitiers : Isabelle Bertrand, Jean-Pierre Chabanne, Sabine Vidonne-Lebrun, 2008, fig. 143 et p. 207VIEILLARD-TROIEKOUROFF May, Les monuments religieux de la Gaule d’après les œuvres de Grégoire de Tours, Paris : Honoré Champion, 1976, p. 224, pl. X, 41.JAMES Edward, The Merovingian Archaeology of South-West Gaul, Oxford : BAR, 1977 (British Archaeological Reports, 2), I, p. 68-96, p. 70, pl. 17.DELAHAYE Gilbert-Robert, « Nécropoles du Haut Moyen Âge et champs de bataille épiques : le cas de Civaux », in Mélanges René Louis. La chanson de geste et le mythe carolingien, Saint-Père-sous-Vézelay : Musée archéologique régional, 1982 (vol. 2), p. 815.
Auteur(s) de la notice
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Dernière MAJ
7 Oct 2025
Indiquer
A. Flammin, "15653 - Sarcophage - Église Saint-Hilaire-le-Grand à Poitiers - Vienne (86)", in P. Chevalier, A. Flammin, B. Mérel-Brandenburg, P.-Y. Le Pogam, Ch. Sapin, V. Rousseau (dir.) : Corpus Sathma, Paris-Lyon, (date de la consultation), https://heurist.huma-num.fr/heurist/Corpus_Sathma/view/15653
 
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